Land Ro­ver Dis­co­ve­ry 4 3.0 TDV6, Toyo­ta Land Crui­ser 3.0 D-4D 5P.

Dans la pou­dreuse, ces deux « caïds » du ge Nre vous rendent ac­crocs au fran­chis­se­ment

4x4 Magazine - - Sommaire - Adrien Cor­te­si, texte & pho­tos.

Terres de lé­gende

Di­rec­tion Mor­zine pour une confron­ta­tion au som­met entre deux « Land ». Etre mieux pa­ré pour af­fron­ter les dif­fi­cul­tés hi­ver­nales ? Ce­la pa­raît dif­fi­cile puisque nous avons à faire à des mo­nu­ments du tout-terrain. La lé­gende conti­nue... main­te­nant.

En re­gar­dant les pro­ta­go­nistes du com­pa­ra­tif neige de cette an­née, fort est de consta­ter que le mar­ché des véhicules tout­ter­rain n’est pas en voie de dis­pa­ri­tion.Au contraire même, puisque nos deux ri­vaux sont des nou­veau­tés dans la ca­té­go­rie. Ils ne ré­vo­lu­tionnent pas le seg­ment, mais jus­te­ment, c’est bien ce qu’on leur de­mande ! On dis­tin­gue­ra tou­te­fois une clien­tèle plus « sta­tu­taire » ou « pa­ri­sienne » pour le Land Ro­ver qui cultive une image un cran au-des­sus dans le do­maine du luxe. Le Land Crui­ser se com­plaît da­van­tage dans son image de ba­rou­deur Pull­man… mais qui tente un rap­pro­che­ment avec la so­phis­ti­ca­tion élec­tro­nique.

La mé­moire dans la peau

Le Land Crui­ser, sep­tième du nom, per­pé­tue la dy­nas­tie du 4x4 Toyo­ta dans le monde en­tier. De­puis la pre­mière gé­né­ra­tion en 1950, il n’au­ra ces­sé de sé­duire plus de cinq mil­lions de clients ré­par­tis dans 188 pays et ré­gions. Bref, le 4x4 le plus ven­du au monde, c’est lui ! Evi­dem­ment, si l’on re­garde les pré­vi­sions de vente pour la France, on re­vient à des pro­por­tions tout de suite plus mo­destes. Qu’im­porte, il passe au tra­vers de la dé­fer­lante éco­taxe et autres ef­fets de mode à contre-cou­rant des « vrais » 4x4. Le Land Crui­ser ren­voie tou­jours à la no­tion de be­soin, même s’il suc­combe à la ten­ta­tion de l’em­bour­geoi­se­ment. Toutes ces va­leurs sont aus­si va­lables lorsque l’on évoque la marque Land Ro­ver. Peut-être moins pour le Dis­co­ve­ry, plus ré­cent, mais qui compte tout de même une qua­trième gé­né­ra­tion et 20 ans de car­rière. Vi­suel­le­ment très proche de l’opus pré­cé­dent, on re­lève pour­tant plus de nou­veau­tés qu’il n’y pa­raît (in­té­rieur, châs­sis, mo­teur…). Chez lui aus­si, presque tout a été re­vu de fa­çon plus ou moins sub­tile. Mais tous deux conservent les mêmes mots d’ordre: al­ler le plus loin pos­sible dans

les meilleures condi­tions pos­sibles. Voyons com­ment ils par­viennent à re­pous­ser les li­mites…

Usines à gaz

Le Land Crui­ser ? A croire qu’il s’est ins­pi­ré du cock­pit de l’Air­bus A380. Des bou­tons et autres commutateurs, il y en a ab­so­lu­ment par­tout. Si la qua­li­té de fi­ni­tion se ré­vèle sa­tis­fai­sante, l’er­go­no­mie et le de­si­gn ne sont pas ses points forts. Les com­mandes sont dis­po­sées là ou il y a de la place : de part et d’autre de la co­lonne de di­rec- tion, sur le vo­lant pour l’or­di­na­teur de bord, de haut en bas de la con­sole cen­trale… il faut dire qu’il n’est pas avare en équi­pe­ment puis­qu’il s’agit de la ver­sion la plus abou­tie. Au­cune op­tion n’est dis­po­nible (sauf la pein­ture mé­tal­li­sée), le Lounge Pack Pre­mium a tout ! Rien qu’au ni­veau tech­no­lo­gie de conduite (en épar­gnant les an­ti­pa­ti­nages et ESP), pre­nez votre res­pi­ra­tion : sus­pen­sion dy­na­mique ci­né­tique KDSS, sus­pen­sion va­riable adap­ta­tive AVS, ré­gu­la­teur de pro­gres­sion tout-terrain Crawl Con­trol, blo­cages de différentiel cen­tral et ar­rière, pro- gramme de sé­lec­tion Mul­ti-terrain, ca­mé­ras de sur­veillance avant et latérale… bref, dans ce do­maine, le Dis­co­ve­ry fait plus simple en peau­fi­nant l’in­tui­tif sys­tème Terrain Res­ponse et le contrôle de vi­tesse en des­cente HDC. En­tiè­re­ment re­des­si­né, l’ha­bi­tacle se montre plus cos­su que ce­lui du Toyo­ta. Ma­ni­pu­la­tion des com­mandes et tou­cher des ma­té­riaux ap­pa­raissent un cran au-des­sus, avec même du cuir sur le haut de la planche de bord. Comme à l’ac­cou­tu­mée chez Land Ro­ver, on re­trouve une po­si­tion de conduite par­faite quel que soit le ga­ba­rit du conduc­teur. Le Toyo­ta ne dé­mé­rite pas mais la marge de ma­noeuvre des ré­glages est sen­si­ble­ment plus ré­duite. Cô­té struc­ture, tous deux pro­fitent d’amé­lio­ra­tions tout en conser­vant leur ar­chi­tec­ture. Ain­si, le Toyo­ta reste fi­dèle à son châs­sis sé­pa­ré et à son es­sieu ar­rière ri­gide, gages de d’ef­fi­ca­ci­té et de fia­bi­li­té. Le Dis­co­ve­ry, plus « mo­derne » avec sa coque au­to­por­teuse et ses quatre roues in­dé­pen­dantes, tire l’avan­tage d’une ai­sance ac­crue sur la route. Sur­tout lors­qu’il fait par­ler ses 245 ch…

Le lièvre et la tor­tue

Con­trai­re­ment à son ri­val nip­pon, ce­la de­vient très in­té­res­sant sous le ca­pot : en ga­gnant pas moins de 55 che­vaux et plus de 16 mkg de couple, le Dis­co­ve­ry offre non seu­le­ment d’ex­cel­lentes per­for­mances, mais il at­teint un ni­veau d’agré­ment de conduite tout sim­ple­ment ex­cep­tion­nel. Mer­ci à l’aug­men­ta­tion de cy­lin­drée et à l’adop­tion d’un tur­bo­com­pres­seur sup­plé­men­taire. Vrai­ment, c’est le mo­teur qu’il lui fal­lait car on pou­vait lui re­pro­cher un ca­rac­tère mol­las­son en 2.7 L. Si­len­cieux, souple et puis­sant, l’as­so­cia­tion mo­teur/boîte est un vrai ré­gal quelles que soient les cir­cons­tances. Evi­dem­ment, le « Toy » ne peut en dire au­tant. Sans ap­por­ter la moindre évo­lu­tion de puis­sance… tout en ra­flant près de 200 kg de bar­da d’équi­pe­ments, le Land Crui­ser souffre cruel­le­ment en termes de re­lances. En stag­nant à 173 ch, le rap­port poids/puis­sance de­vient très désa­van­ta­geux. Pire, le pas­sage de l’un à l’autre am­pli­fie l’écart en termes de sen­sa­tions : le Dis­co­ve­ry semble ex­plo­sif quand le Land Crui­ser pa­raît… ané­mique. Les chiffres sont sans ap­pel avec presque quatre se­condes d’écart aux mille mètres dé­part ar­rê­té et plus de cinq se­condes en re­prises de 80 à 120 km/h. Un monde. Tou­te­fois, l’es­prit « pé­père » du Land Crui­ser le rend pardonnable, d’au­tant que le ni­veau de confort est im­pres­sion­nant. Les 500 ki­lo­mètres qui sé­pa-

rent la ca­pi­tale de Mor­zine sont pas­sés comme une lettre à la poste. Les no­tions de fa­tigue sont re­pous­sées au maxi­mum grâce au ni­veau so­nore conte­nu, au main­tien des sièges et à l’ac­cord des sus­pen­sions. Ty­pées souples, celles-ci se ca­rac­té­risent en­core par quelques ef­fets de pom­page, no­tam­ment au frei­nage. Le sys­tème pro­pose trois lois d’amor­tis­se­ment (confort, nor­mal ou sport) mais les dif­fé­rences sont peu pal­pables. Chez Land Ro­ver, les oc­cu­pants sont tout aus­si choyés même si l’on re­cense pas mal de la­cunes d’équi­pe­ment dans cette ver­sion HSE, pour­tant haut gamme. Pour les sièges chauf­fants, la co­lonne de di­rec­tion élec­trique, la 3e ban­quette, le pack hi-fi pre­mium ou en­core les feux xé­non, il faut pas­ser par le ca­ta­logue des op­tions. Les sus- pen­sions pneu­ma­tiques, va­riables seu­le­ment en hau­teur, dis­til­lent un confort dy­na­mique proche de la per­fec­tion. Sur le par­cours si­nueux qui mène à la sta­tion, il n’y a pas pho­to : l’agi­li­té ac­crue du Land Ro­ver ap­porte sa­tis­fac­tion au conduc­teur. Les routes sont dé­ga­gées, l’adhé­rence est bonne… pas pour long­temps. Le Land Crui­ser pren­drait-il sa re­vanche pour ar­ri­ver le pre­mier ?

La neige? Sur des rails!

La sta­tion Mor­zine-Avo­riaz nous dé­roule le ta­pis blanc avec juste ce qu’il faut de neige pour ju­ger des apti-

tudes de nos pré­ten­dants. Au bout de la route de la Val­lée de la Manche com­mence un che­min non dé­ga­gé et ap­pa­rem­ment es­car­pé, où seuls des véhicules ap­pro­priés peuvent s’élan­cer.Au vo­lant du Land Crui­ser, c’est le mo­ment de pas­ser en «4LO». L’as­cen­sion de cette piste ne pose pas de grande dif­fi­cul­té jus­qu’à l’ar­ri­vée sur un plateau. Quelques dé­ni­ve­lés per­mettent de « jouer » avec le Crawl Con­trol, bluf­fant d’ef­fi­ca­ci­té même en croi­se­ment de ponts. Sur les trois vi­tesses de pro­gres­sion pro­po­sées, seule la pre­mière gé­nère des à-coups désa­gréables. Ce sys­tème per­met de main­te­nir la vi­tesse constante tout en ré­gu­lant au mieux la motricité. Avec, en plus, les blo­cages de dif­fé­ren­tiels cen­tral et ar­rière, le Toy a tout de l’arme ab­so­lue. Voyons voir ce que donne le Dis­co­ve­ry… gamme courte, po­si­tion « neige » et sus­pen­sion haute, rien ne semble pou­voir l’ar­rê­ter non plus. Si la ges­tion des dif­fé­ren­tiels agit en fonc­tion de la pro­gres­sion, on re­marque qu’il peut avoir be­soin d’un peu plus d’élan que son ri­val ja­po­nais pour pas­ser. Ar­ri­vés au plus haut de la val­lée, c’est lo­gi­que­ment la des­cente qui nous at­tend, tout aus­si ver­ti­gi­neuse que la tem­pé­ra­ture ex­té­rieure qui af­fiche - 14 °C. Le jour baisse, des plaques de ver­glas se forment, la vi­gi­lance est à son comble. Ca­lé sur la vi­tesse mi­ni­male du contrôle de vi­tesse en des­cente, on creuse pro­gres­si­ve­ment l’écart entre les vé­hi­cu-

les pour évi­ter tout risque de « strike ». Le Dis­co­ve­ry ré­gule cor­rec­te­ment la vi­tesse avec des in­ter­ven­tions per­ma­nentes sur les freins. Pour­tant, il ne peut évi­ter quelques pe­tits ef­fets de luge in­hé­rents au poids et à l’adhé­rence ex­trê­me­ment faible. Cet exer­cice n’a pas vé­ri­ta­ble­ment avan­ta­gé l’un plus que l’autre mais ce­la ne fait au­cun doute, ces deux en­gins peuvent ra­re­ment être pris en dé­faut. S’il doit n’en res­ter qu’un, la balance penche en fa­veur du Dis­co­ve­ry qui at­teint un ni­veau d’ho­mo­gé­néi­té im­pres­sion­nant. Le Land Crui­ser ne dé­mé­rite pas, mais voit ses dé­fauts plus mar­qués. Reste le rap­port prix/équi­pe­ment tel­le­ment plus fa­vo­rable… Pour at­teindre une do­ta­tion com­pa­rable, le Dis­co­ve­ry coûte en­vi­ron 10 000 € de plus. C’est tou­jours les soldes ?

En at­tei­gnant 245 ch, le Dis­co­ve­ry gomme son prin­ci­pal dé­faut et at­teint des som­mets d’agré­ment. Ce n’est pas le cas du Land Crui­ser qui, mal­gré une mol­lesse gé­né­rale, reste tou­jours aus­si in­con­tour­nable dans le monde du tout-terrain.

Après le sys­tème Park As­sist du Ti­guan « sans les mains », voi­ci le Crawl Con­trol « sans les pieds » : un ré­gu­la­teur de vi­tesse pour le tout-terrain !

Cette fi­ni­tion haut de gamme HSE dis­pose des feux bi-xé­non mais les roues de 19“res­tent une op­tion.

Les roues de 18” et les feux xé­non, avec le sys­tème d’éclai­rage di­rec­tion­nel AFS, sont li­vrés de sé­rie dès le ni­veau de fi­ni­tion Lé­gende.

Chez Land Ro­ver, on joue la carte de la sim­pli­ci­té : en po­si­tion « neige » du Terrain Res­ponse, le Dis­co­ve­ry dis­tille

ef­fi­ca­ci­té et sé­ré­ni­té à son

conduc­teur. GOO­DYEAR WRAN­GLER HP: mal­gré une monte en 19”, ces pneu­ma­tiques de type M+S au pro­fil gé­né­reu­se­ment la­mel­li­sé ga­ran­tissent de bonnes ap­ti­tudes sur la neige. TERRAIN RES­PONSE : le mode « Herbe Gra­vier Neige » op­ti­mise à mer­veille la motricité en fonc­tion des condi­tions d’adhé­rence… dans les li­mites du rai­son­nable bien sûr. DEGIVRAGE : par - 10°C, le Dis­co­ve­ry se dé­givre au ra­len­ti au bout de 12 mi­nutes pour le pare-brise et de 6 mi­nutes pour la lu­nette ar­rière.

Bar­dé d’aides à la conduite, le Land Crui­ser, ici dans sa ver­sion la plus abou­tie, consti­tue une vi­trine tech­no­lo­gique dans le monde

du 4x4. Dom­mage que sa mo­to­ri­sa­tion D-4D soit de­ve­nue

sous-di­men­sion­née…

Le TDV6 aug­mente sa cy­lin­drée en pas­sant

de 2.7 à 3.0. Ré­sul­tat : 55 ch de ga­gnés !

Le 3.0 D-4D ne peut mal­heu­reu­se­ment en dire au­tant et stagne à «seu­le­ment» 173 ch.

Cette ex­cel­lente

boîte au­to­ma­tique à six rap­ports dis­pose d’un mode Sport et sé­quen­tiel.

Ex­trê­me­ment douce d’uti­li­sa­tion, cette boîte manque en re­vanche de ré­ac­ti­vi­té.

Le pas­sage en gamme courte s’ef­fec­tue d’une simple pres­sion.

Gamme courte, blo­cages cen­tral et ar­rière, Crawl Con­trol : tout pour réus­sir !

Avan­ta­geu­se­ment pro­pul­sé par le TDV6 qui passe de 190 à 245 ch, le Dis­co­ve­ry 4 se voit trans­fi­gu­ré en termes d’agré­ment

dy­na­mique.

BRID­GES­TONE DUELER H/T 860 : le pro­fil « rou­tier/mixte » as­sez peu la­mel­li­sé au­to­rise quelques vi­rées sur neige, même si ce n’est pas son terrain de pré­di­lec­tion.

EN­RI­CHIS­SEUR :

cette touche per­met d’ac­cé

lé­rer la mise en tem­pé­ra­ture du mo­teur (et de l’ha­bi­tacle) en main­te­nant

un ra­len­ti plus éle­vé.

DÉ­GI­VRAGE : un peu moins ra­pide

que son ri­val, le Land Crui­ser se dé­givre au bout de 14 mi­nutes pour le pare-brise et de 7 mi­nu

tes pour la lu­nette ar­rière.

Sans at­teindre le ni­veau de sa ma­jes­té Range Ro­ver, d’im­por­tants pro­grès ont été réa­li­sés en termes de qua­li­té de fi­ni­tion et de de­si­gn.

Les pas­sa­gers ar­rière ne sont pas en reste et dis­pose d’une

ban­quette moel­leuse, d’un bel es­pace aux jambes et d’une prise casque in­di­vi­duelle.

Si la fi­ni­tion gagne un peu en qua­li­té, c’est sur­tout le ni­veau d’équi­pe­ment de cette fi­ni­tion Lounge Pack Pre­mium qui fait un bond en avant.

La cli­ma­ti­sa­tion au­to­ma­tique tri-zone per­met d’ajus­ter à l’ar­rière non seu­le­ment la puis­sance, mais aus­si la tem­pé­ra­ture.

En pleine ac­tion sur la neige, le Land Crui­ser n’a pas fi­ni de sur­prendre tant il avale les dif­fi­cul­tés en toute fa­ci­li­té.

Quel punch ! Le Dis­co­ve­ry ne nous avait pas ha­bi­tués à un pa­reil dy­na­misme. Quelles que soient les condi­tions, il in­cite à haus­ser le rythme.

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