Avec ses sta­tis­tiques, Sa­la éclipse bien des cri­tiques

L’at­ta­quant du FCN, deuxième meilleur bu­teur eu­ro­péen avec dix réa­li­sa­tions, fait taire beau­coup de cri­tiques en ce mo­ment

20 Minutes (Nantes) - - NEWS - Da­vid Phe­lip­peau

Il ne veut ja­mais rien ra­me­ner à sa pe­tite per­sonne. Di­manche, après la ba­lade contre Guin­gamp (5-0), quand un jour­na­liste l’a lan­cé sur son sta­tut éton­nant de deuxième bu­teur ac­tuel en Eu­rope, Emi­lia­no Sa­la a presque feint de ne pas en­tendre la ques­tion, pour mieux par­ler de « la per­for­mance col­lec­tive ». C’est tout Emi­lia­no Sa­la, ça. « Un mec simple, très humble, souffle un proche du ves­tiaire nan­tais. Un homme plu­tôt ca­sa­nier, na­ture. » En ce mo­ment, et même de­puis deux sai­sons, l’Ita­lo-Ar­gen­tin, âgé de 28 ans, n’est pour­tant pas mon­sieur Tout-le-Monde. En ins­cri­vant deux buts face aux Bre­tons, il a si­gné ses neu­vième et dixième buts (en douze matchs de Ligue 1) et a dé­pas­sé Ney­mar (neuf buts). Il ta­lonne dé­sor­mais un autre pa­ri­sien, Mbap­pé (onze buts). Douze buts en L1 il y a deux ans, douze la sai­son der­nière, dix main­te­nant : Sa­la est de­ve­nu un at­ta­quant qui compte dans le pay­sage du foot fran­çais, voire eu­ro­péen. L’avant­centre souffre pour­tant d’un dé­fi­cit d’image, de cré­dit. «Quand on parle d’Emi­lia­no, en gé­né­ral, c’est pour cri­ti­quer son ni­veau tech­nique, dé­plore Ab­dou­laye Tou­ré. Il ne faut pas ou­blier qu’au­jourd’hui, il est à dix buts. Ce n’est pas ano­din. »

Il n’est pas avare d’ef­forts

Sa­la, qui né­go­cie ac­tuel­le­ment une pro­lon­ga­tion de contrat à Nantes (il est lié au FCN jus­qu’en 2020), n’est-il pas sous-es­ti­mé par les ob­ser­va­teurs et sur le mar­ché ? « Ce n’est pas dans nos codes de voir des joueurs comme ça, es­time Pas­cal Gas­tien [en­traî­neur ac­tuel de Cler­mont en L2], qui l’a coa­ché à Niort [2013-2014]. En France, on aime les beaux joueurs, mais moi, j’aime avant tout ceux qui sont ef­fi­caces comme peut l’être Emi­lia­no.» Oli­vier Mon­ter­ru­bio, ex-joueur l’ayant fait ve­nir en 2015 à Nantes, va dans le même sens : « Peut-être que la tech­nique n’est pas tou­jours son fort. Lui, ne fe­ra pas de pe­tits ponts, des râ­teaux, mais il est quand même su­per ré­gu­lier de­puis trois sai­sons. » De­man­dons à Ro­main Tho­mas, dé­fen­seur de L1. «Il est chiant, pé­nible à mar­quer, lance l’An­ge­vin. Il a une telle grin­ta en lui. » Avec son al­lure de grand écha­las (1,87 m), il n’est « peu­têtre pas beau, se­lon le joueur du SCO, mais il est sou­vent ef­fi­cace ». Une cri­tique re­vient comme une an­tienne pour le joueur for­mé à Bor­deaux : il ga­gne­rait à moins cou­rir, pour grap­piller en lu­ci­di­té de­vant le but. « S’il court moins, il se sen­ti­ra moins bien, tem­père Mon­ter­ru­bio. Il est comme ça, Emi­lia­no. Il donne tout, il est gé­né­reux. C’est un peu un Ca­va­ni, un joueur ca­pable de ta­cler dans sa sur­face de ré­pa­ra­tion. » Un homme « très dis­cret, très at­ta­chant », tou­jours se­lon Mon­ter­ru­bio. Un type pré­sent sur les réseaux so­ciaux, mais qui ne se met­tra ja­mais en avant des­sus. Sa­la pré­fère flam­ber sur les ter­rains.

Sa­la est en train de né­go­cier une pro­lon­ga­tion de contrat en ce mo­ment.

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