Kid­dy Smile, un ar­tiste à queer ou­vert

L’ar­tiste joue sa­me­di soir au fes­ti­val Loud & Proud, à la Gaî­té ly­rique, à Pa­ris

20 Minutes (Rennes) - - La Une - Fabien Ran­danne

«Loud & Proud » (« Fort et fier », en VF). C’est le nom du fes­ti­val dé­dié aux cultures et iden­ti­tés queer dont la deuxième édi­tion rythme la Gaî­té ly­rique (Pa­ris 3e) de­puis jeu­di et jus­qu’à di­manche à l’aube. Deux qua­li­fi­ca­tifs qui pour­raient par­fai­te­ment dé­fi­nir Kid­dy Smile, qui se pro­dui­ra lors d’un live sa­me­di à 22 h 20. L’ar­tiste de 29 ans as­sume et cultive ses contrastes. Sa car­rure est im­pres­sion­nante, mais lors­qu’on le ren­contre à la ter­rasse d’un res­tau­rant pa­ri­sien, il im­pose sa dou­ceur tran­quille. Quand on lui de­mande s’il va­lide le qua­li­fi­ca­tif d’ar­tiste queer, il ré­torque sans aga­ce­ment : « Je me dé­fi­nis comme un ar­tiste de house mu­sic. Queer est li­mi­ta­tif. Dans ce cas, pour­quoi s’ar­rê­ter là et me dé­fi­nir comme Noir, aux yeux mar­rons, me­su­rant 1,98 m? » Queer, si­gni­fiant « bi­zarre », était aux XIXe siècle une in­jure fré­quem­ment cra­chée au vi­sage des ho­mo­sexuels; plus de cent ans plus tard, il est de­ve­nu un terme éten­dard d’une iden­ti­té. Kid­dy Smile re­late son par­cours par el­lipses. « J’étais un jeune qui traî­nait en bas de son quar­tier [dans une ci­té de Ram­bouillet]. On me di­sait tel­le­ment que j’étais grand qu’il fal­lait que j’en fasse quelque chose. Alors j’ai choi­si le vol­ley. J’étais très bon, mais ça ne m’in­té­res­sait pas beau­coup. » Il lâche la balle pour se mettre à la danse. A 18 ans, il ap­pa­raît dans un clip de George Mi­chael. « J’avais conscience qu’il s’agis­sait d’un ar­tiste ma­jeur, mais je me de­man­dais ce que je fai­sais là », glisse-t-il. Quelques an­nées plus tard, il se consacre à la mu­sique.

S’ex­po­ser sans en­traves

Après avoir dé­chi­ré son con­trat avec le la­bel qui de­vait sor­tir son pre­mier al­bum pour cause de di­ver­gences ar­tis­tiques, il a tra­cé son sillon. Le grand pu­blic a pu l’aper­ce­voir cet hi­ver dans « Quo­ti­dien », sur TMC, lorsque Kid­dy Smile a chan­té « Let a B!tch Know ». Ce pas­sage té­lé a eu un im­pact au sein de la com­mu­nau­té ho­mo : « Les Blancs me di­saient qu’ils trou­vaient ça su­per, les per­sonnes de cou­leur m’ont dit mer­ci, car elles ont pu voir une re­pré­sen­ta­tion d’elles-mêmes. » Le pou­voir de l’image, il en a conscience : « Mes mor­ceaux parlent d’amour, ils ne sont pas po­li­tiques dans leur construc­tion, mais les vi­suels le sont. » La preuve avec le clip de « Let a B!tch Know », tournée dans la ci­té des Alouettes, à Alfortville : aux pieds des HLM, les at­ti­tudes fières dé­logent les pos­tures ma­chos, les iden­ti­tés LGBT s’ex­posent sans en­traves. « Je vou­lais faire un clip mon­trant à quoi res­sem­ble­rait une so­cié­té où tu peux être toi­même où tu veux », ré­sume-t-il.

« Je vou­lais mon­trer à quoi res­sem­ble­rait une so­cié­té où tu peux être toi­même où tu veux. »

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