At­ten­tion, ça chauffe !

Faute de baisse des émis­sions de gaz à ef­fet de serre, les im­pacts du ré­chauf­fe­ment de la pla­nète, dé­jà de plus en plus perceptibles, se­ront mas­sifs.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Sommaire -

L’ex­plo­sion des prix agri­coles sur les mar­chés in­ter­na­tio­naux est un ré­vé­la­teur de ten­sions entre offre et de­mande ali­men­taires ap­pe­lées à s’am­pli­fier.

En mai 2013, la concen­tra­tion de CO dans l’at­mo­sphère (me­su­rée à 2 Ha­waii) a fran­chi le cap des 400 parties par mil­lion (ppm). Une aug­men­ta­tion folle de­puis le dé­pas­se­ment, il y a un siècle, du seuil des 300 ppm, le­quel n’avait ja­mais été at­teint du­rant le mil­lion d’an­nées pré­cé­dent. Cette accumulation du prin­ci­pal des gaz à ef­fet de serre est di­rec­te­ment liée à une consom­ma­tion mon­diale d’éner­gie qui ne flé­chit pas (en­vi­ron 13,5 Gtep en 2013, en hausse de 54 % de­puis 1990). Elle reste fon­da­men­ta­le­ment dé­pen­dante du char­bon, du pétrole et du gaz (qui to­ta­li­saient 81,2 % de la de­mande en 1990 et 80,9 % en 2013). C’est la prin­ci­pale cause de l’aug­men­ta­tion de 1 °C des tem­pé­ra­tures moyennes en­re­gis­tré de­puis les an­nées 1900.

Les ef­fets de cette hausse sont dé­jà très perceptibles à l’échelle d’une vie hu­maine, comme en té­moigne en France l’avan­cée des dates des se­mis et des ven­danges. D’autres phé­no­mènes non vi­sibles à l’oeil nu, tels que l’élé­va­tion du ni­veau de la mer (une di­zaine de cen­ti­mètres de­puis 1950), sont éga­le­ment ob­ser­vés. Tous ces chan­ge­ments vont s’am­pli­fier et leurs consé­quences, en par­ti­cu­lier dans les pays en dé­ve­lop­pe­ment, très peu ar­més pour y faire face, se­ront re­dou­tables.

La fai­blesse des me­sures an­non­cées jus­qu’à pré­sent par les prin­ci­paux pays émet­teurs ne rend pas cré­dible l’ob­jec­tif d’une li­mi­ta­tion de la hausse des tem­pé­ra­tures à 2 °C par rap­port à la fin du XIXe siècle. Ce seuil est pour­tant consi­dé­ré par la com­mu­nau­té scien­ti­fique comme le ni­veau au-de­là du­quel les ef­fets du chan­ge­ment cli­ma­tique se­ront in­con­trô­lables. Ne pas fon­cer dans le mur sup­po­se­rait d’in­ves­tir mas­si­ve­ment dans les éco­no­mies d’éner­gie. Mais mal­gré l’in­té­rêt de telles me­sures en termes d’em­plois créés, la crise sert de pré­texte à tous les im­mo­bi­lismes.

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