Un boute-en-train mon­té sur rail

La pro­lon­ga­tion des ho­raires du mé­tro a chan­gé la vie des noc­tam­bules

20 Minutes (Toulouse) - - Grand Toulouse - B. Co­lin et H. Mé­nal

V oi­là deux ans que les Tou­lou­sains, les étu­diants sur­tout, ont ar­rê­té de jouer les Cen­drillon et de quit­ter les soi­rées à mi­nuit pour at­tra­per le der­nier mé­tro. Dé­sor­mais, les soirs de week-end, le VAL veille lui aus­si jus­qu’à plus de 3 h du ma­tin. Et il ne s’en­nuie pas. Car se­lon Tis­séo, 3,38 mil­lions de noc­tam­bules ont va­li­dé en deux ans dans le cré­neau mi­nuit-3 h, Le nombre de va­li­da­tions est de 15000 par nuit en moyenne. Un vrai hit qui, s’il n’a pas vrai­ment chan­gé la géo­gra­phie de la fies­ta, a mo­di­fié les nuits tou­lou­saines. Et pas de fa­çon sou­ter­raine.

Un plus pour la sé­cu­ri­té

« Les clients des bars sont ra­vis, ils ne traînent plus dans la rue en at­ten­dant le pre­mier mé­tro à 5 h du ma­tin, ça a vrai­ment par­ti­ci­pé à la sé­cu­ri­té », re­lève Ivo Da­naf, le pré­sident de l’Union des mé­tiers de l’in­dus­trie de l’hô­tel­le­rie, par ailleurs pro­prié­taire de la dis­co­thèque Le Purple. Il n’a pas consta­té d’ef­fet per­vers, du type : « Y’a le mé­tro, alors je bois plus que de rai­son. » « La me­sure pro­fite sur­tout aux étu­diants qui ne se dé­pla­çaient dé­jà pas en voi­ture avant », af­firme ce spé­cia­liste. « In­ci­ter les gens qui sortent à uti­li­ser les trans­ports, c’est évi­dem­ment les pro­té­ger », juge Pau­line Bro­qua, du col­lec­tif Bon­jour la nuit. Créé il y a un an, il compte 1200 adhé­rents, éloi­gnés du pro­fil de l’étu­diant brin­gueur. Pour eux, certes, le mé­tro est un bon point. « Mais la nuit n’est pas ré­ser­vée à un pu­blic fes­tif. Notre idée est de pro­mou­voir une ac­ces­si­bi­li­té plus large en ma­tière de ser­vices pu­blics, de crèches, de san­té », pré­cise Pau­line Bro­qua. Au Bar à la Une, un éta­blis­se­ment bran­ché de La Ro­se­raie, si­tué pas très loin d’une sta­tion, l’ef­fet mé­tro n’est pas évident. « Pour nos clients, ce­la n’a pas chan­gé grand-chose. Par contre l’ar­ri­vée d’Uber, oui », confie Sam, la res­pon­sable. Pour Ju­lien en re­vanche, qui of­fi­cie au bar, le chan­ge­ment est ap­pré­ciable. « C’est plus pra­tique pour moi, ra­conte-t-il. Je peux le prendre pour ve­nir au bou­lot mais sur­tout pour ren­trer après. »

Pas moins de 15000 usa­gers en moyenne va­lident après mi­nuit le week-end.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.