Et si le must, c’était d’en­sei­gner les cours en an­glais ?

Un rap­port pour une meilleure maî­trise des langues étran­gères a été re­mis mer­cre­di au mi­nistre de l’Edu­ca­tion

20 Minutes (Strasbourg) - - GRAND STRASBOURG - Del­phine Ban­caud

Ne plus ré­ser­ver la pra­tique des langues aux seuls cours de langue. C’est l’une des re­com­man­da­tions du rap­port « pour une meilleure maî­trise des langues vi­vantes étran­gères», re­mis mer­cre­di au mi­nistre de l’Edu­ca­tion na­tio­nale, Jean-Mi­chel Blan­quer. « Le nombre d’heures de cours de langues étran­gères étant ré­duit, le fait de les uti­li­ser dans d’autres dis­ci­plines per­met d’aug­men­ter l’ex­po­si­tion des élèves aux langues», ex­plique Chan­tal Manes, co­au­teure du rap­port.

«Un vec­teur d’ap­pren­tis­sage»

Dans l’aca­dé­mie de Gre­noble, une tren­taine d’éta­blis­se­ments par­ti­cipent au pro­jet Emile (en­sei­gne­ment de ma­tières par l’in­té­gra­tion d’une langue étran­gère). C’est le cas au collège Les Ba­rattes à An­ne­cy-le-Vieux (Haute-Sa­voie), qui a mis en place ce dis­po­si­tif de­puis cinq ans. «Je vou­lais que l’an­glais soit un vec­teur et non plus uni­que­ment un objet d’ap­pren­tis­sage », ex­plique Pierre Gille, le prin­ci­pal de l’éta­blis­se­ment. Et les ré­sul­tats sont pro­bants : « En fin de collège, beau­coup des élèves ont le ni­veau B1, qui est at­teint par la plu­part en ter­mi­nale dans les sec­tions eu­ro­péennes et in­ter­na­tio­nales », constate Pierre Gille. « Ces cours sont aus­si plus mo­ti­vants pour les élèves », ob­serve Chan­tal Manes. Reste à sa­voir si cer­taines com­pé­tences ne sont pas plus com­pli­quées à ac­qué­rir lorsque les cours sont en an­glais. «Non, car les élèves sont plus concen­trés en cours, et ils as­si­milent mieux les consignes », af­firme Pierre Gille.

Mettre en place des cours en an­glais dans dif­fé­rentes ma­tières n’est ce­pen­dant pas fa­cile. Dans le se­con­daire, les en­sei­gnants doivent ob­te­nir une cer­ti­fi­ca­tion com­plé­men­taire en langue vi­vante. «Cette cer­ti­fi­ca­tion est as­sez exi­geante, et ceux qui la passent le font sou­vent en de­hors de leur temps de tra­vail, note Claire Krep­per, pro­fes­seure d’an­glais et se­cré­taire na­tio­nale du syn­di­cat SE-Un­sa. Ce qui im­plique un fort in­ves­tis­se­ment per­son­nel. »

Cer­tains éta­blis­se­ments dis­pensent dé­jà ce type de cours.

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