La mai­rie re­crute des sans-abri pour ses chan­tiers

Des chan­tiers ré­mu­né­rés à des­ti­na­tion des jeunes sans-abri sont mis en place à Tou­louse

20 Minutes (Toulouse) - - LA UNE - Béa­trice Co­lin

Comme pour n’im­porte quel em­ploi, ils au­ront un bul­le­tin de sa­laire. Mais contrai­re­ment aux autres, ils n’au­ront pas à four­nir à l’em­ployeur un jus­ti­fi­ca­tif de do­mi­cile, un frein pour tous ces jeunes qui n’en ont pas. Et c’est bien l’une des forces du dis­po­si­tif Ta­paj, pour Tra­vail al­ter­na­tif payé à la jour­née, qui existe de­puis plu­sieurs an­nées à Bor­deaux ou Di­jon. Des­ti­né aux jeunes sans-abri de 18 à 25 ans, il se­ra ex­pé­ri­men­té à par­tir du mois de no­vembre à Tou­louse. Lors du con­seil mu­ni­ci­pal de jeu­di, la Ville a si­gné un par­te­na­riat avec l’as­so­cia­tion ré­gio­nale Clé­mence-Isaure, spé­cia­li­sée dans la pré­ven­tion des addictions et la lutte contre les ex­clu­sions, qui se­ra char­gée de sa mise en place. « Des mis­sions courtes vont leur être confiées par exemple pour ré­no­ver ou net­toyer des bâ­ti­ments de la mai­rie. Ils au­ront des contrats à la jour­née, ce­la leur per­met d’avoir un lien avec le monde pro­fes­sion­nel, qu’ils gagnent un peu leur vie », sou­ligne Da­niel Rou­gé, l’ad­joint au maire à la co­or­di­na­tion des po­li­tiques de so­li­da­ri­té. Des tra­vaux qui ne né­ces­sitent au­cune qua­li­fi­ca­tion et se­ront payés 10 € net de l’heure ver­sés à la fin de la jour­née.

Des chan­tiers de 4 heures

Ce sont les édu­ca­teurs de rue de Clé­mence-Isaure et les membres de l’équipe mu­ni­ci­pale AMI (Ac­tion Mé­dia­tion In­ser­tion) en contact quo­ti­dien­ne­ment avec ces jeunes, qui se­ront char­gés de « re­cru­ter » les vo­lon­taires. Les chan­tiers du­re­ront quatre heures et se­ront réa­li­sés par des équipes de sept jeunes en­ca­drés par un membre de l’as­so­cia­tion. « C’est un moyen de ren­con­trer ces jeunes avec une pro­po­si­tion, de re­nouer car cer­tains sont sou­vent très éloi­gnés des dis­po­si­tifs exis­tants, des ins­ti­tu­tions vis-à-vis des­quelles ils sont par­fois mé­fiants. L’ob­jec­tif n’est pas le tra­vail, c’est un le­vier pour par­ler de san­té, de lo­ge­ment et de ré­duc­tions des risques », as­sure Da­vid Mourgues, char­gé de Ta­paj au sein de l’as­so­cia­tion. Pour dé­bu­ter, six chan­tiers se­ront or­ga­ni­sés avec la mai­rie d’ici à la fin de l’an­née.

Ce sont des édu­ca­teurs de rue qui vont orien­ter les vo­lon­taires.

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