Com­ment les po­li­ciers et les gen­darmes traquent le bra­queur Re­doine Faïd, après son éva­sion éclair de di­manche

Trois mille po­li­ciers et gen­darmes traquent le fu­gi­tif

20 Minutes - - LA UNE - Thi­baut Che­vil­lard

Par­ve­nir à s’éva­der de pri­son est une chose. Ne pas se faire rat­tra­per en est une autre. Et Re­doine Faïd le sait bien. Lors­qu’il s’était fait la belle de la mai­son d’ar­rêt de Lille-Se­que­din (Nord) en 2013, il n’avait fal­lu qu’un mois et de­mi aux po­li­ciers de la Bri­gade na­tio­nale de re­cherche des fugitifs pour le lo­ca­li­ser dans un hô­tel de Pon­tault-Com­bault (Seine-et-Marne). Di­manche, en s’éva­dant de la pri­son de Réau, Re­doine Faïd a dé­ci­dé de dé­fier une nou­velle fois les forces de l’ordre. Près de 3000 po­li­ciers et gen­darmes sont à ses trousses et son si­gna­le­ment a été dif­fu­sé sur l’en­semble du ter­ri­toire. Pen­dant ce temps, les li­miers de l’Of­fice cen­tral de lutte contre le crime or­ga­ni­sé et de la po­lice ju­di­ciaire de Ver­sailles com­mencent leur en­quête, qui s’an­nonce com­pli­quée. « On a af­faire à un membre du grand ban­di­tisme, qui connaît par­fai­te­ment les mé­thodes de tra­vail des ser­vices de po­lice », confie une source po­li­cière.

«Les femmes, un point faible»

Les en­quê­teurs s’em­ploient dans un pre­mier temps à en­tendre les té­moins di­rects de l’éva­sion. Mais aus­si à vé­ri­fier les té­moi­gnages leur par­ve­nant de per­sonnes per­sua­dées de l’avoir aper­çu ici ou là. «On ne peut pas les né­gli­ger, même si 95 % d’entre eux ne collent pas. On doit ex­ploi­ter tous les ren­sei­gne­ments », nous ex­plique un haut fonc­tion­naire du mi­nis­tère de l’In­té­rieur. Les po­li­ciers s’in­té­ressent éga­le­ment à son «en­vi­ron­ne­ment», en par­ti­cu­lier aux membres de sa fa­mille. Ils ont ain­si pla­cé en garde à vue son frère Bra­him, qui se trou­vait avec lui au par­loir lorsque le com­man­do a dé­bar­qué dans la pri­son (il a été lais­sé en li­ber­té lun­di soir). Ils vont aus­si se pen­cher sur son pas­sé, re­trou­ver dans leurs fi­chiers les noms de ses an­ciens com­plices ou co­dé­te­nus. Et les sur­veiller dis­crè­te­ment. «Il faut es­sayer de re­cons­ti­tuer l’équipe qui a mon­té cette éva­sion, ceux qui en ont fait par­tie ne sont pro­ba­ble­ment pas loin de l’en­droit où il se trouve », es­time Jean-Marc Bloch, an­cien pa­tron de la po­lice ju­di­ciaire de Ver­sailles. Loin d’être des ama­teurs, les membres du co­man­do peuvent pour­tant com­mettre des er­reurs. «A un mo­ment ou à un autre, les fugitifs sont ten­tés de re­prendre con­tact avec leur com­pagne ou leur maî­tresse. Les femmes, c’est leur point faible », sou­rit Jean-Marc Bloch. Fi­gure du grand ban­di­tisme, Re­doine Faïd peut comp­ter sur l’aide de mal­fai­teurs qui l’ad­mirent. Mais, comme tous les dé­lin­quants, il a aus­si des en­ne­mis, et les en­quê­teurs es­pèrent qu’un in­dic leur re­fi­le­ra un tuyau per­met­tant de les mettre sur sa voie. En­fin, une ca­vale né­ces­si­tant beau­coup d’argent, il pour­ra être ten­té de « re­mon­ter au bra­quage ». « Il ne le fe­ra pas dans l’im­mé­diat, as­sure Jean-Marc Bloch. Il va res­ter plan­qué un cer­tain temps, ne pas sor­tir, ne pas bou­ger. Mais ce­la ne du­re­ra pas éter­nel­le­ment. »

Le bra­queur Re­doine Faïd a dé­fié les forces de l’ordre en s’échap­pant une nou­velle fois de pri­son, di­manche.

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