Smi­ley ! Au­di R8 Spy­der

Apollo Magazine - - Sommaire - TEXTE : Da­vid Lam­bo­ley. PHOTOS : Au­di

Elle est ca­pable de per­for­mances étour­dis­santes à ciel ou­vert, mé­ta­mor­phose chaque pro­me­nade en voyage dans l’hy­per-es­pace et fait cra­quer les cer­vi­cales de son conduc­teur. Elle, c’est la nou­velle Au­di R8 Spy­der, une des voi­tures dé­cou­vrables les plus per­for­mantes de la pla­nète. Rien que ça…

eEn dé­cap­su­lant sa R8, Au­di res­pecte la règle qui pré­va­lait avec le pré­cé­dent Spy­der pré­sen­té en 2009. Le but de la ma­noeuvre, rendre en­core plus ex­clu­sive la ta­len­tueuse GT, re­nou­ve­lée il y a pile un an. Tous les bou­ton­neux en cu­lottes courtes connaissent l’au­di R8 comme étant la seule à pou­voir se his­ser au ni­veau de la ré­fé­rence, la Porsche 911. Cette ver­sion Spy­der pousse d’ailleurs la res­sem­blance tech­no­lo­gique en af­fi­chant la même puis­sance que la 911 Tur­bo Ca­brio­let (540che­vaux), une trans­mis­sion in­té­grale, une boîte à double em­brayage, le tout dans un co­con luxueux et sur­équi­pé, tout comme chez la cou­sine Porsche. Mais la R8 Spy­der ne se ré­sume pas à une en­ne­mie nu­mé­ro 1. Sa per­son­na­li­té, son phy­sique af­fo­lant de top mo­del et ses ap­ti­tudes dy­na­miques en font un must in­con­tour­nable. Cô­té style tout d’abord, c’est un mis­sile, un avion de chasse. Elle en re­prend d’ailleurs quelques gim­micks: écopes en tous genres, prises d’air, ex­trac­teurs, il faut que le 10 cy­lindres res­pire ! Le long ca­pot ar­rière, qui fait of­fice de couvre-ca­pote, est ac­tion­nable jus­qu’à 50 km/h. Le bal­let mé­ca­nique vaut son pe­sant de bou­lons. C’est beau à voir, tou­chant à écou­ter lorsque tous les mo­teurs élec­triques dé­marrent, émou­vant en pen­sant au casse-tête des in­gé­nieurs pour at­teindre une telle per­fec­tion acro­ba­tique.

GRAND ÉCART

L’ha­bi­tacle n’est pas en reste puisque l’on na­vigue dans les eaux ter­ri­to­riales de la per­fec­tion. Er­go­no­mique tout d’abord, avec une po­si­tion de conduite au top et un écran géant per­son­na­li­sable – le vir­tual cock­pit – qui rem­place les comp­teurs sur les­quels peuvent s’af­fi­cher plé­thore d’in­for­ma­tions, y com­pris la carte de na­vi­ga­tion en 3D. En termes de qua­li­té éga­le­ment, avec des ma­té­riaux et une fi­ni­tion dignes des li­mou­sines de la marque. Il fal­lait au moins ça pour se battre avec Porsche, qui ne prête pas flanc à la cri­tique sur ces su­jets là. D’ailleurs, c’est amu­sant, Au­di se targue d’avoir réus­si à faire ve­nir quelques «por­schistes » pour leur faire si­gner un bon de com­mande. Il ne pré­cise pas en re­vanche s’il s’agis­sait d’échan­ger sim­ple­ment la 911 contre une R8 ou de com­plé­ter la col­lec­tion… Bref, la R8 Spy­der est une voi­ture éli­tiste, c’est vrai. Mais

le vul­gum pe­cus l’ac­cepte plus vo­lon­tiers près de ses pla­tes­bandes qu’une Fer­ra­ri. Car Fer­ra­ri ne pro­pose pas des ci­ta­dines à 18 000 eu­ros. Au­di, si. Alors for­cé­ment, ça rap­proche du pu­blic. La marque aux an­neaux, gé­né­ra­liste, réus­sit comme au­cun ce grand écart. La R8 Spy­der est une voi­ture d’image, une lo­co­mo­tive pour la marque, ou plu­tôt un TGV…

ORGASMIQUE

Dans le jar­gon des «cais­seux», on ap­pelle ça une pompe à feu. Les chiffres an­non­cés piquent les yeux : 0 à 100 km/h en 3,6 se­condes et 318km/h. Dif­fi­cile à croire, et pour­tant dans la plu­part des cas elle ne ser­vi­ra que de faire-va­loir à son maître mon­té trop fin pour une telle prise. Alors qu’elle ne donne qu’une en­vie, s’en­voyer en l’air avec elle ! Ju­gez plu­tôt : coque en car­bone et alu­mi­nium, une tech­no­lo­gie der­nier cri à fleur de peau et V10 en po­si­tion cen­trale ar­rière. Ce mo­teur, c’est le bi­jou ab­so­lu, un bloc at­mo­sphé­rique – pas de tur­bo pour lui souf­fler dans les bronches, donc – ca­pable de hur­ler jus­qu’à 8 700 tours, avec des ac­cents de mo­teur de course. L’in­té­rêt de cette ver­sion dé­cou­verte, c’est jus­te­ment d’être aux pre­mières loges pour le concert. Je ne sau­rais trop vous con­seiller les routes de mon­tagnes aux pa­rois af­fleu­rantes pour un ef­fet acous­tique sai­sis­sant. 8000… 8400… 8700, im­pul­sion sur la pa­lette de droite, le rap­port de boîte claque ins­tan­ta­né­ment et ça re­part comme sur un grand 8, ef­fet jeu vi­déo ga­ran­ti. Une courbe ser­rée, je saute sur les freins – car­bone-cé­ra­mique en op­tion sur notre mo­dèle d’es­sai – en des­cen­dant deux rap­ports, l’échap­pe­ment crache et pé­ta­rade comme un sport-pro­to des 24 Heures du Mans. On re­met les gaz bien avant la fin de la courbe, oh grands Dieux! Mais ce n’est pas du pi­lo­tage, c’est de l’in­cons­cience! Pas d’af­fo­le­ment, c’est jus­te­ment un des nom­breux atouts de cette R8 Spy­der, un châs­sis bluf­fant d’ef­fi­ca­ci­té ma­niant avec dex­té­ri­té aides élec­tro­niques et trans­fert de couple entre les deux es­sieux, ma­gie de la trans­mis­sion in­té­grale «in­tel­li­gente» dont Au­di est un des pré­cur­seurs. La R8 Spy­der sait par­don­ner les er­reurs et s’avère presque fa­cile à la li­mite, mais ce­la ne si­gni­fie pas « carte blanche » pour les dé­bu­tants. Une telle ca­va­le­rie, ça se mé­rite! Après une cen­taine de ki­lo­mètres à ce rythme, dif­fi­cile de quit­ter ce ric­tus ri­di­cule qui me fait res­sem­bler à un smi­ley, le bru­shing ato­mi­sé (spé­ciale dé­di­cace à mon coif­feur Fran­çois B.) et une saine fa­tigue com­men­çant à poindre. Orgasmique, la R8 Spy­der ? As­su­ré­ment !

La courte ca­pote en toile dis­pa­raît to­ta­le­ment dans le lo­ge­ment pré­vu à cet ef­fet. La ma­ni­pu­la­tion ne dure que quelques se­condes, jus­qu’à 50 km/h.

Un mis­sile à ciel ou­vert : 318 km/h en vi­tesse de pointe et un 0 à 100 km/h exé­cu­té en

3,6 se­condes.

C’est votre coif­feur qui va être content…

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