La zone eu­ro, maillon faible de la crois­sance mon­diale

La crois­sance eu­ro­péenne est en berne. La si­tua­tion se­rait net­te­ment moins mo­rose si les Etats de la zone eu­ro s’en­ten­daient pour re­lan­cer la de­mande in­té­rieure.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Somaire - RO­MAIN RE­NIER

La si­tua­tion se­rait moins mo­rose si les Etats s’en­ten­daient pour re­lan­cer la de­mande in­té­rieure.

Alors que les Etats-Unis confirment leur re­prise so­lide avec une crois­sance fixée au­tour de 2 % par an et que la Chine semble voir la sienne se nor­ma­li­ser sous la barre des 7 % en 2015 après le boom de la der­nière dé­cen­nie, l’Union eu­ro­péenne est à la peine. Ce poids lourd de l’éco­no­mie mon­diale a af­fi­ché un pe­tit 1,4 % en 2014. La faute à son coeur de ré­ac­teur, la zone eu­ro, qui n’est pas vrai­ment re­par­ti de­puis la crise de 2008. Son pro­duit in­té­rieur brut (PIB) a ain­si pro­gres­sé d’un très mo­deste 0,9 % en 2014.

Une em­bel­lie se des­sine tou­te­fois pour 2015, grâce aux ef­fets com­bi­nés du pé­trole bon marché et d’un eu­ro dé­va­lué. Il n’en de­meure pas moins que l’union mo­né­taire pour­rait jouer son rôle de mo­teur de la crois­sance mon­diale de ma­nière bien plus ef­fi­cace. En po­si­tion de créan­cière du monde, la zone eu­ro vit en ef­fet au­jourd’hui lar­ge­ment en des­sous de ses moyens, avec un ex­cé­dent cou­rant qui dé­passe dé­sor­mais ce­lui de la Chine. L’union mo­né­taire pour­rait, de fait, ti­rer par­ti de ses ex­cé­dents – al­le­mands, en l’oc- cur­rence – pour re­lan­cer sa de­mande in­té­rieure et ti­rer

vers le haut les éco­no­mies du sud de l’Eu­rope, dont la crois­sance est plom­bée par l’aus­té­ri­té bud­gé­taire im­po­sée par les trai­tés ins­ti­tuant la mon­naie unique.

Une telle relance au­rait pour mé­rite, en accroissant la de­mande adres­sée aux en­tre­prises, de re­dy­na­mi­ser un marché de l’em­ploi au­jourd’hui atone. Cette po­li­tique est sou­vent ju­gée comme une dan­ge­reuse dé­viance par rap­port aux ca­nons de l’or­tho­doxie éco­no­mique. En réa­li­té, elle ne fe­rait que suivre la ten­dance gé­né­rale au re­pli des grandes éco­no­mies, Etats-Unis et Chine en tête, sur leurs mar­chés in­té­rieurs pour nour­rir leur crois­sance, après des an­nées de forte ex­pan­sion du com­merce

in­ter­na­tio­nal.

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