Le lent tour­nant des po­li­tiques mo­né­taires

Les banques cen­trales des Etats-Unis et d’Eu­rope ré­duisent leur po­li­tique de sou­tien à l’ac­ti­vi­té. Mais en y al­lant très gra­duel­le­ment.

Alternatives Economiques - Hors-Série - - Sommaire - CH­RIS­TIAN CHAVAGNEUX

Au fur et à me­sure du re­tour de la crois­sance, les banques cen­trales des Etats-Unis et de la zone eu­ro ont dé­ci­dé de ré­duire leur sou­tien à l’ac­ti­vi­té. La Ré­serve fé­dé­rale amé­ri­caine a di­mi­nué ses achats de titres de dettes pu­bliques et d’en­tre­prises pri­vées, po­li­tique dite du

quan­ti­ta­tive ea­sing (QE), entre dé­but 2013 et fin 2014. En juin der­nier, la Banque cen­trale eu­ro­péenne ( BCE) a in­di­qué qu’elle al­lait prendre le même che­min : 30 mil­liards d’eu­ros d’achats de titres par mois jus­qu’en sep­tembre, puis 15 mil­liards par mois pen­dant le der­nier tri­mestre et zé­ro à par­tir de jan­vier 2019.

Pour au­tant, ce­la ne marque pas com­plè­te­ment la fin du QE. Les deux banques cen­trales dé- tiennent pour plus de 4 000 mil­liards de dol­lars et d’eu­ros de titres fi­nan­ciers dont les in­té­rêts lui sont payés et le ca­pi­tal rem­bour­sé au fur et à me­sure que tombent les échéances. La banque cen­trale amé­ri­caine a ré­in­ves­ti à chaque fois ces mon­tants jus­qu’en oc­tobre 2017, ne com­men­çant à vé­ri­ta­ble­ment ré­duire le vo­lume des titres qu’elle dé­tient qu’à par­tir de cette date. La BCE conti­nue­ra de son cô­té à réin­ves­tir chaque mois les mon­tants tou­chés, en­vi­ron 17 mil­liards d’eu­ros, et n’a pas en­core in­di­qué quand elle ar­rê­te­rait.

En­fin, en plus de ré­duire la quan­ti­té d’ar­gent ap­por­tée à l’éco­no­mie par leurs achats ou ré­in­ves­tis­se­ments, les deux banques cen­trales ont dé­ci­dé d’en aug­men­ter le coût par une re­mon­tée de leur taux d’in­té­rêt di­rec­teur*. Mais elles ont pris leur temps pour le faire. Elles prennent le soin d’an­non­cer à l’avance leurs dé­ci­sions, ce que les éco­no­mistes nomment po­li­tique de

for­ward gui­dance, de « guide pour le fu­tur ». La banque cen­trale amé­ri­caine a com­men­cé ses hausses en dé­cembre 2015 et s’y at­telle très pro­gres­si­ve­ment ; la BCE a in­di­qué qu’elle ne com­men­ce­rait le mou­ve­ment au plus tôt qu’après l’été 2019.

Sor­tie pro­gres­sive du QE, re­mon­tée me­su­rée des taux, les banques cen­trales changent pru­dem­ment de cap pour désha­bi­tuer pro­gres­si­ve­ment les éco­no­mies de leur sou­tien.

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