Un dis­cours des en­sei­gnants à gra­duer se­lon l’âge des élèves

20 Minutes (Strasbourg) - - ACTUALITÉ -

De­puis fé­vrier 2003, les élèves doivent bé­né­fi­cier d’un cours sur la sexua­li­té trois fois par an, du CP à la ter­mi­nale. Un ob­jec­tif loin d’être at­teint. Faut-il pro­po­ser des ses­sions où les ados dé­cryptent les images por­no­gra­phiques sans pour au­tant vi­sion­ner des films X, comme cer­tains ly­cées amé­ri­cains l’ex­pé­ri­mentent ? Moins de la moi­tié de notre pa­nel y adhère. « Edu­quer à la part éro­tique de la vie amou­reuse et af­fec­tive, oui, à la part por­no­gra­phique, non, tranche Pa­trick Ayoun, pé­do­psy­chiatre à Bor­deaux. A la li­mite, ça se­rait plu­tôt édu­quer à la re­pé­rer et à s’en dé­fendre. » An­toine Bou­lan­gé, for­ma­teur des en­sei­gnants vo­lon­taires pour par­ler de sexua­li­té, in­vite à rap­pe­ler aux élèves que « les images por­no sont scé­na­ri­sées ». Le Dr Ayoun conseille aus­si d’adap­ter son dis­cours au ni­veau des élèves. « Jus­qu’au CM1, on évoque le res­pect de l’autre, la pu­deur. Du CM2 au col­lège, une in­fir­mière sco­laire et le pro­fes­seur de SVT, par exemple, peuvent in­ter­ve­nir. L’une parle et l’autre ob­serve les vi­sages qui se crispent pour sor­tir l’élève qui a be­soin d’une écoute per­son­na­li­sée. Au ly­cée, on peut clai­re­ment par­ler de por­no, en in­sis­tant sur les sté­réo­types vé­hi­cu­lés, la vio­lence, les com­plexes d’in­fé­rio­ri­té… » O.G.

Ce n’est qu’au « ly­cée que l’on peut clai­re­ment évo­quer le por­no ».

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