« Son succès couvre trois gé­né­ra­tions »

20 Minutes (Rennes) - - La Mort De Johnny - Jean-Fran­çois Brieu Au­teur de John­ny Hal­ly­day : Une pas­sion fran­çaise (éd. du Layeur) Pro­pos re­cueillis par Clio Wei­ckert

Comment peut-on ex­pli­quer le succès in­croyable de John­ny ?

On peut dire que ce ga­min a fait bas­cu­ler la France de l’après-guerre dans celle qu’on connaît au­jourd’hui. Tout à coup, il est ar­ri­vé dans un pays qui vi­vait plu­tôt à la cam­pagne avec El­vis, les ba­gnoles, les filles, les clopes, la vi­tesse. Ça a fâ­ché les ga­mins avec leurs pa­rents et ça a comp­té pour cette gé­né­ra­tion, qui a gar­dé ça en elle. En­suite, il y a eu un phé­no­mène de trans­mis­sion, le grand frère a bran­ché son pe­tit frère… En­fin, il a tou­jours trou­vé le moyen de faire des tubes qua­si­ment tous les ans. Son succès couvre près de trois gé­né­ra­tions.

Etait-il, en quelque sorte, notre der­nière grande star fran­çaise ?

Avec cette di­men­sion-là, je crois que oui. Beau­coup ont une ma­gni­fique car­rière sur dix ans, mais sur qua­si­ment soixante ans, je ne vois pas très bien qui d’autre. Je dis tou­jours que la seule star d’après-guerre avec qui on peut le com­pa­rer, c’était Edith Piaf.

On ou­blie par­fois qu’il a connu quelques tra­ver­sées du dé­sert…

No­tam­ment au mi­lieu des an­nées 1960, il a même fait une ten­ta­tive de sui­cide. Mais il est tou­jours re­par­ti à la ba­garre. C’était un mec dur, qui mon­tait sur scène, mal­gré 40 °C de fièvre ! C’est ça qui fait qu’il a triom­phé de tout ça.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.