Les agents ont du flair

Des équipes cy­no­philes prennent en charge les co­lis sus­pects

20 Minutes - - GRAND PARIS - Caroline Po­li­ti

De­puis les at­ten­tats de Char­lie Heb­do, les si­gna­le­ments de co­lis sus­pect sont pas­sés de un tous les trois jours à sept par jour en moyenne sur le ré­seau RATP. A chaque fois qu’un co­lis est si­gna­lé, la pré­fec­ture est ap­pe­lée et les agents éta­blissent un pé­ri­mètre de sé­cu­ri­té. L’opé­ra­tion prend 43 mi­nutes en moyenne. Soit 472 heures d’in­ter­rup­tion du tra­fic sur l’an­née 2016. Pour ten­ter d’amé­lio­rer la si­tua­tion, la RATP tra­vaille de­puis le 1er dé­cembre avec des équipes cy­no­philes.

Sé­cu­ri­té ren­for­cée

L’ob­jec­tif de cette ex­pé­ri­men­ta­tion, qui doit du­rer jus­qu’en juin, est double : plus de sé­cu­ri­té et moins de re­tard. « Les deux sont liés, pré­cise le di­rec­teur de la sé­cu­ri­té. Lorsque le tra­fic est per­tur­bé, les quais sont bon­dés. Et la concen­tra­tion de po­pu­la­tion n’est ja­mais une bonne chose, sur­tout dans ce contexte. » Les agents de pro­tec­tion et de sé­cu­ri­té des ré­seaux (GPSR) ont conscience que leur mé­tier est plus dan­ge­reux qu’au­pa­ra­vant. Ils ne sont plus seule­ment à l’af­fût des frau­deurs ou des vo­leurs à la pe­tite se­maine et ont sui­vi des for­ma­tions spé­ciales pour faire face au risque ter­ro­riste. « Même en de­hors du tra­vail, ma femme me fait re­mar­quer que je scrute l’en­vi­ron­ne­ment, à la re­cherche d’un co­lis sus­pect », lâche dans un éclat de rire Di­dier, agent GPSR. Et ils gardent en mé­moire les at­taques de Ma­gnan­ville ou plus ré­cem­ment d’Or­ly. « As­su­rer notre propre sé­cu­ri­té, c’est quelque chose d’as­sez nou­veau pour nous », af­firme son col­lègue du GPSR Pau­lin. Ils peuvent au­jourd’hui comp­ter sur Hel­ly, un la­bra­dor de 5 ans ins­tal­lé à Châ­te­let-Les Halles qui peut in­ter­ve­nir en moins de quinze mi­nutes dans 32 sta­tions de mé­tro et 9 gares RER. La chienne a été for­mée pour dé­tec­ter les traces d’ex­plo­sifs, même in­fimes. « Le mois der­nier, elle m’a si­gna­lé un homme qui avait des mu­ni­tions sur lui », se re­mé­more Ya­niss, son maître. Lorsque Hel­ly s’as­sied ou se couche de­vant le pa­quet, c’est qu’elle a sen­ti des traces d’ex­plo­sif. « Ça change nos ha­bi­tudes, mais sa pré­sence est ras­su­rante. Elle écarte im­mé­dia­te­ment le dan­ger », confie Di­dier. Pour l’heure, les pre­miers ré­sul­tats de ce dis­po­si­tif sont sa­tis­fai­sants : le temps d’in­ter­ven­tion a été di­vi­sé par trois.

Hel­ly in­ter­vient dans 32 sta­tions de mé­tro et 9 gares RER.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.