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AD - - LA JOURNÉE AD -

epuis qu’il a at­ta­qué les cours d’ita­lien, notre ami Ar­chi­bald n’a que ça en tête. N’al­lez pas croire non plus qu’il passe des heures à réviser sur son bu­reau Ruhl­mann : il a évi­dem­ment trou­vé un moyen de joindre l’utile à l’agréable. Au­tre­ment dit, pour­suivre im­per­tur­ba­ble­ment ses ha­bi­tudes de dan­dy, comme s’il était de l’autre cô­té des Alpes, à Tu­rin, Rome ou Mi­lan.

10 h MA­SE­RA­TI

Son voi­sin s’étant re­ti­ré sur son île des Ca­raïbes, il lui a de­man­dé de faire rou­ler sa Ma­se­ra­ti de temps en temps. Bon, c’est un peu frus­trant de ne pas pou­voir at­teindre les 289 km/h de cette GranCa­brio MC spor­tive dans les rues pa­ri­siennes, se dit Ar­chi­bald qui se sent un peu Prost, as­sis dans son ha­bi­tacle noir tout en cuir Poltrona Frau, Al­can­ta­ra et dé­tails en fibre de carbone – ne manquent plus que le casque et les gants. D’ac­cord, le mo­teur V8 90° ne gron­de­ra peut-être pas de tous ses cy­lindres, mais les étriers mo­no­blocs des freins qui se cachent der­rière les jantes sont phé­no­mé­naux – le pro­prié­taire les a même fait per­son­na­li­ser en mat. Le truc d’Ar­chi­bald, c’est de tes­ter leur per­for­mance en frei­nant presque à la der­nière se­conde, comme dans les films. Une ga­geure de ga­min dont il s’en­or­gueillit à chaque fois, quand il fixe les mines éba­hies des pas­sants à tra­vers ses Per­sol. Pas de quoi cra­ner tant que ça en réa­li­té, car il est bien Fi­ni la ri­go­lade, le ren­card avec Giu­dit­ta ap­proche à grands pas et Ar­chi­bald n’a pas en­core ré­cu­pé­ré sa che­mise. Bien sûr, les 237 mo­dèles qui s’en­nuient dans son ar­moire ne fe­ront ja­mais l’af­faire, il lui faut ab­so­lu­ment celle qu’il a com­man­dée sur me­sure chez Ar­ma­ni. Leur Ox­ford est net­te­ment plus agréable au por­té et il man­quait pile cette nuance de bleu à sa col­lec­tion. Avant de mon­ter dans l’as­cen­seur en­tiè­re­ment vi­tré, il prend le temps de tra­ver­ser les rayons tout en toile de soie et onyx d’Iran, ba­la­dant sa meilleure dé­gaine de play­boy jus­qu’aux cos­tumes pour une sé­quence Ame­ri­can Gi­go­lo qui as­sure le quart d’heure co­mique de toute l’as­sis­tance. Un der­nier es­sai pour vé­ri­fier le col but­ton-down, les épaules, la lon­gueur des manches, et Ar­chi­bald fi­nit en­fin par sor­tir du corps de Ri­chard Gere. Gior­gio Ar­ma­ni, à Giu­dit­ta. Tur­quoise, aigue-ma­rine, la ven­deuse dé­cline à l’en­vi chaque mo­dèle, ex­plique le pro­cé­dé qui per­met de tres­ser l’ar­gent ster­ling à la main, ra­conte tout l’his­to­rique de la tra­di­tion vi­cen­tine dans l’or­fè­vre­rie… Non, Ar­chi­bald a chan­gé d’avis. Pré­ma­tu­ré d’of­frir un bi­jou, et puis la der­nière fois Giu­dit­ta lui a fait rem­bal­ler son ca­deau en pré­ten­dant que le rouge lui fai­sait pen­ser à son ex. « Un bi­jou, man­que­rait plus que ça main­te­nant… Quel sot, il faut se faire dé­si­rer ! mur­mure-t-il de­vant l’as­sis­tance mé­du­sée. En re­vanche, j’ai aper­çu les porte-do­cu­ments en in­trec­cia­to… » évi­dem­ment pro­non­cé en écor­chant cha­cune des onze lettres du mot, sy­no­nyme à lui tout seul de Bot­te­ga Ve­ne­ta qui, grâce à cette tech­nique de tra­vail du cuir, a su évi­ter de som­brer dans la lo­go­ma­nia de­puis 1966. Au mo­ment de pous­ser la poi­gnée gai­née de cuir pour sor­tir avec sa ser­viette, Ar­chi­bald re­marque des car­reaux de verre lu­mi­neux au pla­fond. « Ils étaient dé­jà là et notre sty­liste To­mas Maier a dé­ci­dé de les gar­der au mo­ment des tra­vaux » , lui ré­vèle-t-on. Ex­cel­lente idée. Bot­te­ga Ve­ne­ta, 12, ave­nue Mon­taigne, 75008 Pa­ris. www. bot­te­ga­ve­ne­ta.com

18, ave­nue Mon­taigne, 75008 Pa­ris. www. ar­ma­ni.com

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