Land Ro­ver De­fen­der SS Gis­la­son

4x4 Magazine - - Sommaire - Laurent Erre, texte & pho­tos.

Ice­land Ro­ver

Face à un en­nei­ge­ment te­nace, les in­fra­struc­tures tou­ris­tiques is­lan­daises ont re­cours à d’ex­tra­va­gants véhicules à trans­mis­sion in­té­grale nom­més Super Jeep. Ces 4x4, sans com­mune me­sure avec nos stan­dards eu­ro­péens, contri­buent à l’es­sor éco­no­mique de l’île et à la sau­ve­garde des sites clas­sés.

Acette la­ti­tude, et mal­gré le fait que l’Is­lande soit une des­ti­na­tion si­tuée à moins de quatre heures de vol de Pa­ris, les (deux) sai­sons plongent les vi­si­teurs au coeur d’un dé­cor ir­réel. L’été, brève pé­riode es­ti­vale aux tem­pé­ra­tures prin­ta­nières, l’île dé­roule ses vastes éten­dues ver­doyantes aux hordes de trek­kers oc­ci­den­taux. Gîtes ru­raux, re­fuges, hô­tels vivent au rythme d’une in­tense ac­ti­vi­té, de même que le ré­seau rou­tier et ses pistes ad­ja­centes connaissent leur pic d’af­fluence. Rien à voir avec la quié­tude hi­ver­nale où, du­rant huit mois de l’an­née, l’air vi­vi­fiant ba­laie le re­lief vol­ca­nique bai­gné de vo­lutes géo­ther­miques. En dé­pit des condi­tions cli­ma­tiques exé­crables, la vie suit son cours pour les in­su­laires du bout du monde, et quelques aven­tu­riers au fait de la meilleure fe­nêtre de tir pour jouer les ex­plo­ra­teurs à bord de Super Jeep, le nom don­né aux Land Ro­ver ou Toyo­ta per­chés sur des pneu­ma­tiques de type agri­cole. Condi­tion sine qua non pour sillon­ner cette lande d’un blanc im­ma­cu­lé.

Pré­pa­ra­tions sous contrôle

Cette va­ria­tion is­lan­daise du Big Foot US n’est ce­pen­dant pas à la por­tée du conduc­teur lamb­da, ni mo­di­fiable par le pre­mier ve­nu en rai­son du chan­ge­ment im­por­tant du centre de gra­vi­té du 4x4 d’une part, puis de la com­plexi­té de mise en confor­mi­té tech­nique des pré­pas d’autre part.A ce jour, deux en­seignes ba­sées à Reyk­ja­vik font of­fice de ré­fé­rence. La pre­mière, Arc­tic Trucks, opère sur Toyo­ta en pré­ser­vant la ga­ran­tie construc­teur par ailleurs ac­tion­naire de l’en­tre­prise. Gage de sé­rieux, le mo­dèle Arc­tic Trucks dote cer­tains contin­gents mi­li­taires nor­vé­giens ain­si que la ma­jo­ri­té des ex­pé­di­tions vers les pôles ma­gné- tiques. La se­conde, SS Gis­la­son, gère quant à elle les trans­for­ma­tions sur base de Land Ro­ver. Cette mo­deste of­fi­cine est à l’ori­gine des De­fen­der ap­par­te­nant au voya­giste Ice­land Ro­vers (www.ice­lan­dro­vers.is). Pour l’un et l’autre, le mo­dus ope­ran­di reste in­tan­gible : pré­ser­ver le meilleur du vé­hi­cule puis en ac­croître les ca­pa­ci­tés tout-terrain en res­pec­tant les étapes liées à une nouvelle ho­mo­lo­ga­tion. En l’oc­cur­rence une in­ter­ven­tion lourde sur la liai­son au sol, cer­tains amé­na­ge­ments in­té­rieurs ain­si qu’une bonne ra­tio­na­li­sa­tion de la mo­to­ri­sa­tion. Con­trai­re­ment aux pré­pa­ra­tions fran­çaises, la Super Jeep est ju­gée sur sa garde au sol, non sur des cri­tères de dé­bat­te­ments. Plus spé­ci­fi­que­ment, elle se pré­des­tine à une ap­pli­ca­tion pu­re­ment pro­fes­sion­nelle : les sor­ties tou­ris­tiques et les in­ter­ven­tions d’ur­gence, quelle que soit la li­si­bi­li­té du terrain, à condi­tion de ne pas em­pié-

ter sur le mas­sif mon­ta­gneux. L’im­por­ta­tion reste un su­jet dé­li­cat sur l’île sep­ten­trio­nale, où la métamorphose d’un 4x4 tra­di­tion­nel (châs­sis échelle, ponts ri­gides) im­plique 150 heures de tra­vail, alors qu’un mo­dèle ré­cent (coque au­to­por­teuse, roues in­dé­pen­dantes) porte cette du­rée à plus de 200 heures (élar­gis­se­ment du pas­sage de roue, ren­fort de la car­ros­se­rie, de la tri­an­gu­la­tion et du frei­nage). Lors­qu’un nou­veau De­fen­der ou Land Crui­ser sort des ate­liers, il ne passe pas in­aper­çu.

Re­cons­truc­tion par­tielle

Une por­tance maxi­male sur la neige s’ac­quiert à l’aide d’une très large bande de rou­le­ment, en l’oc­cur­rence celle d’un pneu­ma­tique 44 pouces. Snor­ri et Stei­nar, le bi­nôme de SS Gis­la­son, en­tre­prennent cette greffe sur un Land Ro­ver en re­po­si­tion­nant les ti­rants de ponts. L’an­crage de la sus­pen­sion ar­rière su­bit un trai­te­ment iden­tique, tan­dis que les cha­pelles du com­bi­né avant migrent aus­si pour com­pen­ser le gi­gan­tisme du Mi­ckey Thomp­son Dick Ce­pek. Par ex­pé­rience, Snor­ri réuti­lise les res­sorts et amor­tis­seurs li­vrés en pre­mière monte. Du so­lide, se­lon lui. Quant à la barre d’ac­cou­ple­ment, elle ac­cueille un vé­rin hy­drau­lique. En­fin, le ren­de­ment de la trans­mis­sion s’ac­cen­tue avec un arbre ren­for­cé à double croi­sillon, puis l’in­té­gra­tion de blo­cages ARB. Ain­si fia­bi­li­sé, un 4x4 non pour­vu de chaînes vient à bout de la neige en ré­gion arc­tique. En res­pec­tant ce pay­sage fée­rique (res­ter sur les pistes conco­mi­tantes aux es­paces ré­ser­vés au ski nor­dique), puis en par­ti­ci­pant à des ac­tions so­ciales, le tout-terrain a aus­si prou­vé sa lé­gi­ti­mi­té.

Plus de la moi­tié de la po­pu­la­tion ha­bite la ca­pi­tale, Reyk­ja­vik. Les ex­pé­di­tions en 4x4 y sont fré­quentes.

Une panne peut tour­ner au drame : quid des pas­sa­gers de ce Pa­trol im­mo­bi­li­sé dans ce no man’s land ? Le GPS in­dique la piste en­se­ve­lie. On contourne ain­si les lacs et pré­ser­vons l’es­pace al­loué aux ran­don­neurs. Les pneu­ma­tiques sont clou­tés se­lon l’état des pistes. On roule à basse pres­sion. Les montes va­rient du 33 au 44 pouces au fil des sai­sons. Vi­tesse mo­dé­rée obli­ga­toire ! Seule Ice­land Ro­vers dis­pose d’une flotte de De­fen­der

fia­bi­li­sée pour les tem­pé­ra­tures ex­trêmes. Snor­ri, ex­pert en Land Ro­ver re­haus­sé. Chaque mo­di­fi­ca­tion

mé­ca­nique fait l’ob­jet d’un contrôle tech­nique en vue d’une nouvelle ho­mo­lo­ga­tion.

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