A qui profite la mon­dia­li­sa­tion ?

Les en­tre­prises amé­ri­caines, de loin les prin­ci­paux ac­teurs des in­ves­tis­se­ments à l’étran­ger, fa­çonnent la mon­dia­li­sa­tion. Les pa­ra­dis fis­caux aus­si.

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Les en­tre­prises amé­ri­caines fa­çonnent la mon­dia­li­sa­tion. Les pa­ra­dis fis­caux aus­si.

Les firmes amé­ri­caines sont, de loin, celles qui exercent la plus grande in­fluence sur la di­vi­sion in­ter­na­tio­nale du travail, c’est-à- dire sur qui pro­duit quels biens, sur quel ter­ri­toire et avec quelles condi­tions de travail. Le stock de leurs in­ves­tis­se­ments di­rects à l’étran­ger (*) dé­passe très lar­ge­ment ce­lui de leurs concur­rentes. De par l’im­por­tance de leur mar­ché in­té­rieur, les Etats-Unis sont aus­si le ter­ri­toire qui at­tire le plus d’in­ves­tis­se­ments en pro­ve­nance des mul­ti­na­tio­nales du monde en­tier. Les en­tre­prises amé­ri­caines se si­tuent éga­le­ment dans le trio de tête des plus grands ex­por­ta­teurs mon­diaux.

Mais la dy­na­mique des der­nières dé­cen­nies a été fa­vo­rable à la mon­tée en puis­sance d’un nouvel acteur, la Chine, et dans une moindre me­sure des autres pays émer­gents, trop souvent consi­dé­rés comme un bloc unique alors que leurs en­tre­prises pour­suivent des in­té­rêts concur­rents. L’em­pire du Mi­lieu est au­jourd’hui le pre­mier ex­por ta­teur mon­dial. C’est aus­si l’un des pre­miers pays à at­ti­rer les in­ves­tis­se­ments et l’em­ploi créé par les firmes mul­ti­na­tio­nales, en même temps que ses propres en­tre­prises partent à la conquête de la pla­nète.

Au- de­là de ces constats gé­né­raux, il est très dif­fi­cile d’ana­ly­ser dans le dé­tail la mon­dia­li­sa­tion des ac­ti­vi­tés pro­duc­tives. En ef­fet, une par­tie im­por­tante des flux d’in­ves­tis­se­ments di­rects étran­gers est di­ri­gée vers les pa­ra­dis fis­caux afin d’échap­per à l’im­pôt. De même, le re­cours à des so­cié­tés écrans im­ma­tri­cu­lées dans ces ter­ri­toires ne per­met pas de me­su­rer avec pré­ci­sion le de­gré d’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion (*) réel des en­tre­prises. Une chose est cer­taine : cette opa­ci­té tend à sur­es­ti­mer l’am­pleur de la mon­dia­li­sa­tion des firmes.

CH­RIS­TIAN CHA­VA­GNEUX

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