AVEC JAKE,

Apollo Magazine - - Célébrité -

Ed­ward Shef­field et l’autre, To­ny Has­tings, est le pro­ta­go­niste de l’his­toire écrite par Ed­ward. Une double per­for­mance re­mar­quable et ma­gis­trale. Vio­lente et hu­maine. On est se­coué dans les bas­fonds de notre âme. Ins­tan­ta­né­ment, on s’iden­ti­fie aux affres de la peur, la jalousie, l’an­goisse, la si­dé­ra­tion, le sen­ti­ment d’im­puis­sance bou­le­ver­sante, qui tra­versent To­ny et Ed­ward. Jake Gyl­len­haal a cette ca­pa­ci­té sub­tile à unir re­te­nue et ex­plo­sion des sen­ti­ments. Il dit tout dans ses si­lences. Et, en une frac­tion de se­conde, il nous em­barque dans la peur, la haine, la ven­geance, le déses­poir. Ses larmes sont les nôtres. Ses hur­le­ments de dou­leur nous ap­par­tiennent. Ses sou­rires nous re­donnent cou­rage et foi.

L’en­fance est là. Avoir un père réa­li­sa­teur et une mère scé­na­riste lui a sû­re­ment don­né l’en­vie de de­ve­nir ac­teur. Mais son ta­lent est in­né. Sa li­ber­té est in­trin­sèque à sa per­son­na­li­té. Jake passe sur la toile, et on le voit. Parce qu’il sait tou­cher notre sen­si­bi­li­té. Quand il pleure, c’est un dé­chi­re­ment in­té­rieur que l’on res­sent. Dans Nocturnal Animals, quand To­ny ou Ed­ward san­glotent leur cha­grin in­com­men­su­rable, on est dé­vas­té. Quand Su­san mé­prise le tra­vail d’écri­vain d’ed­ward, on se sent pro­fon­dé­ment re­je­té, tra­hi, aban-

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