Fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif : quelles op­por­tu­ni­tés pour l’in­ves­tis­seur ?

Action Future - - Secteur D’investissement - Do­mi­nique Stu­cki Vir­gile Avo­cat Ni­co­las Char­let DG de EOS VEN­TURE

De­puis le 1er oc­tobre 2014, l’Or­don­nance du 30 mai 2014 et ses textes d’ap­pli­ca­tion sont en­trés en vi­gueur en France et les op­por­tu­ni­tés d’in­ves­tis­se­ment sur des pla­te­formes se mul­ti­plient. L’aug­men­ta­tion très ra­pide des vo­lumes des le­vées ( dou­ble­ment chaque an­née) ob­ser­vée dans l’Hexa­gone et au-de­là de nos fron­tières tra­duit- elle, comme cer­tains le pré­tendent, une ré­vo­lu­tion des com­por­te­ments des épar­gnants en fa­veur de la fi­nance par­ti­ci­pa­tive ? Ten­ter de ré­pondre à cette ques­tion im­pose de pro­cé­der en trois étapes : •Bien dé­fi­nir le crowd­fun­ding, terme gé­né­rique re­cou­vrant des mé­tiers de col­lecte en ligne ex­trê­me­ment dif­fé­rents et dont seuls cer­tains seg­ments peuvent être consi­dé­rés comme des offres d’in­ves­tis­se­ment, •Ana­ly­ser les fac­teurs ex­pli­ca­tifs du suc­cès de cer­taines pla­te­formes, •Éva­luer les risques spé­ci­fiques po­sés par ce type de pla­ce­ment par rap­port aux offres tra­di­tion­nelles d’épargne. On dis­tingue tra­di­tion­nel­le­ment trois grandes va­riantes de crowd­fun­ding : - le don sans contre­par­tie et le don contre ré­com­pense (sou­vent confon­du avec la pré­vente) ; - le prêt ( à des par­ti­cu­liers ou à des en­tre­prises) ; -le crow­din­ves­ting qui dé­signe le mode de fi­nan­ce­ment long terme de so­cié­tés en ac­tions ou en obli­ga­tions. Si le don pur en ligne ne gé­nère pas, par prin­cipe, d’at­tente de re­tour fi­nan­cier de la part de l’in­ter­naute, le don contre ré­com­pense - sym­bo­lique ou non - (« re­ward-ba­sed crowd­fun­ding ») et la pré­vente, qui per­met de com­mer­cia­li­ser un pro­duit à l’état de pro­to­type, ne peuvent pas da­van­tage être consi­dé­rés comme des in­ves­tis­se­ments car la contre­par­tie es­comp­tée porte sur un ser­vice ou pro­duit de consom­ma­tion et non une va­lo­ri­sa­tion du pa­tri­moine du crowd­fun­der. Seuls le prêt sur In­ter­net (« crowd­len­ding ») et la sous­crip­tion en ligne d’ac- tions (« equi­ty-ba­sed crowd­fun­ding ») ou d’obli­ga­tions (« bond-ba­sed crowd­fun­ding ») de so­cié­tés peuvent être vus comme des pla­ce­ments fi­nan­ciers. Le prêt sur In­ter­net se dé­ve­loppe très ra­pi­de­ment en France après avoir conquis les États-Unis et le Royau­meU­ni. Alors que dans ces der­niers pays, le cré­dit aux par­ti­cu­liers est un très grand suc­cès, il n’est au­to­ri­sé dans l’Hexa­gone qu’en vue du fi­nan­ce­ment des en­tre­prises ( « peer- to- bu­si­ness len­ding »). Pro­po­sé par des « in­ter­mé­diaires en fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif » sous la forme de cré­dit simple ou par des « conseillers en in­ves­tis­se­ments par­ti­ci­pa­tifs » ou « en­tre­prises d’in­ves­tis­se­ment » à tra­vers l’émis­sion d’obli­ga­tions, il offre au prê­teur un taux d’in­té­rêt sou­vent bien su­pé­rieur à ce­lui ver­sé par les banques dans le cadre de leur gamme de pro­duits d’épargne. La sous­crip­tion d’ac­tions a, comme dans le cadre d’une in­tro­duc­tion en Bourse, vo­ca­tion à per­mettre à un in­ves­tis­seur de mi­ser sur le dé­ve­lop­pe­ment long terme d’une en­tre­prise en bé­né­fi­ciant des droits re­con­nus à tout

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