John Moses Browning

Une vie et des oeuvres de lé­gende

Armes de Chasse - - Saga -

Son nom est ins­crit au pan­théon de l’ar­mu­re­rie mon­diale. Il a in­ven­té près de 80 armes, dé­po­sé 128 bre­vets et ra­di­ca­le­ment chan­gé l’his­toire des armes de chasse. John Moses Browning s’est éteint il y a 90 ans alors qu’il met­tait la touche fi­nale au fu­sil qui al­lait lui as­su­rer la pos­té­ri­té : le B25.

Le 26 no­vembre 1926 s’étei­gnait l’un des plus grands gé­nies de l’ar­mu­re­rie : John Moses Browning. Cet Amé­ri­cain est mort dans son bu­reau belge de Hers­tal, au siège de la FN, lors de son 61e voyage en Bel­gique. Avec son fils Val Al­len, il pro­cé­dait alors aux der­nières mo­di­fi­ca­tions de l’une de ses plus belles créa­tions, celle qui al­lait lui ap­por­ter la pos­té­ri­té pour l’éter­ni­té : le B25. Un fu­sil su­per­po­sé qui a chan­gé l’his­toire de l’ar­mu­re­rie cy­né­gé­tique et qui, plus en­core que l’Au­to 5, autre de ses in­ven­tions, al­lait construire le mythe Browning.

Armurier et mor­mon

John Moses Browning est né entre le 21 et le 23 jan­vier 1855 à Og­den, dans l’Etat de l’Utah. As­sez tôt s’im­pose le constat que John n’est pas fait pour l’école. Il ne s’y dis­tingue pas si ce n’est par son manque d’as­si­dui­té. Le centre de ses in­té­rêts, c’est l’ar­mu­re­rie et l’ate­lier fa­mi­lial, où il passe le plus clair de son temps et fait très vite preuve d’un es­prit pra­tique et d’une grande dex­té­ri­té. Car son père, Jo­na­than, est armurier. Il est aus­si le juge de paix de la bour­gade et membre de l’Église de Jé­sus-Ch­rist des saints des der­niers jours. Au­tre­ment dit, il est mor­mon. Et, comme beau­coup de mor­mons, il a dû fuir Nau­voo, dans l’Il­li­nois, la ville créée par Jo­seph Smith, le fon­da­teur de l’église mor­mone, où Jo­na­than s’était im­plan­té et oeu­vrait dé­jà comme armurier. En ef­fet, en 1844, Smith est tué par des ma­ni­fes­tants ve­nus as­saillir la pri­son de Car­thage (Il­li­nois) où il était dé­te­nu pour troubles à l’ordre pu­blic. Com­mence alors une vague de per­sé­cu­tions en­vers les mor­mons qui doivent fuir la ville, la ré­gion et même l’Etat. Jo­na­than Browning est de ceux-là. Vers 1847, au terme d’un long exode et de nom­breux mois d’iti­né­rance, il s’ins­talle avec sa fa­mille non loin de Salt Lake Ci­ty, fon­dée par des pionniers mor­mons. En 1852, on re­trouve sa trace quelques ki­lo­mètres plus loin, à Og­den. C’est là qu’il vi­vra avec ses trois femmes et ses 22 en­fants, dont John Moses né trois ans après l’ar­ri­vée à Og­den. Jo­na­than a ou­vert une nou­velle ar­mu­re­rie où il fait sur­tout des ré­pa­ra­tions, mais pas seule­ment puisque lui aus­si est un in­ven­teur. Il a dé­po­sé plu­sieurs bre­vets pour des armes in­no­vantes, comme une ca­ra­bine à ba­rillet et une autre à char­geur la­té­ral de type har­mo­ni­ca. Les gènes sont là, nul be­soin d’al­ler cher­cher très loin l’es­prit no­va­teur de John Moses. Dans l’ate­lier fa­mi­lial, le fils ap­prend sur le tas, en ex­pé­ri­men­tant lui-même le plus sou­vent. C’est un vé­ri­table au­to­di­dacte qui pos­sède un es­prit créa­tif et sur­tout une grosse ca­pa­ci­té de tra- vail. Deux qua­li­tés qui res­te­ront siennes tout au long de sa longue car­rière. D’ailleurs, par hu­mi­li­té et pour faire taire ceux qui, à rai­son, crie­ront au gé­nie en sa pré­sence, il di­ra plus tard que son ta­lent se ré­sume à « une goutte de gé­nie dans un ton­neau de trans­pi­ra­tion » . Néan­moins, le gé­nie est là très tôt puis­qu’en 1868 John Moses, qui n’a en­core que 13 ans, fa­brique sa pre­mière arme à feu. Dans les an­nées 1870, John Moses re­prend les rênes de l’ar­mu­re­rie avec deux de ses frères, Mat­thew et Ed. En­semble ils fondent la so­cié­té John Moses Browning & Bros et ouvrent, en 1878, un ma­ga­sin de pièces dé­ta­chées en plus de leur ate­lier où ils ré­parent des armes de toute sorte. John a 23 ans et son père 72. A la même époque, le jeune homme in­vente sa pre­mière arme, qu’il pro­tège par un bre­vet, le pre­mier d’une longue sé­rie de 128. Il s’agit d’une ca­ra­bine à un coup, à bloc tom­bant, qui se charge donc par la chambre et non par la bouche du ca­non. Les trois frères dé­cident de la fa­bri­quer seuls. Pour ce faire, ils dotent leur gi­gan­tesque ate­lier d’une ma­chine à va­peur, un in­ves­tis­se­ment consé­quent mais à la pointe du pro­grès. Ils mettent trois mois à pro­duire leurs vingt-six pre­mières ca­ra­bines, aus­si­tôt pro­po­sées à la vente. Toutes par­ti­ront en une se­maine et rap­por­te­ront 500 dol­lars. Dès lors, la ré­pu­ta­tion des frères Browning et celle sur­tout de John Moses va croître de fa­çon ga­lo­pante. Les deux an­nées sui­vantes, le trio conti­nue à ré­pa­rer des armes et

Les frères Browning concentrés sur un de leurs pro­jets, John Moses est le deuxième à gauche.

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