Les armes de chasse in­so­lites ano­nymes

Du gé­nie igno­ré à la bi­douille à ou­blier

Armes de Chasse - - Sommaire - Texte et photos Jean-Claude Mour­ne­tas

Du gé­nie igno­ré à la bi­douille à ou­blier (1re par­tie)

Com­plexes, éton­nantes, étranges même… Les armes que nous al­lons vous faire dé­cou­vrir sont toutes in­so­lites et ano­nymes, mais n’ont pas toutes le même in­té­rêt pour le col­lec­tion­neur ni pour le chas­seur. Cer­taines sont gé­niales et belles alors que d’autres sont laides, peu pra­tiques, voire peu sé­cu­ri­santes. Vi­si­tez notre pe­tite ga­le­rie de l’étrange…

Dans cette ru­brique, nous évo­quons d’or­di­naire de belles armes de chas se, is­sues des mains et de l’es­prit fer­tile d’ar­que­bu­siers cé­lèbres, qui font au­jourd’hui le bon­heur des col­lec­tion­neurs ayant la chance de les pos­sé­der. Mais, dans leur quête de pièces par­ti­cu­lières, ces der­niers sont par­fois ame­nés à dé­cou­vrir des « oi­seaux ra res » in­édits et in­clas­sables. En ef­fet, le do­maine de l’ar­me­ment a tou­jours fait l’ob­jet de recherches, tant de la part d’ar­mu­riers en titre que de par­ti­cu­liers pro­fanes mais fort mo­ti­vés. Si la créativité n’étonne guère de la part des pre­miers, elle sur­prend da­van­tage dans le cas des se­conds. Pour­tant, cer­tains de ces « ama­teurs » firent des ex­ploits. Nous l’avons vu par exemple avec Lange de Beau­jour, dra­pier de son état (cf. Armes de Chasse n° 58, 3e tri­mestre 2015) et, plus ré­cem­ment, Georges Bret­ton, enseignant (cf. notre hors­sé­rie n°8, 2016), en pas­sant par Ber­thier, agent des Che­mins de fer al­gé­riens, qui don­na à la France le cé­lèbre mous­que­ton por­tant son nom. Mais, à cô­té de ces cas res­tés fa­meux, com­bien de bri­co­leurs far­fe­lus se son­tils re­trou­vés en po­si­tion dé­li­cate lors de l’es­sai de quelque pé­toire de leur cru ? Qu’elles soient clas­sables à la lettre B, pour Bi­douilles, ou G, pour Gé­niales, toutes ces pièces rares, sou­vent uniques, pré­sentent un in­té­rêt in­dé­niable pour le col­lec­tion­neur, si ce n’est le chas­seur. Nous al­lons en exa­mi­ner quelques exem­plaires mar­quants, sans te­nir compte de cri­tères de va­leur mar­chande ou tech­nique et sans suivre d’ordre chro­no­lo­gique. Soit une ba­lade im­pro­vi­sée et libre dans une ga­le­rie de l’étrange !

Sans pon­tet ni dé­tentes

Dans les an­nées 1830, l’ar­que­bu­sier sté­pha­nois Pillon pré­sen­tait une ca­ra­bine de sa créa­tion très par­ti­cu­lière : sans pon­tet ni dé­tente ap­pa­rents. La per­cus­sion s’ef­fec­tuait par pres­sion du pouce sur le des­sus de la poi­gnée. Se­lon toute vrai­sem­blance, ce prin­cipe a ins­pi­ré un ar­que­bu­sier ano­nyme pour la créa­tion d’un pro­to­type de jux­ta­po­sé ham­mer­less bien sin­gu­lier. Ce fu­sil, dont les photos illus­trent cette double page, pré­sente en ef­fet le même as­pect que le Pillon : pas de pon­tet et pas de dé­tentes ex­té­rieurs. Par contre, à l’ar­rière des co­quilles, deux bou­tons font saillie de part et d’autre. Ce sont là les dé­clen­cheurs ma­nuels de per­cus­sion. Mais si, sur le Pillon, le dé­clen­che­ment est très pra­tique, ici, c’est ab­so­lu­ment l’in­verse. La poi­gnée étant sai­sie à pleine main, l’in­dex se po­si­tionne dé­jà mal­ai­sé­ment sur le dé­clen­cheur de droite. Quant au coup gauche, le pouce ne peut al­ler l’at­teindre qu’en che­vau­chant la poi­gnée et donc en mas­quant to­ta­le­ment la vi­sée. Une autre pos­si­bi­li­té peut être de te­nir le fu­sil en po­sant la poi­gnée à plat dans la paume de la main, c’est alors le pouce qui agit sur le pous­soir de droite alors que l’in­dex ou le ma­jeur se hisse jus­qu’au pous­soir de gauche. Mais, à mi­mer le geste, on se rend compte qu’il est tout aus­si mal­ai­sé pour poin­ter un gi­bier en mou­ve­ment. Tout au­tant d’ailleurs que de te­nir l’arme fer­me­ment pour com­pen­ser le re­cul. Plus grave en­core : ces bou­tons en saillie, sans au­cune pro­tec­tion, sont à la mer­ci de tous les heurts en mi­lieux brous­sailleux et donc de tirs in­tem­pes­tifs – alors que le dé­clen­cheur du Pillon est lo­gé dans un tun­nel pro­tec­teur sur le haut de la poi­gnée. En ré­su­mé, nous avons là une confi­gu­ra­tion au­cu­ne­ment pra­tique et dan­ge­reuse. Pour au­tant, le sys­tème de per­cus­sion est très bon, avec des per­cu­teurs iden­tiques à ceux du cé­lèbre Idéal. Ils sont lo­gés dans des mor­taises taillées dans le corps avant de la cu­lasse, sous les ca­nons, où ils sont ap­pa­rents du fait de l’ab­sence de table, ce qui per­met un ac­cès di­rect pour l’en­tre­tien.

Un so­lide ver­rouillage

L’ar­me­ment se fait au­to­ma­ti­que­ment par trac­tion sous l’ef­fet du grand le­vier d’ouverture. Ce le­vier est en grande par­tie en­cas­tré dans le ren­fort qui pro­longe la tête de cu­lasse sur le haut de la poi­gnée. Il se ter­mine sur l’ar­rière par une par­tie émer­gente en forme de cro­chet ou­vert, sur le­quel vient se lo­ger l’in­dex pour sou­le­ver et ra­me­ner le le­vier vers l’avant. Dans ce mou­ve­ment, outre l’ar­me­ment des per­cu­teurs, se trouve en­traî­né un fort ver­rou qui cou­lisse sous le rem­part de cu­lasse et vient se prendre dans les cro­chets du ca­non. C’est là un ver­rouillage so­lide et fiable. Dis­si­mu­lé sous le cro­chet, émer­geant de la poi­gnée, ap­pa­raît un pe­tit bou­ton qui peut jouer en va-et-vient : il s’agit d’un bou­ton de sû­re­té per­met­tant le blo­cage du sys­tème de per­cus­sion. Les ca­nons sont en da­mas simple, à lame ru­ba­née en­rou­lée sur une che­mise, don­nant ce que l’on ap­pe­lait alors des ca­nons tor­dus ou ca­nons rou­lés. Après en­rou­le­ment au­tour de la che­mise, ils étaient sou­dés par mar­te­lage à la forge, ce qui leur don-

nait leur as­pect si par­ti­cu­lier. Cette tech­nique s’étein­dra à la fin du XIXe siècle. Mais, pour notre fu­sil ano­nyme, il semble que la ca­non­ne­rie soit an­té­rieure à la concep­tion de l’arme. Clas­si­que­ment, il s’agit d’un ca­libre 16, avec une lon­gueur de tubes de 70 cm. Les cro­chets sont rap­por­tés et sou­dés par bra­sure au cuivre, comme la bande.

Arme unique née sous X

La mon­ture est en noyer d’une qua­li­té com­mune. La crosse est an­glaise (à poi­gnée droite) avec d’ori­gine un qua­drillage large peu es­thé­tique, mais qui, grâce à l’in­ter­ven­tion de mains ta­len­tueuses, a bien été amé­lio­ré de­puis. Les ren­forts de poi­gnée de crosse sont do­tés d’éva­se­ments la­té­raux sup­por­tant les têtes de vis de main­tien. Leur forme n’est pas sans rap­pe­ler la « tête d’as­pic » que l’on ren­contre sur l’Idéal – plus pré­ci­sé­ment ce­lui à crosse équi­pée de ren­forts la­té­raux. Les pe­tites co­quilles, rondes elles aus­si, rap­pellent cette sil­houette. La plaque de couche en fer est quant à elle des plus or­di­naires. Rien ne per­met d’at­tri­buer une pa­ter­ni­té à ce fu­sil. Pas le moindre mar­qua ge, pas même un poin­çon d’épreuve. L’exemple même du pro­to­type ano­nyme ! De toute évi­dence un mo­dèle unique au vu du cô­té mal pra­tique du dé­clen­che­ment de tir. Il au­rait suf­fit d’une mu­ta­tion du dé­clen­cheur gauche vers le cô­té droit (ce qui était tech­ni­que­ment pos­sible par ren­voi) pour rendre l’arme plus ai­sée d’uti­li­sa­tion. Avec un lé­ger en­cas­tre­ment des têtes pour pal­lier l’in­sé­cu­ri­té. On au­rait alors été proche de l’Ac­tion­less belge (cf. Armes de Chasse n° 23, 4e tri­mestre 2006). Ce mys­té­rieux ano­nyme n’est tou­te­fois pas sans rap­pe­ler les pre­mières pro­duc­tions de la Ma­nu­fac­ture d’armes de chasse et de tir de SaintE­tienne (la fu­ture Ma­nu­france) fon­dée par Pierre Bla­chon et Étienne Mi­mart lors­qu’ils re­prirent l’ar­que­bu­se­rie Mar­ti­nier-Col­lin, en 1885. Ce pour­rait-il qu’il s’agisse d’une re­cherche de Pierre Bla­chon ? Ou, plus vrai­sem­bla­ble­ment, de l’un de ses col­la­bo­ra­teurs ? La pé­riode char­nière de 1900 fut en ef­fet riche en recherches de leur part. Té­moin, le Rus­tic de 1904, qui lui aus­si fut un échec. Au fi­nal, nous avons là un ra­té pour la chasse mais une pièce ce col­lec­tion cu­rieuse et at­trayante.

De la ré­cup’ haut de gamme

Comme nous l’évo­quions à propos des ca­nar­dières (cf. Armes de Chasse

n° 45, 2e tri­mestre 2012), beau­coup d’armes de chasse furent bri­co­lées à par­tir de pièces d’armes ré­gle­men­taires ré­cu­pé­rées. Ce­la est en par­tie le cas avec le deuxième spé­ci­men de notre ex­plo­ra­tion (dont les photos illus­trent cette se­conde double page), une créa­tion pure de par son sys­tème inédit, mais dont quelques pièces is­sues de fu­sils ci­vils ont été réuti­li­sées, en par­ti­cu­lier les ca­nons qui, bien qu’en bon état, ont d’évi­dence fait beau­coup d’usa ge, alors que l’arme est à l’état neuf. Ces ca­nons sont ronds avec une ter­mi­nai­son en bloc car­ré au ton­nerre. A l’exa­men, il ap­pa­raît qu’ils étaient is­sus d’un fu­sil à si­lex ; les bou­chons de cu­lasse ont été dé­vis­sés et le ton­nerre écour­té pour faire dis­pa­raître le fi­le­tage ori­gi­nel. Mal­gré ce­la, les tubes me­surent en­core 81 cm. Avec un dia­mètre de 15,4 mm, nous sommes en pré­sence d’un hy­bride qui se si­tue entre le ca­libre 20 et le 24. Il est vrai que le ca­libre 22 a bien exis­té

à par­tir de la fin du XVIIIe siècle et par la suite. Une loi d’Em­pire exi­geait un écart d’un mil­li­mètre pour les ca­libres entre les « armes bour­geoises » et les « ré­gle­men­taires ». Or le fu­sil et le pis­to­let ré­gle­men­taires étaient res­pec­ti­ve­ment de 16 et 20 balles à la livre. Notre fu­sil est donc en confor­mi­té avec la loi de son époque. L’arme ne com­porte au­cun mar­quage d’iden­ti­fi­ca­tion, mais ses ca­nons ont conser­vé deux poin­çons pré­cieux pour leur da­ta­tion. Un pre­mier consiste en un « ILC » dans un ovale, ni plus ni moins le poin­çon de l’un des grands ca­non­niers de la cé­lèbre fa mille Le­clerc, en l’oc­cur­rence Jean-Ni­co­las Le­clerc qui fut nom­mé maître ca­non­nier à Pa­ris le 4 juin 1756 et re­çut le titre de « ca­non­nier du Roy » en 1782. On le trouve en­core ac­tif en 1788. Le se­cond poin­çon est moins bien conser­vé et plus dif­fi­ci­le­ment dé­chif­frable : deux palmes dans un ovale en­ca­drées par des lettres qui pour­raient être J et O. Il pour­rait s’agir de l’un des Of­frey. De fait, il y a deux Jean-Bap­tiste et un Jac ques ar­que­bu­siers de cette fa­mille dans cette four­chette de temps, entre la fin du XVIIIe siècle et le dé­but du XIXe. Les ca­nons sont sim­ple­ment em­boî­tés dans une mor­taise de la cu­lasse et te­nus en place par une gou­pille plate dans l’avant­main mé­tal­lique, se­lon le mon­tage ty­pique « à ti­roir » des fu­sils de chasse tant à si­lex qu’à pis­ton du dé­but du XIXe siècle – mon­tage dit à ca­nons

fixes. La mise en bois et les gar­ni­tures nous ra­mènent quant à elles à des temps plus ré­cents. La crosse et la plaque de couche sont is­sues du fu­sil Chas­se­pot de 1866. La vis­se­rie a la même ori­gine. Ce qui frappe d’em­blée dans ce fu­sil est son as­pect ex­té­rieur. La cu­lasse, le corps ar­rière et le garde-main sont mo­no­bloc. Il s’agit en fait d’un bloc de bronze cou­lé puis usi­né à la main sur le­quel on re­trouve en­core les traces de bu­rin et de lime. Ce mon­tage évoque im­mé­dia­te­ment le Mou­lardDu­four du se­cond type bre­ve­té le 29 no­vembre 1816 (cf. Armes de Chasse

n° 29, 2e tri­mestre 2008). Avec, ici en­core, une par­ti­cu­la­ri­té : le bronze a une cou­leur ro­sée bien spé­ci­fique, ca­rac­té­ris­tique d’un épi­sode de l’his­toire ré­vo­lu­tion­naire. En 1793, la ca­rence en mé­taux (en par­ti­cu­lier les plus nobles) en­traî­nait la ré­qui­si­tion de tous les mé­taux non fer­reux. A Tulle, par acte de juin 1793, les mai­sons des par­ti­cu­liers se virent dé­pouillées de tout leur zinc. De même, quan­ti­té d’ob­jets domes- tiques en cuivre ou lai­ton furent confis­qués. Et sur­tout les cloches des églises et des ca­thé­drales furent en­le­vées pour être fon­dues pour l’ar­me­ment. Voi­là comment cer­taines armes ré­gle­men­taires se re­trou­vèrent avec des gar­ni­tures en bronze à la teinte oran­gée bien re­con­nais­sable, en par­ti­cu­lier celles is­sues de Tulle et Châ­tel­le­rault. Comme tou­jours en pa­reil cas, mal­gré les risques, une part de ce mé­tal fut dé­ro­bée, comme en fit men­tion le Co­mi­té de Sa­lut pu­blic :

« Ces gens [les ou­vriers ar­mu­riers] ont usé d’ex­pé­dients, par exemple, confec­tion­ner des armes de chasse, des pis­to­lets, pour ne pas voir leur fa­mille mou­rir de faim. » . Ce mé­tal dé­ro­bé se re­trou­va donc sur des gar­ni­tures (pontets, plaques de couche, pas­sants de ba­guette) de fu­sils de chasse de grande qua­li­té. Fa­ta­le­ment, il y eut ré­pres­sion et, le 4 fé­vrier 1794, le sieur Du­pin, ad joint du mi­nistre de la Guerre, met­tait en de­meure la Ma­nu­fac­ture de lui si­gna­ler l’uti­li­sa­tion des « cloches

en­voyées dans les fon­de­ries » . Nombre de gueuses ( masses de fonte brute) furent dis­si­mu­lées et firent l’ob­jet d’uti­li­sa­tions bien plus tar­dives. C’est ce que nous re­trou­vons sur notre pro­to­type avec sa teinte ro­sée ca­rac­té­ris­tique. Dans cet énorme bloc de cu­lasse sont em­boî­tés les ca­nons qui re­posent dans le ber­ceau du de­vant et y sont main­te­nus par une cla­vette tra­ver­sière en fer, comme nous ve­nons de le voir. Les pla­tines à corps plat sont du type ar­rière et en­châs­sées dans le bronze, main­te­nues par une vis tra­ver­sière. Les chiens sont très par­ti­cu­liers, leur tête est dé­por­tée vers le centre de la poi­gnée par un coude pro­non­cé. Ce­la afin d’al­ler frap­per les che­mi­nées porte-amorces si­tuées sur le cla­pet d’ouverture. Ce cla­pet, éga­le­ment en bronze, est mon­té sur deux char­nières très pro­émi­nentes de part et d’autre du bloc de cu­lasse. Il se sou­lève de l’ar­rière vers l’avant et vient se ra­battre sur les ca­nons. Le ton­nerre s’en trouve dé­ga­gé et il de­vient alors pos­sible de char­ger l’arme avec des car­touches com­bus­tibles pré-éta­blies. La tranche du cla­pet mo­bile com­porte deux lo­ge­ments cir­cu­laires pour re ce­voir des tam­pons ob­tu­ra­teurs. Tam­pons qui ont la par­ti­cu­la­ri­té d’être main­te­nus dans leur lo­ge­ment par une pe­tite tige hexa­go­nale. L’ar­rière du cla­pet est en­taillé pour re­ce­voir la tête du T de ver­rouillage. Ce ver­rou est ac­tion­né par une grande clé en fer dis­po­sée en al­longe sous le de­vant. On re­trouve ici le type de ver­rou du pre­mier mo­dèle de Le­fau­cheux de 1833 dit

à grande clé. Cette clé vient en bu­tée contre une vis la­té­rale qui la main­tient ain­si en po­si­tion fixe. Par sa simple exis­tence, ce fu­sil est un hom­mage à l’in­gé­nio­si­té de son concep­teur. Quant à l’uti­li­ser à la chasse, c’est une autre his­toire ! Avec ses 4,4 kg sans mu­ni­tions ni bre­telle, voi­ci une arme peu ai­sée à pro­me­ner ! Mais était- elle des­ti­née à la chasse cou­rante ? J’en doute, je pen­che­rais plu­tôt pour un pro­to­type d’étude pour un fu­sil ca­nar­dier des­ti­né au ma­rais. Quant à le si­tuer pré­ci­sé­ment dans le temps, c’est dif­fi­cile. Di­sons que sa nais­sance se si­tue vrai­sem­bla­ble­ment dans les an­nées 1870. Nous avons là en­core af­faire à une pièce de col­lec­tion cu­rieuse et d’un in­té­rêt cer­tain.

Le le­vier d’ouverture su­pé­rieur arme éga­le­ment les chiens.

Les per­cu­teurs sont iden­tiques à ceux de l’Idéal.

La sil­houette est fine, en somme le seul point vrai­ment po­si­tif de cette arme aus­si peu pra­tique qu’inu­tile. Une sous-garde déses­pé­ré­ment nue, sans pon­tet ni queue de dé­tente.

Les deux er­gots sur les co­quilles sont les dé­clen­cheurs du tir. Etrange, non ?

Les ca­nons sont em­boî­tés dans une mor­taise de la cu­lasse et te­nus en place par une gou­pille plate dans l’avant-main mé­tal­lique

Le cla­pet re­fer­mé laisse aper­ce­voir les deux che­mi­nées sur les­quelles ont de­vait pla­cer les cap­sules de ful­mi­nate. Le cla­pet en bronze se sou­lève de l’ar­rière vers l’avant grâce à deux char­nières.

La bas­cule consiste en un bloc de bronze cou­lé puis usi­né à la main où l’on dis­cerne en­core les traces de bu­rin et de lime. En des­sous, la grande clé en fer.

La cu­lasse, le corps ar­rière et le garde-main sont mo­no­bloc.

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