L’autre Le­fau­cheux

Le fu­sil modèle 1875/ 1876 du père de l’ar­mu­re­rie mo­derne

Armes de Chasse - - Le Coin Du Collectionneur -

Le­fau­cheux… Le nom peut-être le plus cé­lèbre de l’ar­mu­re­rie fran­çaise, ce­lui d’un père et d’un fils, les in­ven­teurs du fu­sil bas­cu­lant, puis à broche. Mais ces deux fon­da­teurs de l’arme de chasse mo­derne sont éga­le­ment les créa­teurs de fu­sils in­croyables et pour le moins ori­gi­naux.

Dans le Who’s Who des ar­que­bu­siers fran­çais, le nom de Le­fau­cheux oc­cupe une place pré­pon­dé­rante. Nous avons évo­qué l’oeuvre du chef de file de la li­gnée, Ca­si­mir Le­fau­cheux, dans un pré­cé­dent nu­mé­ro (Armes de Chasse n° 41, 2e tri­mestre 2011). Ce­lui- ci a fait ac­com­plir une pro­gres­sion consi­dé­rable à l’arme de chasse, par­tant du fu­sil au sys­tème Pau­ly pour ar­ri­ver au fu­sil à bri­sure, c’est-à-dire s’ou­vrant par bas­cu­lage bien qu’à mise à feu par amorce sur che­mi­née. Le prin­cipe dit à pis­ton. C’était dé­jà un grand bond en avant dans le sys­tème d’ar­me­ment. Mais c’est le fils de Ca­si­mir, Eu­gè­neGa­briel, qui va être le plus pro­li­fique en ma­tière de nou­veau­tés, tant en fu­sils qu’en types de mu­ni­tions. Moins connus sont ses mo dèles 1875, re­vus en 1876, du pre­mier et du deuxième type, des fu­sils de chasse à per­cus­sion cen­trale et non plus à broche.

De vraies créa­tions fran­çaises

Il s’agit d’un sys­tème tout à fait nou­veau dont la sil­houette ne rap­pelle en rien l’ar­me­ment clas­sique fran­çais, au point que les fu­sils sont main­te­nant sou­vent at­tri­bués à l’ar­que­bu­sier Dreysse. Or ce sont bien de vrais Le­fau­cheux. Sans doute y eut- il une ins­pi­ra­tion du modèle 1830 de Dreysse à in­flam­ma­tion à ai­guille (cf. Armes de Chasse n° 40, 1er tri­mestre 2011), mais au­cun pla­giat. Non, il s’agit là d’au­then­tiques créa­tions, dont le bre­vet a été dé­po­sé le 13 mars 1875 et ac­cep­té le 5 juillet sui­vant. D’em­blée, on re­marque que le sys­tème d’ou­ver­ture dif­fère du Dreysse à ai­guille. Sur ce der­nier, le ca­non cou­lisse vers l’avant pour le char­ge­ment alors que ces Le­fau­cheux bé­né­fi­cient de l’ou­ver­ture par bas­cu­lage au­tour d’un axe char­nière. Un prin­cipe des plus pra­tiques adop­té dès 1818 par Ca­si­mir Le­fau­cheux, ici re­pris par son fils Eu­gène et que l’on trouve en­core au­jourd’hui et cer­tai­ne­ment pour long­temps en­core. Une autre par­ti­cu­la­ri­té at­tire l’at­ten­tion : l’axe char­nière est com­plè­te­ment noyé dans le corps avant de la bas­cule, n’ap­pa­rais­sant pas à l’ex­té­rieur de l’arme, in­té­gra­le­ment cou­vert et ca­ché par les joues avant de la crosse. Les deux têtes de vis lo­gées dans leur ré­cep­tacle en lai­ton ne sont là que pour te­nir en place l’avant de la crosse et ne concernent en rien l’axe char­nière qui, lui, est plus en avant de quelque 25 mm. L’ou­ver­ture est com­man­dée par un le­vier courbe à l’avant du pon­tet qui épouse une par­tie de ce der­nier et se ter­mine en spa­tule ou en dif­fé­rentes vo­lutes se­lon les ate­liers de fa­bri­ca­tion et les goûts du client. A la fer­me­ture du fu­sil, une lame ti­roir axée sur le haut du le­vier d’ou­ver­ture vient se prendre dans les cro­chets du ca­non. C’est là un ex­cellent ver­rouillage qui, maintes fois re­vu et mo­di­fié, va équi­per des mil­liers de fu­sils de chasse de toutes ori­gines. Le mé­ca­nisme de per­cus­sion est des plus ori­gi­naux, puisque que, contrai-

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