Au centre Beau­lieu, les jeunes créa­teurs sont à l’hon­neur

L’ob­jet bran­di par la fon­taine de la place Royale était convoi­té par des plai­san­tins

20 Minutes (Nantes) - - Grand Nantes - Fré­dé­ric Bre­non

Vous l’au­rez sans doute re­mar­qué, la sta­tue qui do­mine la fon­taine de la place Royale semble tendre le bras vers le ciel. Ne cher­chez pas une si­gni­fi­ca­tion à ce geste. En fait, la déesse de la mer Am­phi­trite ne dé­signe rien de par­ti­cu­lier, c’est juste qu’il lui manque un ob­jet nor­ma­le­ment te­nu par sa main droite : le tri­dent de Nep­tune. Cette longue fourche sym­bo­li­sant le dieu grec Po­séi­don était pré­sente au som­met de la fon­taine de­puis sa créa­tion en 1865 par le sculp­teur Da­niel Du­com­mun. Mais l’ob­jet a dis­pa­ru il y a près de dix ans. Où est-il ? Se­lon la mai­rie de Nantes, le tri­dent ori­gi­nal est « ac­tuel­le­ment conser­vé dans les ré­serves du mu­sée d’His­toire de Nantes ». Sa ré­ins­tal­la­tion n’est pas pré­vue, « afin de ne pas pro­vo­quer les dé­fis d’al­ler le ré­cu­pé­rer, ce qui d’une part est dan­ge­reux pour la per­sonne et, d’autre part, pour la sta­tue. » Pour mieux com­prendre la mé­fiance de la mu­ni­ci­pa­li­té, il faut sa­voir que le vol du tri­dent était de­ve­nu un vé­ri­table sport lo­cal de­puis la pre­mière ini­tia­tive d’un étu­diant contes­ta­taire en 1968.

Des co­pies en bois

Par crainte de perdre l’ori­gi­nal, plu­sieurs co­pies en bois avaient été pro­duites par les ateliers mu­ni­ci­paux. « Quel­que­fois, le tri­dent res­tait en place plu­sieurs mois, d’autres fois il était vo­lé au bout d’une se­maine voire une jour­née, ra­conte-t-on à la ville de Nantes. Le re­cord fut de quelques heures seu­le­ment après sa ré­ins­tal­la­tion… » A la fin des an­nées 1990, des tech­ni­ciens char­gés de res­tau­rer la sta­tue avaient pour­tant fixé so­li­de­ment le tri­dent à l’édi­fice, mais il avait mal­gré tout été dé­ro­bé et la main d’Am­phi­trite avait été cas­sée. Au to­tal, « plus d’une di­zaine de tri­dents en bois » ont dû être rem­pla­cés jus­qu’au ré­amé­na­ge­ment de la place Royale en 2007. « Dé­sor­mais, c’est lo­gis­ti­que­ment plus com­pli­qué d’in­ter­ve­nir sur les par­ties hautes de la fon­taine, car la nou­velle ré­gle­men­ta­tion im­pose aux agents d’uti­li­ser une na­celle. Donc ce se­rait plus contrai­gnant au­jourd’hui de de­voir re­mettre un tri­dent ré­gu­liè­re­ment en place », jus­ti­fie la ville.

Sur cette pho­to de 2007, on voit la sta­tue d’Am­phi­trite te­nir un tri­dent.

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