L’avant-garde belge

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Gus­tave Serrurier-Bo­vy (1858-1910) est à la fois un créa­teur de meubles et un com­mer­çant. Sa vo­ca­tion pour l’ar­chi­tec­ture n’ayant pu s’af­fir­mer, le Lié­geois s’oriente vers l’ébé­nis­te­rie et re­con­ver­tit le ma­ga­sin de bi­be­lots exo­tiques de son épouse, Ma­ria Bo­vy, pour y vendre des meubles. Une af­faire

qu’il dé­ve­lop­pe­ra à tra­vers des suc­cur­sales à Bruxelles, La Haye, Pa­ris,

Nice. Sa pro­duc­tion, quant à elle, connaît deux pé­riodes. Ses propres créa­tions, qu’il pro­pose sous l’en­seigne de Serrurier-Bo­vy à par­tir de 1893, sont ins­pi­rées par ses voyages en An­gle­terre et sa dé­cou­verte de l’Arts & Crafts.

Serrurier re­pré­sente, alors, l’Art nou­veau belge, sans avoir l’au­dace for­melle de ses gé­niaux com­pa­triotes, Hor­ta ou Van de Velde. Or voi­là qu’en 1902, rup­ture, son style se fait de plus en plus géo­mé­trique, ma­té­ria­li­sant son

cre­do se­lon le­quel « le meuble le plus mo­deste, une simple chaise, peut être un ob­jet d’art » . L’homme, qui sou­haite rendre ce mobilier accessible à tous, en­vi­sage

la se­mi-mé­ca­ni­sa­tion. Le de­si­gn mo­derne est an­non­cé. Hé­las, Gus­tave Serrurier-Bo­vy est stop­pé dans sa lan­cée ; il meurt su­bi­te­ment en 1910 alors qu’il s’at­telle à la dé­co­ra­tion d’une

vil­la en Ar­gen­tine.

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