L’ave­nir in­cer­tain du « made in France »

STRA­TÉ­GIE Mo­teur de l’éco­no­mie, l’in­dus­trie hexa­go­nale est en perte de vi­tesse. Mais pour sor­tir de l’or­nière, pro­duire lo­ca­le­ment n’est pas la so­lu­tion mi­racle.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Sommaire - MARC CHE­VAL­LIER

Mo­teur de l’éco­no­mie, l’in­dus­trie hexa­go­nale est en perte de vi­tesse. Mais pour sor­tir de l’or­nière, pro­duire lo­ca­le­ment n’est pas la so­lu­tion mi­racle.

De la der­nière dé­cen­nie, on re­tien­dra qu’elle a été ca­la­mi­teuse pour le com­merce ex­té­rieur fran­çais. Le dé­fi­cit com­mer­cial a at­teint 67 milliards d’eu­ros en 2012, contre un ex­cé­dent de 2,9 milliards d’eu­ros en 2003. Certes, pour l’es­sen­tiel, ce dé­fi­cit est le fruit de l’alour­dis­se­ment de la fac­ture éner­gé­tique (69 milliards d’eu­ros en 2012), mais il re­flète aus­si les dif­fi­cul­tés de l’ap­pa­reil pro­duc­tif fran­çais, dont la com­pé­ti­ti­vi­té s’est éro­dée dans de nom­breux sec­teurs, faute sans doute d’avoir su mon­ter en gamme pour échap­per à la concur­rence des pays à bas coûts.

Les dif­fi­cul­tés de l’in­dus­trie fran­çaise sont in­quié­tantes parce que, mal­gré son poids dé­cli­nant, elle conserve un rôle de mo­teur es­sen­tiel de l’éco­no­mie. Elle fait tra­vailler de nom­breux autres sec­teurs, no­tam­ment dans les ser­vices. Elle fait ren­trer des de­vises sur le ter­ri­toire grâce à ses ex­por­ta­tions (qui pèsent pour les trois quarts des ex­por­ta­tions to­tales du pays). Et elle reste le coeur du ré­ac­teur de l’in­no­va­tion, donc de la crois­sance fu­ture.

Pour sor­tir de l’or­nière, faut-il mettre l’ac­cent sur le made in France ? Pas évident. Ce­lui-ci consti­tue un fac­teur dé­ter­mi­nant dans l’in­dus­trie du luxe, où prime l’image du sa­voir-faire, de la tra­di­tion et de l’ori­gine. Mais dans les autres sec­teurs, la clé de la com­pé­ti­ti­vi­té semble plu­tôt ré­si­der dans la ca­pa­ci­té à ti­rer au maxi­mum pro­fit du puzzle pro­duc­tif mon­dial, tout en conser­vant les ac­ti­vi­tés à plus forte va­leur ajou­tée sur son ter­ri­toire. C’est ce que tend à mon­trer l’exemple al­le­mand. Ce n’est pas un ha­sard si le pre­mier sec­teur ex­por­ta­teur fran­çais (l’aé­ro­nau­tique) est aus­si ce­lui qui uti­lise le plus de com­po­sants étran­gers.

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