Au­tour du monde en De­fen­der 130

4x4 Magazine - - Sommaire - Jean-Luc et Nathalie Gi­rard, Texte et Pho­tos.

Ja­nit­zio, l’île aux pois­son

Après Mexi­co City, nos voya­geurs au long cours s’ar­rêtent près du lac Patz­cua­ro avant de dé­cou­vrir l’une des ci­tés-joyaux du pas­sé his­pa­nique du Mexique, Mo­re­lia.

L’ état de Mexi­co et sa ca­pi­tale mé­ga­lo­pole sont dé­jà loin der­rière nous.Tou­jours dans l’état du Mi­choacán, après Urua­pan s’an­nonce le lac Patz­cua­ro. Il est dé­jà tard et il faut trou­ver un en­droit pour se ga­rer à proxi­mi­té, pour être à pied d’oeuvre tôt le len­de­main ma­tin. Après quelques re­cherches, nous fi­nis­sons par de­man­der l’au­to­ri­sa­tion de pas­ser la nuit sur un par­king près des em­bar­ca­dères. Celle-ci est ac­cor­dée à Nathalie sans pro­blème par la pro­prié­taire d’un res­tau­rant, et le jeune fils de la fa­mille est même char­gé de gui­der Jean-Luc pour trou­ver la meilleure place. Comme tou­jours, l’ac­cueil des Mexi­cains est simple et cha­leu­reux. La nuit est très tran­quille (nous sommes en mi­lieu de se­maine, donc pas de fies­ta le soir…) et la brise qui vient du lac berce gen­ti­ment notre lo­gis mo­bile. Le De­fen­der est lais­sé seul pour la jour­née et nous par­tons en ba­teau dé­cou­vrir Ja­nit­zio, cette pe­tite île en forme de col­line qui, se­lon les guides, a conser­vé ses tra­di­tions an­ces­trales. Si les tra­di­tions per­durent, ce n’est pour­tant pas sans dom­mage. Com­ment pour­rait-il en être au­tre­ment avec l’af­flux per­ma­nent de tou­ristes qui inondent la place. Dans les échoppes, les images pieuses (?) de Ch­rist éma­nant de ra­cines noueuses cô­toient celles de jeunes ama­zones dé­nu­dées d’He­roic Fan­ta­sy des­si­nées en Asie. Les in­nom­brables bou­tiques de vê­te­ments vendent, elles aus­si, les mêmes mo­dèles, taillés pour des Amé­ri­caines. Bref, les ar­ticles fa­bri­qués sur place se comptent sur les doigts d’une main. Heu­reu­se­ment, la cuisine lo­cale, à base de pois­son frit no­tam­ment, est res­tée bonne et au­then­tique. Le seul moyen de dé­cou­vrir ce qui se cache der­rière les cen­taines de pe­tits stands qui vendent des gad­gets sans in­té­rêts, est de contour­ner le vil­lage pour se re­trou­ver à l’op­po­sé des em­bar­ca­dères. Comme par­tout, le flot de tou­ristes reste confi­né dans les lieux les plus évi­dents : le port, les res­tau­rants, les ma­ga­sins, la grand-place et la grande sta­tue vi­sible de loin. Dès que l’on at­teint le vrai lieu de vie, on découvre une autre am­biance. Un match de basket en­dia­blé joué dans une cour pu­blique ani­mée, des pê­cheurs qui se re­posent, le li­vreur qui se pro­mène à dos d’âne, les en­fants qui jouent et les vieux qui at­tendent... La Nue­va Ciu­dad de Me­chuacán, alias Val­la­do­lid alias Mo­re­lia, nous offre un to­tal chan­ge­ment de pers­pec­tive. C’est une ville his­pa­nique mais dont le style est tin­té

de nom­breuses in­fluences. A l’at­trait des très nom­breux mo­nu­ments en pierre s’ajoute ce­lui d’une ville agréable à par­cou­rir à pied. Sur la Place même de la Ca­thé­drale de Mo­re­lia, la Mai­son de l’Ar­ti­sa­nat d’Art est aus­si pour nous l’oc­ca­sion de dé­cou­vrir de nom­breux ta­lents, tra­di­tion­nels ou ré­cents, dans un même lieu char­gé d’his­toire. Plus loin sur la route, le petit vil­lage de San Jose de la Cumbre ac­cueille notre fa­mille sur le pas de sa vieille église. Quelques achats ef­fec­tués à la pe­tite abar­ro­te­ria nous ouvrent les sou­rires et nos en­fants jouent bien­tôt au basket puis au fris­bee avec des ga­mins du vil­lage. Nous ap­pro­chons du sanc­tuaire des pa­pillons Mo­narques des fo­rêts de Mi­choacán. La route qui monte de­puis le vil­lage se mé­rite. Les topes (*) y poussent comme des cham­pi­gnons et mettent nos nerfs à rude épreuve. Ar­ri­vée quand même sans en­combre sur le par­king en al­ti­tude, nous par­tons ex­plo­rer les sen­tiers qui conti­nuent à mon­ter. En­core une fois nous sommes à contre-cou­rant du flux tou­ris­tique, les cen­taines de bou­tiques de sou­ve­nirs sont toutes fer­mées. Ar­ri­vés au Centre des Vi­si­teurs, un gar­dien in­forme gen­ti­ment les quelques tou­ristes que la sai­son des pa­pillons est ter­mi­née et que le sanc­tuaire est donc fer­mé. Pas ques­tion d’en­trer. Heu­reu­se­ment les Mo­narques se moquent bien des li­mites du parc et les re­tar­da­taires en­core nom­breux volent au­tour de nous et des­cendent vers la val­lée. Nous pas­sons la nuit sur le par­king à rê­ver à ces autres grands voya­geurs. Le ré­veil est plus bru­tal. Un voi­sin Mexi­cain a dé­ci­dé de so­no­ri­ser toute la val­lée avec sa hi-fi ali­men­tée par son groupe élec­tro­gène. Ne par­ta­geant pas les mêmes goûts mu­si­caux, nous par­tons ra­pi­de­ment.

* Topes : ra­len­tis­seurs vi­sant à cas­ser la vi­tesse des voi­tures.

Ce­la fait bien long­temps que ces dé­mons­tra­tions de tech­niques tra­di­tion­nelles de pêche sont uni­que­ment à l’at­ten­tion des tou­ristes qui ar­rivent en ba­teau. C’est pour­quoi ce pé­cheur est vrai­ment très sur­pris de trou­ver un pois­son dans son fi­let. Entre deux ba­teaux, on se re­pose…

Chaque échoppe ri­va­lise de cou­leur pour se dis­tin­guer de sa voi­sine.

La si­tua­tion du vil­lage qui monte tout en pente vers sa place prin­ci­pale et qui do­mine le lac Patz­cua­ro, lui donne un charme tout par­ti­cu­lier, même si les cou­leurs lo­cales tra­di­tion­nelles sont sou­vent rem­pla­cées par celles des bâches en po­ly­éthy­lène.

Quelques fi­gures co­miques dans les jar­dins d’Urua­pan.

Les pê­cheurs de l’île at­tendent les ba­teaux qui ap­portent leur flot

de tou­ristes. Pa­pillon Mo­narque dans le sanc­tuaire des fo­rêts de Mi­cho­can. Ils sont plus d’un mil­liard à faire le tra­jet chaque an­née, de­puis les USA et le Ca­na­da, pour se re­pro­duire ici.

Comme sou­vent au Mexique, la place cen­trale est de toute beau­té, un peu au dé­tri­ment du reste du vil­lage.

Sta­tue de Jo­sé Ma­ria Mo­re­los, hé­ros de la lutte pour l’in­dé­pen­dance du Mexique contre l’Es­pagne.

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