Des pen­sions de ré­ver­sion à rendre «plus justes et ef­fi­caces»

20 Minutes (Nantes) - - Actualité - Oi­ha­na Ga­briel

Le gou­ver­ne­ment a ou­vert un nou­veau front par­ti­cu­liè­re­ment dé­li­cat la se­maine der­nière : s’at­ta­quer aux pen­sions de ré­ver­sion, ces pen­sions ver­sées au conjoint sur­vi­vant après le dé­cès de son ma­ri ou, plus ra­re­ment, de sa femme. Di­manche, le mi­nistre de l’Eco­no­mie, Bru­no Le Maire, a ten­té de ras­su­rer : la sup­pres­sion de ces pen­sions n’est pas sur la table, en re­vanche, la ré­forme vise à rendre le sys­tème « plus juste et ef­fi­cace ». Il est « peu équi­table», cor­ro­bore Philippe Cre­vel, di­rec­teur du Cercle des éco­no­mistes. Et trop com­plexe : « Les règles d’at­tri­bu­tion propres à chaque ré­gime consti­tuent un mil­le­feuille de plus qu’il convient de sim­pli­fier et d’har­mo­ni­ser. » L’éco­no­miste concède que le su­jet est ex­plo­sif, car ces pen­sions per­mettent « d’as­su­rer un re­ve­nu à de nom­breuses femmes ». Il avance alors que « l’Etat pour­rait im­po­ser une gé­né­ra­li­sa­tion du pla­fond de res­sources. Et, pour com­pen­ser, le gou­ver­ne­ment pour­rait pro­po­ser d’aug­men­ter le taux, qui est au­jourd’hui entre 50 et 60 %. » Les pen­sions de ré­ver­sion «coûtent 35 mil­liards d’eu­ros, re­prend Philippe Cre­vel. Avec l’aug­men­ta­tion du nombre de re­trai­tés, elles pour­raient coû­ter de 5 à 10 mil­liards d’eu­ros sup­plé­men­taires sur les vingt pro­chaines an­nées. On peut sup­po­ser que le gou­ver­ne­ment veut pla­fon­ner au­tour d’une en­ve­loppe de 30 mil­liards. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.