Un pro­fil trou­blant

L’au­teur de l’at­taque au cou­teau com­mise sa­me­di soir à Pa­ris, Kham­zat Azi­mov, 20 ans, né en Tchét­ché­nie et na­tu­ra­li­sé fran­çais, était fi­ché S. Près de Stras­bourg, où il a gran­di, l’homme et sa fa­mille étaient per­çus comme « dis­crets ».

20 Minutes (Rennes) - - La Une - Pro­pos recueillis par Oi­ha­na Ga­briel

Chaque an­née, près de 80 000 can­cers de la peau sont diag­nos­ti­qués. A par­tir de ce lun­di et jus­qu’à ven­dre­di, 300 der­ma­to­logues pro­posent un dé­pis­tage gra­tuit*. 20 Mi­nutes a ren­con­tré la der­ma­to­logue Catherine Oli­veres-Ghou­ti, tré­so­rière du Syn­di­cat na­tio­nal des der­ma­to­logues et vé­né­ro­logues qui lance cette ini­tia­tive.

Pour­quoi or­ga­ni­ser cette se­maine de dé­pis­tage ?

Il y a vingt ans, c’était seule­ment une jour­née de dé­pis­tage, main­te­nant, c’est une se­maine en­tière. On va mon­trer ses dents ré­gu­liè­re­ment, mais on va plus ra­re­ment voir spon­ta­né­ment un der­ma­to­logue. Pour­tant, tous les ans, on note une aug­men­ta­tion de 10 % des can­cers cu­ta­nés dans les pays dé­ve­lop­pés.

Com­ment ce­la va-t-il se dé­rou­ler ?

Les pa­tients peuvent prendre ren­dez-vous di­rec­te­ment sur la pla­te­forme der­ma­tos.fr. Trois cents der­ma­to­logues li­bèrent des plages ho­raires cette se­maine et re­çoivent des pa­tients en consul­ta­tion gra­tuite ex­clu­si­ve­ment consa­crée à la re­cherche de cancer cu­ta­né.

Quelles sont les per­sonnes les plus vul­né­rables ?

Celles qui ont des an­té­cé­dents fa­mi­liaux, qui ont eu beau­coup de coups de soleil dans l’en­fance. Et les ha­bi­tués des ca­bines d’UV, qui mul­ti­plient par huit le risque de cancer cu­ta­né.

Quels sont les bons ré­flexes à adop­ter pour évi­ter ces can­cers ?

Pri­mo, il faut re­gar­der ré­gu­liè­re­ment ses grains de beau­té et ne pas ou­blier cer­taines zones : la plante des pieds, der­rière les oreilles et le cuir che­ve­lu, sur­tout pour les hommes chauves. Se­cun­do, quand on va au soleil, il faut pros­crire l’ex­po­si­tion entre 12 h et 16 h. Si vous ne pou­vez pas faire au­tre­ment, ce n’est pas une crème so­laire qui va vous pro­té­ger. On s’équipe donc pour une vi­site au soleil : tee-shirt, lu­nettes, cha­peau.

Le nombre de can­cers de la peau a tri­plé entre 1980 et 2012, se­lon l’Ins­ti­tut na­tio­nal du cancer. Com­ment l’ex­pli­quez-vous ?

Ces chiffres sont liés à l’évo­lu­tion de nos modes de vie. La mul­ti­pli­ca­tion des congés a fait que l’ac­cès à la plage s’est dé­mo­cra­ti­sé. Les gens voyagent da­van­tage, et loin, dans des pays tro­pi­caux. Et il y a un pro­blème de mé­con­nais­sance des risques. Ils ne se rendent pas compte que le soleil tape aus­si lors du bar­be­cue, quand ils tondent la pe­louse, pen­dant le sport.

En vingt ans, avez-vous l’im­pres­sion que le grand pu­blic me­sure mieux les risques liés au soleil ?

Ce­la dé­pend des en­droits, mais cer­tains ont pris conscience des risques. On voit de plus en plus de gens qui mettent des vê­te­ments an­ti-UV à leurs en­fants par exemple. Mais il faut en­core mar­te­ler le mes­sage de pré­ven­tion.

A nos lec­teurs. Chaque mar­di, re­trou­vez 20 Mi­nutes en ver­sion PDF sur le site et les ap­plis mo­biles. Et sui­vez l’ac­tua­li­té sur tous nos sup­ports nu­mé­riques.

Une se­maine de consul­ta­tions de dé­pis­tage gra­tuites com­mence ce lun­di.

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