Ra­bah Sli­ma­ni re­vient sur le de­vant de la scène

Le pi­lier cler­mon­tois, dont la po­si­tion dans l’épreuve de force a été contes­tée, est tout de même en équipe de France

20 Minutes (Nantes) - - NEWS - Ju­lien La­loye

C’est la der­nière in­co­hé­rence en date du rug­by fran­çais. Lais­ser sur le banc, same­di, notre meilleur pi­lier droit contre la mê­lée sud-afri­caine, la plus san­gui­naire du monde. Es­ti­mons­nous heu­reux, Ra­bah Sli­ma­ni n’était même pas dans la liste ini­tiale, fin oc­tobre. «On vou­lait qu’il ait plus de vo­lume dans le jeu, ré­sume Sé­bas­tien Bru­no, coach des avants. Etre plus réac­tif, se re­mettre de­bout plus vite. Ra­bah n’était pas pris au dé­part, mais ce n’était pas une pu­ni­tion.» Le Cler­mon­tois était aus­si dans le vi­seur des ar­bitres an­glo-saxons de­puis quelques mois. L’ex re­fe­ree Alain Rol­land s’en était même ou­vert au staff tri­co­lore avant la tour­née d’au­tomne 2017 : at­ten­tion à la liai­son de Sli­ma­ni, ac­cu­sé de faire plon­ger son ad­ver­saire lors des mê­lées. Un aver­tis­se­ment ac­com­pa­gné d’une dé­mons­tra­tion pra­tique : trois pé­na­li­tés et un jaune contre les Blacks. Même ta­rif contre les An­glais lors du Tour­noi des VI na­tions. L’an­cien joueur du Stade Fran­çais fait comme s’il avait ou­blié : «J’ai l’im­pres­sion qu’on me juge sur deux matchs. Sur tous les autres, on ne m’a ja­mais cas­sé la tête par rap­port aux liai­sons. On me parle d’ar­bitres an­glo-saxons qui me ciblent en mê­lée, mais je n’en connais pas beau­coup.» Conscient de mar­cher sur un fil, il a ac­cep­té de cour­ber l’échine. « Je lui ai ex­pli­qué que c’était im­por­tant qu’il montre une “bonne” pho­to de sa pos­ture aux ar­bitres lors de la construc­tion de la mê­lée, ex­plique Di­dier Bès, en­traî­neur des avants de Cler­mont. Mais il ne faut pas croire que les ar­bitres de World Rug­by ne savent pas ce qu’il se passe en Top 14. Le cham­pion­nat ne pré­pare pas au ni­veau in­ter­na­tio­nal.»

Un re­proche ha­bi­tuel : la dif­fé­rence cultu­relle entre la mê­lée telle qu’on la conçoit en France, une vé­ri­table épreuve de force, et ailleurs, un ra­len­tis­seur de jeu ra­pide. « Je ne pense pas que ce soit parce que les ar­bitres jugent dif­fé­rem­ment, je pense qu’ils ar­bitrent le jeu qu’on leur offre, tout sim­ple­ment », nuance Joël Du­mé, di­rec­teur tech­nique na­tio­nal des ar­bitres tri­co­lores. Lui n’a ja­mais rien eu à re­dire sur Sli­ma­ni. His­to­ri­que­ment do­mi­na­trice sur la du­rée, la mê­lée fran­çaise s’adapte. Elle a même re­çu les com­pli­ments d’Alain Rol­land au cours de l’été. «Il a été sa­tis­fait de notre dis­ci­pline en Nou­velle-Zé­lande, confirme Bru­no. Je ne pense pas qu’on soit poin­té du doigt cet au­tomne. » La re­marque vaut aus­si pour Sli­ma­ni, fé­li­ci­té par l’ar­bitre Ni­gel Owens lors d’un match de Coupe d’Eu­rope. Le dé­but du re­tour en grâce?

« J’ai l’im­pres­sion qu’on me juge sur deux matchs. »

Ra­bah Sli­ma­ni

Ra­bah Sli­ma­ni avait été sanc­tion­né à plu­sieurs re­prises face à l’An­gle­terre.

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