START UP, in­tro­dui­sez-vous en Bourse !

Action Future - - Opinions - Ni­co­las Char­let Di­rec­teur gé­né­ral de EOS VEN­TURE

Le suc­cès re­ten­tis­sant des le­vées de fonds en­re­gis­trées par cer­taines star­tups fran­çaises non co­tées (Blab­lacar vient de ré­col­ter 200 mil­lions de dol­lars au­près de plu­sieurs fonds d’in­ves­tis­se­ment) amène à s’in­ter­ro­ger sur l’uti­li­té d’une in­tro­duc­tion en Bourse pour les nou­velles pé­pites. Et pour­quoi choi­sir une place con­çue pour les PME fran­çaises, comme Al­ter­next ou Al­ter­na­ti­va, quand des cham­pions na­tio­naux pré­fèrent le Nas­daq (Cri­teo) ou les mar­chés ré­gle­men­tés ?

Pour­quoi in­tro­duire une start-up ?

Quels sont les ob­jec­tifs prin­ci­paux d’une in­tro­duc­tion en Bourse de PME ? Sou­vent en­vi­sa­gée par les ob­ser­va­teurs comme l’abou­tis­se­ment d’une aven­ture en­tre­pre­neu­riale, l’ad­mis­sion sur un mar­ché de ca­pi­taux d’une start-up ou d’une so­cié­té fa­mi­liale marque plu­tôt, pour leurs di­ri­geants, le pro­lon­ge­ment du dé­ve­lop­pe­ment de l’ac­ti­vi­té en vue d’une ac­cé­lé­ra­tion de la crois­sance. Le des­sein pour­sui­vi par l’en­tre­prise peut tou­te­fois dif­fé­rer des mo­ti­va­tions des ac­tion­naires. Du point de vue des di­ri­geants, l’aug­men­ta­tion des fonds propres est, en gé­né­ral, le pre­mier but iden­ti­fié, en par­ti­cu­lier pour les sec­teurs dans les­quels les be­soins en ca­pi­taux sont très éle­vés : ain­si, au moins sept en­tre­prises de bio­tech­no­lo­gies se sont in­tro­duites en France en 2015. Dans la pratique, le gain en no­to­rié­té et en vi­si­bi­li­té dé­cou­lant de la co­ta­tion se ré­vèle éga­le­ment être un fac­teur im­por­tant de sa­tis­fac­tion pour les chefs d’en­tre­prise ayant ef­fec­tive- ment me­né à bien une telle opé­ra­tion. Bien que moins dé­ci­sif, le ren­for­ce­ment des pos­si­bi­li­tés de crois­sance ex­terne à tra­vers l’ac­cès à une mon­naie d’échange li­quide pour les pro­prié­taires de cibles consen­tant à un ap­port de titres est pré­sen­té comme un avan­tage non né­gli­geable. En­fin, la Bourse offre aux PME des ou­tils de re­cru­te­ment et de fi­dé­li­sa­tion ef­fi­caces des sa­la­riés (ac­tions gra­tuites, op­tions etc.). Du point de vue des ac­tion­naires, une étude des mo­ti­va­tions de ce type d’opé­ra­tion met en lu­mière la dis­pa­ri­té d’in­té­rêts entre les ma­na­gers et les ac­tion­naires fi­nan­ciers (fonds d’in­ves­tis­se­ment, bu­si­ness an­gels etc.). Alors que ces der­niers voient l’in­tro­duc­tion comme une pos­sible op­por­tu­ni­té de cé­der leur por­te­feuille (dé­pen­dant bien sûr de l’orien­ta­tion des mar­chés à la date d’ad­mis­sion), la réa­li­sa­tion du pa­tri­moine pro­fes­sion­nel consti­tue ra­re­ment l’ob­jec­tif pre­mier des di­ri­geants, même si la li­qui­di­té of­ferte par les mar­chés fi­nan­ciers est ap­pré­ciée de tous. Pour les en­tre­prises fa­mi­liales, elle per­met sou­vent l’or­ga­ni­sa­tion maî­tri­sée de la suc­ces­sion.

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