Per­rine Laf­font s’est don­née à fond pour sa mé­daille

JO 2018 L’Arié­goise a été sa­crée cham­pionne olym­pique, di­manche. La pre­mière mé­daille fran­çaise

20 Minutes (Strasbourg) - - NEWS - De notre en­voyé spé­cial en Co­rée du Sud, William Pe­rei­ra

Le sport est cruel. Au mo­ment où s’ef­fon­draient les es­poirs du clan d’An­di Naude, quand la Ca­na­dienne est sor­tie de piste sur le der­nier run de la fi­nale de ski de bosses, ce­lui de Per­rine Laf­font exul­tait. Les cris se sont suc­cé­dé, les vi­sages se sont dé­ten­dus et les dra­peaux tri­co­lores ont flot­té dans les airs… Il était un peu plus de 22 h (14 h, heure fran­çaise), quand, au Phoe­nix Snow Park de Pyeong­chang, l’Arié­geoise de 19 ans a ap­por­té à la France sa pre­mière mé­daille d’or.

Un coach ému aux larmes

Une heure au­pa­ra­vant, l’am­biance était bien dif­fé­rente. Do­mi­nique Laf­font, la ma­man, seule au mi­lieu de la foule face au mur de neige, ob­ser­vait, in­quiète, les pas­sages des concur­rentes. Per­rine avait ter­mi­né sixième de la pre­mière manche et l’en­thou­siasme n’était pas au plus haut. « Il faut qu’elle prenne ça comme une épreuve de Coupe du monde, ana­ly­sait-elle. Il ne faut pas pen­ser à autre chose. » Lors du deuxième run, Laf­font a dé­cro­ché la troi­sième place et l’am­biance du clan fran­çais a grim­pé d’un cran, avant le troi­sième et der­nier run. « C’est main­te­nant, c’est main­te­nant ! » On se cherche, on se prend dans les bras, avant l’ex­plo­sion to­tale lors de la sor­tie de piste d’An­di Naude, sy­no­nyme de mé­daille d’or pour la tri­co­lore. Les bras au ciel, son père, Jean-Jacques, ému, n’ex­prime son bon­heur que par des « Ouais ! Ouais ! Ouais ! ». Sa femme, au bord des larmes, tombe dans les bras d’un homme dé­gui­sé en coq. Un peu plus loin, Lu­do­vic Di­dier, l’en­traî­neur fran­çais du ski de bosses, est le plus ému de tous : « J’ai vé­cu ça en me di­sant que le rêve de­ve­nait réa­li­té. Ça fait de­puis ga­min que je vou­lais faire du ski, de­puis ga­min que je vou­lais être aux JO, de­puis ga­min que je vou­lais faire une mé­daille et voi­là. On nous a beau­coup cri­ti­qués, en di­sant que le ski de bosses, c’était pas connu, que ci, que ça… » Pe­tit à pe­tit, Lu­do­vic Di­dier réa­lise l’ex­ploit de sa dis­ciple et, ac­cou­dé à la bar­rière qui nous sé­pare de lui, fond en larmes. « Ça n’a pas été fa­cile, avec peu de moyens. Quand Per­rine est en­trée en équipe de France, elle était très jeune. A Sot­chi, en 2014, il y a eu ce coup d’éclat [Laf­font a fi­ni par­mi les fi­na­listes à 15 ans], il a fal­lu le gé­rer. On au­rait pu ra­mas­ser la ga­mine à la cuillère, parce que tout était trop beau… » Quatre ans plus tard, le bon­heur est à la hau­teur de l’in­ves­tis­se­ment. Mais la soi­rée res­te­ra calme. « On va es­sayer de pro­fi­ter de la soi­rée, mais il fau­dra res­ter concen­tré pour la fi­nale des gar­çons [ce lun­di] », conclut Di­dier. Avec le même suc­cès que la veille, si pos­sible.

Per­rine Laf­font, fé­li­ci­tée par sa grand-mère, a vé­cu une jour­née riche en émo­tions, di­manche, à Pyeong­chang.

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