L’in­té­gra­tion pour­suit son oeuvre

Même si les po­pu­la­tions d’ori­gine étran­gère sont par­ti­cu­liè­re­ment mal­me­nées par la crise, leur in­té­gra­tion dans la so­cié­té fran­çaise est une réa­li­té.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Sommaire - LOUIS MAU­RIN

Mal­gré la crise, l’in­té­gra­tion des po­pu­la­tions d’ori­gine étran­gère est une réa­li­té.

A chaque pé­riode de crise, les étran­gers jouent souvent le rôle de bouc émis­saire. Pour­tant, ils font par­tie des prin­ci­pales vic­times des dif­fi­cul­tés éco­no­miques et so­ciales. La mau­vaise conjonc­ture sur le mar­ché du travail rend leur in­té­gra­tion dans l’em­ploi plus chao­tique, no­tam­ment parce que la po­pu­la­tion im­mi­grée est d’abord une po­pu­la­tion dé­fa­vo­ri­sée et que les pre­miers tou­chés par le chô­mage sont les moins qua­li­fiés. S’y ajoutent des formes de dis­cri­mi­na­tions de la part des em­ployeurs et sur­tout l’in­ter­dic­tion faite aux étran­gers d’oc­cu­per près de cinq mil­lions d’em­plois, no­tam­ment dans la fonc­tion pu­blique.

Même si elle les fra­gi­lise, la crise ne re­met pas pour au­tant en cause leur in­té­gra­tion. Au fil des gé­né­ra­tions, les po­pu­la­tions ar­ri­vées en France ont fi­ni par s’y faire une place, en adop­tant les normes de leur pays d’ac­cueil tout en ap­por­tant une par­tie de leur culture. Au­jourd’hui, 61 % des im­mi­grés se sentent Fran­çais, et c’est même le cas de près de la moi­tié des im­mi­grés n’ayant pas la na­tio­na­li­té fran­çaise. L’in­té­gra­tion reste un pro­ces­sus com­plexe. Sa dé­fi­ni­tion même de­meure très sub­jec­tive : jus­qu’où doit-on aban­don­ner sa culture d’ori­gine pour « s’in­té­grer » ? Il n’existe pas de fron­tière na­tu­relle entre le res­pect des pra­tiques et des va­leurs cultu­relles de cha­cun et l’ac­cep­ta­tion de normes com­munes.

En pra­tique, dans tous les pays, les étran­gers qui ar­rivent tendent à se ras­sem­bler au­près de proches pour dis­po­ser de sou­tiens, no­tam­ment pour trou­ver un em­ploi ; ils forment des com­mu­nau­tés. Les im­mi­grés sont donc concen­trés dans un nombre ré­duit de ter- ri­toires. L’avan­tage de la com­mu­nau­té a son in­con­vé­nient : le risque d’une forme de fer­me­ture par rap­port au reste de la po­pu­la­tion. Ce phé­no­mène a tou­jours exis­té. Le prin­ci­pal pro­blème ac­tuel ré­sulte d’une hy­per­con­cen­tra­tion au sein de quelques quar­tiers d’ha­bi­tat so­cial, dans les ban­lieues des grandes villes.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.