Im­pôts : tout pour les riches

Les pre­mières me­sures fis­cales prises par Em­ma­nuel Ma­cron vont pro­fi­ter pour l’es­sen­tiel au dixième le plus ai­sé des Fran­çais.

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Baisse des co­ti­sa­tions so­ciales sa­la­riales, hausse de la co­ti­sa­tion so­ciale gé­né­ra­li­sée (CSG), qua­si­dis­pa­ri­tion de l’im­pôt de so­li­da­ri­té sur la for­tune ( ISF), baisse de l’im­po­si­tion des re­ve­nus du ca­pi­tal, exo­né­ra­tion de la taxe d’ha­bi­ta­tion pour 80 % des Fran­çais… : le gou­ver­ne­ment a mul­ti­plié les mo­di­fi­ca­tions en ma­tière de fiscalité des mé­nages dans son bud­get 2018. Quel va être leur im­pact sur les re­ve­nus ? L’OFCE l’a es­ti­mé en pre­nant en compte l’en­semble de ces me­sures une fois celles-ci en­trées en vi­gueur Ce qui ne se­ra pas en­core le cas en 2018 : la baisse des co­ti­sa­tions so­ciales ne se­ra ef­fec­tive qu’en fin d’an­née et l’exo­né­ra­tion de la taxe d’ha­bi­ta­tion va s’éta­ler sur trois ans.

Se­lon l’OFCE, chaque mé­nage va tou­cher 324 eu­ros par an en moyenne en plus. Beau­coup moins ce­pen­dant pour les plus mo­destes. L’es­sen­tiel de la hausse se concen­tre­ra sur les 10 % les plus riches. Mais ce chif­frage ne tient pas compte des baisses de dé­penses pu­bliques dé­ci­dées pa­ral­lè­le­ment pour ne pas creu­ser le dé­fi­cit pu­blic. Or, la plu­part de ces baisses de­vraient consis­ter en une di­mi­nu­tion des trans­ferts so­ciaux, comme l’aide per­son­na­li­sée au lo­ge­ment (APL), qui va re­cu­ler de 1,7 mil­liard d’eu­ros en 2018 et en­core de 1,5 mil­liard en 2019.

L’OFCE a donc cal­cu­lé l’im­pact glo­bal qu’au­raient ces baisses d’im­pôts com­bi­nées à une di­mi­nu­tion équi­va­lente des trans­ferts so­ciaux. Le ré­sul­tat est sans ap­pel. Les fa­milles du pre­mier dé­cile sont celles qui de­vraient perdre le plus dans l’affaire ; les 10 % les plus riches se­raient au fi­nal qua­si­ment les seuls gagnants. On ob­jec­te­ra que ce cal­cul est sta­tique et ne tient pas compte de l’ef­fet de « ruis­sel­le­ment » at­ten­du par le gou­ver­ne­ment : les riches de­ve­nus plus riches sont cen­sés in­ves­tir da­van­tage dans l’ap­pa­reil pro­duc­tif, ce qui crée­rait des em­plois et pro­fi­te­rait à terme aux pauvres. Cette théo­rie est ce­pen­dant… très théo­rique. Aux EtatsU­nis, où cette lo­gique est à l’oeuvre constam­ment de­puis main­te­nant qua­rante ans, ce fa­meux ruis­sel­le­ment reste un ruis­seau sec : les riches de­viennent certes tou­jours plus riches, mais les pauvres n’en pro­fitent pas.

Saint-Tro­pez. Les plus riches sont les grands gagnants des me­sures fis­cales d’Em­ma­nuel Ma­cron.

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