Ré­gu­la­tion fi­nan­cière : dix ans après la crise

La ré­gu­la­tion ban­caire et fi­nan­cière a été lar­ge­ment ren­for­cée de­puis la crise de 2008. Pour au­tant, elle est en­core loin d’être par­faite.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Sommaire - CH­RIS­TIAN CHAVAGNEUX

Du­rant les dix an­nées qui ont sui­vi la faillite de la banque amé­ri­caine Leh­man Bro­thers en sep­tembre 2008, les ré­gu­la­teurs de la fi­nance ont mul­ti­plié les ini­tia­tives pour li­mi­ter les risques pris par les banques et pour ac­croître le coût de la spé­cu­la­tion sur les mar­chés.

Du cô­té des banques, la prin­ci­pale me­sure a été de s’as­su­rer qu’en cas de fu­turs dé­ra­pages, ce soient leurs ac­tion­naires qui aient à payer les pots cas­sés. Comment ? En for­çant les éta­blis­se­ments à se fi­nan­cer avec plus de ca­pi­tal, ce qui sert, comme pour n’im­porte quelle autre en­tre­prise, à épon­ger les pertes. Si des pro­grès in­dé­niables ont été réa­li­sés en ce sens, pour de nom­breux spé­cia­listes, le ni­veau de ca­pi­tal at­teint au­jourd’hui par les banques reste in­suf­fi­sant pour ré­pondre à une crise de forte am­pleur. De plus, les grandes banques in­ter­na­tio­nales restent très pré­sentes dans les pa­ra­dis fis­caux et ré­gle­men­taires. Des ter­ri­toires où elles servent leurs clients et elles-mêmes pour échap­per au fisc, mais éga­le­ment pour réa­li­ser des in­ves­tis­se­ments spé­cu­la­tifs de ma­nière opaque.

Du cô­té des mar­chés, les risques sont pris par l’in­ter­mé­diaire des pro­duits dé­ri­vés* dits « de gré à gré », c’est-à-dire échan­gés dans la plus grande opa­ci­té sur qui prend quels risques et à quelle hau­teur. Les ré­gu­la­teurs ont donc engagé un en­semble de me­sures afin de mieux sa­voir qui fait quoi et d’ac­croître le coût des prises de risques ex­ces­sives. La taille des mar­chés de pro­duits ris­qués s’est ef­fec­ti­ve­ment ré­duite. Mais elle reste éle­vée et, du fait d’une mise en oeuvre lente des nou­velles règles, toute l’opa­ci­té n’a pas en­core été le­vée.

La ré­gu­la­tion des banques et de la fi­nance a donc fait des pro­grès no­tables au cours des dix der­nières an­nées. Mais elle reste en­core en des­sous de ce qui se­rait né­ces­saire pour ré­duire plus for­te­ment la pro­ba­bi­li­té d’une pro­chaine crise.

Au Pa­na­ma, comme dans les autres pa­ra­dis fis­caux et ré­gle­men­taires, les grandes banques in­ter­na­tio­nales restent très pré­sentes.

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