S&P 500 : Quelles pers­pec­tives pour 2016 ?

Action Future - - Trading - An­tho­ny Le­sois­mier Head of fi­nan­cial mar­ket ad­vi­so­ry, JFD Wealth

Si les mar­chés fi­nan­ciers de­vaient se com­pa­rer à une sym­pho­nie, alors nous pour­rions dire qu’au­jourd’hui les banques cen­trales oeuvrent en tant que chef d’or­chestre. Qu’il soit ques­tion de taux d’in­té­rêts di­rec­teurs ou de me­sures d’as­sou­plis­se­ments mo­né­taires, les banques cen­trales jouent un rôle clé dans le pro­ces­sus chao­tique de for­ma­tion des prix de mar­chés. En ef­fet, un environnement de taux his­to­ri­que­ment bas com­bi­né à des me­sures mo­né­taires ex­tra­or­di­naires ont été les prin­ci­pales forces mo­trices des per­for­mances bour­sières des ac­tions ces der­nières an­nées. La Ré­serve fé­dé­rale (FED) pré­pare la fin de sa po­li­tique mo­né­taire ex­tra­or­di­naire alors que d’autres banques cen­trales ma­jeures, in­cluant la Banque cen­trale eu­ro­péenne (BCE) et la banque du Ja­pon (BOJ), parlent d’étendre les me­sures qu’elles ont dé­jà mises en place. La crois­sance éco­no­mique mon­diale a be­soin de mon­trer plus de sou­te­na­bi­li­té et de vi­gueur pour que les in­ves­tis­seurs se dé­tachent des ban­quiers cen­traux. Nous ne pen­sons pas qu’un tel phé­no­mène se ma­té­ria­li­se­ra en 2016, et nous nous pré­pa­rons à plus de vo­la­ti­li­té, en par­ti­cu­lier lorsque la FED re­mon­te­ra ses taux. Compte te­nu de ces élé­ments, la grande ma­jo­ri­té des ana­lystes et stra­tèges de grandes banques vont donc pré­co­ni­ser une al­lo­ca­tion ac­tion en fa­veur de la zone EU­RO et JA­PON au dé­tri­ment de la zone amé­ri­caine. Néan­moins, nous avons ju­gé in­té­res­sant d’éva­luer l’op­por­tu­ni­té que pré­sente le mar­ché U.S. et en par­ti­cu­lier le S&P500 pour l’an­née 2016.

Bi­lan tech­nique

De­puis le point bas at­teint le 9 mars 2009, le S&P500 connaît l’ex­ten­sion haus­sière la plus im­por­tante de ces 20 der­nières an­nées. Comme le dé­montre le ta­bleau ci­contre, l’in­ves­tis­se­ment ac­tion pré­sente

une si­gni­fi­ca­tive dis­sy­mé­trie au sens ren­de­ment/risque. Compte te­nu des chal­lenges aux­quels l’éco­no­mie amé­ri­caine de­vra faire face en 2016, et d’un environnement géo­po­li­tique qui de­vrait ame­ner une im­por­tante vo­la­ti­li­té, nous ne pen­sons pas que cette dis­sy­mé­trie va s’amé­lio­rer.

Re­la­tive per­for­mance S&P500/ EU­ROS­TOXX50 de­puis mars 2015

Les mar­chés amé­ri­cains, sup­por­tés en par­ti­cu­lier par une sé­rie de trois « Quan­ti­ta­tive Ea­sing (QE) » consé­cu­tifs, ont lar­ge­ment sur­per­for­mé leurs ho­mo­logues eu­ro­péens de­puis 2009 : Compte te­nu de cette tra­jec­toire et de la di­ver­gence de po­li­tique mo­né­taire entre la FED et la BCE, les in­ves­tis­seurs ac­tions pour­raient pri­vi­lé­gier la ré­gion Eu­rope au dé­tri­ment des U.S en 2016.

In­fluence de l’in­dice dol­lars sur la per­for­mance S&P500

Les grandes banques et autres ins­ti­tu­tions fi­nan­cières ont dé­bu­té leur cé­lèbre bal de pers­pec­tives de mar­chés pour l’an­née 2016. S’il y a bien un mar­ché qui fait consen­sus, c’est le mar­ché des changes avec des pré­vi­sions haus­sières pour le dol­lar et en par­ti­cu­lier contre l’eu­ro. Gold­man Sachs nous donne une cible à 0,95 pour la paire EUR/USD du­rant l’an­née 2016. Il est alors lé­gi­time de se de­man­der quelle peut être la consé­quence d’un dol­lar fort sur les per­for­mances des mar­chés do­mes­tiques, et en par­ti­cu­lier le S&P 500 (Cf gra­phique 1 page 35 ). His­to­ri­que­ment on constate que l’orien­ta­tion du dol­lar in­dex n’ap­porte que très peu d’in­for­ma­tion sur la per­for­mance du mar­ché ac­tion. Néan­moins, en iso­lant les tri­mestres où le dol­lar in­dex af­fiche une per­for­mance po­si­tive, gra­phique de droite, on ob­serve un biais lé­gè­re­ment po­si­tif. En ef­fet, en prin­cipe, la «force» d’une mon­naie est une fonc­tion de la bonne san­té de l’éco­no­mique d’une ré­gion. C’est la rai­son pour la­quelle les taux de change ont ten­dance à se dé­pré­cier en pé­riode de ré­ces­sion et à s’ap­pré­cier en pé­riode de crois­sance.

Per­for­mances des ac­tions amé­ri­caines suite à une hausse des taux di­rec­teurs

On constate que les hausses de taux di­rec­teurs sont gé­né­ra­le­ment sui­vies

d’une per­for­mance ac­tion po­si­tive. L’unique pé­riode né­ga­tive est ob­ser­vée quand la hausse n’a pas été gra­duelle. La com­mu­ni­ca­tion de la FED nous laisse en­tendre que la hausse des taux à ve­nir se­ra gra­duelle, élé­ment tra­di­tion­nel­le­ment po­si­tif pour les ac­tions (Cf gra

phique 2 page 35 ).

An­née des élec­tions

2016 est une an­née pré­si­den­tielle pour les États- Unis. Il est in­té­res­sant de consta­ter qu’ha­bi­tuel­le­ment les mar­chés ac­tions af­fichent une per­for­mance po­si­tive lors des an­nées élec­to­rales.

Ana­lyse tech­nique heb­do­ma­daire de l’in­dice

D’un point de vue tech­nique, l’in­dice ne trouve pas la vi­gueur haus­sière né­ces­saire pour dé­pas­ser son plus haut his­to­rique à 2.135 après l’épi­sode bais­sier d’août qui a ame­né l’in­dice à 1.835. La ré­cente cor­rec­tion nous a en­traî­née sur la zone des 2.000 – 2.023 qui semble une nou­velle fois prou­ver sa per­ti­nence en tant que sup­port. Nous consi­dé­rons donc que cette zone joue­ra un rôle clé dans la di­rec­tion à ve­nir de l’in­dice. Dans l’hy­po­thèse où la borne basse de cette zone se­rait dé­pas­sée, nous va­li­de­rions une fi­gure de re­tour­ne­ment en « double top » et nous vi­se­rions un ob­jec­tif tech­nique à 1.835 sur l’in­dice. (Cf gra­phique 3 page 35 )

Conclu­sion

Même si elles res­tent fra­giles, la bonne san­té de l’éco­no­mie et des en­tre­prises dans les pays dé­ve­lop­pés ne nous laisse pas en­vi­sa­ger un scé­na­rio de ré­ces­sion pour 2016. La consom­ma­tion dans les pays dé­ve­lop­pés, sur­tout aux ÉtatsU­nis, à toutes les chances de té­moi­gner d’une sen­sible vi­gueur grâce no­tam- ment à une po­ten­tielle crois­sance des sa­laires et de l’em­ploi, mais éga­le­ment à la baisse des prix de nom­breux pro­duits et ser­vices. Néan­moins, compte te­nu de la lon­gueur du cycle et des fac­teurs tech­niques ac­tuels nous n’en­vi­sa­geons pas de per­for­mance ex­cep­tion­nelle des ac­tions amé­ri­caines l’an pro­chain. Les marges des en­tre­prises ont consi­dé­ra­ble­ment aug­men­té jus­qu’à ré­cem­ment, pour at­teindre des ni­veaux his­to­riques, et leur po­ten­tiel d’ap­pré­cia­tion ac­tuel reste li­mi­té. Nous res­tons pru­dent, car plus que ja­mais nous pen­sons que la na­ture dis­sy­mé­trique de l’in­ves­tis­se­ment sur ac­tion se ma­ni­fes­te­ra si­gni­fi­ca­ti­ve­ment en 2016. En ce dé­but d’an­née, nous conseillons donc aux in­ves­tis­seurs de conser­ver une poche im­por­tante de cash afin de pou­voir bé­né­fi­cier de la vo­la­ti­li­té at­ten­due et d’ef­fec­tuer des ajus­te­ments tac­tiques dans leur por­te­feuille tout au long de l’an­née.""!

Source : Re­search St Louis­fed, JFD Wealth

Source : Stooq.com, JFD Wealth Re­search, S&P Ca­pi­tal IQ, WSJ

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