L’in­sou­te­nable aus­té­ri­té

Face à la hausse de leur dette, les pays de la zone eu­ro se sont im­po­sé trop de ri­gueur. Echec : l’ac­ti­vi­té a chu­té et les dé­fi­cits ont grim­pé.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Sommaire - S. M.

Pour ré­duire leur dette, les pays de la zone eu­ro se sont im­po­sé trop de ri­gueur. Echec : l’ac­ti­vi­té a chu­té et les dé­fi­cits ont grim­pé.

Le creu­se­ment mas­sif des dé­fi­cits bud­gé­taires pro­vo­qué par la ré­ces­sion de 2009 et l’ex­plo­sion des dettes des Etats qui a sui­vi posent un sé­rieux pro­blème de sou­te­na­bi­li­té des fi­nances pu­bliques. Dans la zone eu­ro comme aux Etats-Unis et au Ja­pon. Plus la dette est éle­vée, plus les pays sont vul­né­rables à un dé­ra­page des taux d’in­té­rêt qui, pas­sés un cer­tain ni­veau, peuvent rendre la dy­na­mique de la dette in­con­trô­lable.

Dans la zone eu­ro, la ré­ponse a consis­té à ré­ta­blir au plus vite l’équi­libre des comptes pu­blics, quel qu’en soit le prix en termes de crois­sance et d’em­ploi. Cette re­li­gion de l’aus­té­ri­té a été sanc­tion­née par son propre échec : les po­li­tiques de ri­gueur ex­ces­sive sont res­pon­sables du re­tour de la ré­ces­sion en Eu­rope en 2012. Or, la contrac­tion de l’ac­ti­vi­té éloigne de l’ob­jec­tif d’un re­tour à l’équi­libre bud­gé­taire : tan­dis que les gou­ver­ne­ments tentent de rem­plir les caisses de l’Etat en alour­dis­sant les im­pôts et en ré­dui­sant les dé­penses, le manque à ga­gner fis­cal les vide.

Le Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal (FMI) a lui-même re­con­nu que les ef­forts bud­gé­taires im­po­sés dans cer­tains pays de la zone eu­ro, à com­men­cer par la Grèce, avaient été mal ca­li­brés. La Com­mis­sion eu­ro­péenne, sans se re­mettre en cause ex­pli­ci­te­ment, a mis un peu d’eau dans son vin : les pays en si­tua­tion de dé­fi­cit ex­ces­sif, dont la France, qui de­vaient avoir ra­me­né leur dé­fi­cit sour la barre des 3 % en 2013, ont ga­gné deux an­nées sup­plé­men­taires. La po­li­tique bud­gé­taire conti­nue­ra ce­pen­dant d’exer­cer un ef­fet ré­ces­sif sur l’ac­ti­vi­té en 2014, no­tam­ment en France.

En outre, rien n’est ac­tuel­le­ment pré­vu pour al­lé­ger le poids de la dette pu­blique, la­quelle dé­passe 120 % du pro­duit in­té­rieur brut (PIB) en Grèce, au Por­tu­gal et en Ita­lie. La sor­tie de crise pour ces pays, où le paie­ment des in­té­rêts ponc­tion­nait plus de 4 % du PIB en 2012, né­ces­si­te­rait une an­nu­la­tion par­tielle de leur dette ou une mu­tua­li­sa­tion d’une par­tie des dettes pu­bliques de la zone. Une forme de so­li­da­ri­té à la­quelle les pays membres ne sont pas en­core prêts.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.