Bill Vio­la ex­pé­rience de l’in­fi­ni

Bill Vio­la In­fi­nite Being.

Art Press - - LA UNE - In­ter­view et texte par Jean-Paul Far­gier

Comment dé­pas­ser les li­mites de la vi­déo ? Comment al­ler sans cesse plus loin ? À cette ques­tion om­ni­pré­sente dans l’oeuvre de Bill Vio­la, la ré­tros­pec­tive de l’ar­tiste au Grand Pa­lais, à Pa­ris, jus­qu’au 21 juillet, ap­porte la ré­ponse par les oeuvres. Une ving­taine de vi­déos, plus de trente écrans, de nom­breuses heures de pro­jec­tion ré­vèlent un uni­vers d’images di­gi­tales qu’ir­ra­dient la lu­mière et la ri­gueur for­melle de l’art de la Re­nais­sance. Jean-Paul Far­gier l’a ren­con­tré à Long Beach, en Ca­li­for­nie. Cet en­tre­tien a don­né lieu à un film, Bill Vio­la, ex­pé­rience de l’in­fi­ni, et un livre, Bill Vio­la, au fil du temps.

Jus­qu’ici, en France, les oeuvres de Bill Vio­la ont été re­çues au compte-gouttes, une par une, quel­que­fois deux ou trois, ja­mais plus. En voi­ci tout à coup, à Pa­ris, une tren­taine, dé­fer­lant sur deux étages du Grand Pa­lais. C’est une vague gran­diose, char­riant plus de sept heures d’images. On s’y roule avec stu­pé­fac­tion, ému, re­tour­né, me­su­rant d’oeuvre en oeuvre ce qui fut et reste l’am­bi­tion fon­da­men­tale de cet ar­tiste de­puis ses dé­buts : al­ler tou­jours plus loin avec la vi­déo. Re­cu­ler sans cesse ses li­mites, sub­ver­tir sa pré­ten­due spé­ci­fi­ci­té, qu’il avait contri­bué à fon­der, pour ex­pri­mer, comme tout ar­tiste, par tous les moyens pos­sibles, dans toutes les formes ima­gi­nables, mais ex­clu­si­ve­ment en vi­déo, les secrets d’une ob­ses­sion unique. La­quelle ? Celle des li­mites de l’Être. Qui évi­dem­ment n’en a pas. En par­cou­rant l’ex­po­si­tion, du plon­geon contra­rié de The Re­flec­ting Pool à la béa­ti­tude sub­aqua­tique des Drea­mers, l’Être s’épa­nouit à l’in­fi­ni. Per­çu d’abord dans le Temps comme somme d’ins­tants, l’Être sur­git bien­tôt dans l’es­pace comme ha­lo d’un Étant. C’est ce que je dé­duis en re­gar­dant toutes ces ins­tal­la­tions. Et ce que je com­prends quand j’écoute ce­lui qui les a crées.

Voi­ci deux ex­traits de l’en­tre­tien que j’ai réa­li­sé à Long Beach, Ca­li­for­nie, le 3 no­vembre 2013, pour les be­soins d’un film : Bill Vio­la, ex­pé­rience de l’In­fi­ni.

UN TRAU­MA PO­SI­TIF

Pour­quoi, à la fin de The Space Bet­ween the Teeth, une « image ar­rê­tée » du per­son­nage (toi) est-elle pré­ci­pi­tée dans l’eau (d’un fleuve) où elle est en­glou­tie par le sillage d’un bateau (pas­sant hors champ)?

L’eau m’a tou­jours fas­ci­né. En­fant, j’ai fait l’ex­pé­rience d’une qua­si-noyade. C’est in­croyable et ce­la a chan­gé ma vie. Tom­ber dans l’eau à six ans est, je pense, l’ex­pé­rience la plus im­por­tante que j’ai vé­cue. Mon père n’était pas là. Mon oncle, pur ha­sard, était là ; il s’est je­té à l’eau et m’en a sor­ti. Je suis res­té au fond, un pe­tit mo­ment. Ce fut une ex­pé­rience émo­tion­nelle très puis­sante, je n’avais au­cune peur et je se­rais res­té là s’il n’avait pas plon­gé ; j’au­rais été très heu­reux.

Le cri que tu pousses dans The Space Bet­ween the Teeth est-il en re­la­tion avec cet ac­ci­dent ?

Non, je n’y ai ja­mais pen­sé de cette fa­çon, mais ça doit l’être. Ce sont, à ce mo­ment­là, des cris qui viennent de l’in­té­rieur, mais ce n’étaient pas des cris de peur, presque des cris de li­bé­ra­tion. Quand j’ai ressenti que je n’avais au­cun poids, je suis al­lé droit au fond, et je me suis as­sis au fond du lac. Il était haut comme ce pla­fond, peut être un peu plus, je me suis juste as­sis là, et j’ai vu des choses in­croyables. C’était une ex­pé­rience po­si­tive, pas ef­frayante, un trau­ma­tisme po­si­tif. Il est pro­bable que d’autres per­sonnes al­lant au fond et qui n’ont pas mon men­tal y au­raient sans doute pas­sé un mo­ment dif­fi­cile, elles se se­raient peut-être noyées parce qu’elles au­raient été ef­frayées, mais ce n’était pas mon cas. J’ai cru que j’étais au pa­ra­dis, il me sem­blait que c’était un monde nou­veau. Je n’étais ja­mais al­lé sous l’eau, je n’avais ja­mais rien vu sous cet angle. De­puis ce mo­ment, je re­viens constam­ment à cet épi­sode. Dans toutes mes oeuvres, on peut en voir la trace. J’ai eu la chance, en tant qu’en­fant, d’être très concen­tré pen­dant ce mo­ment. D’autres au­raient per­du la tête et se se­raient noyés, ou bien se­raient res­tés là et au­raient na­gé. Je ne sa­vais pas na­ger à l’époque. J’étais très calme, mes­mé­ri­sé, je trou­vais que c’était très beau, c’était un monde nou­veau.

SÉ­REN­DI­PI­TÉ

The Gree­ting, créé à Ve­nise en 1995, marque un tour­nant ca­pi­tal dans ton oeuvre. Ce­la a été une sur­prise, une grande sur­prise… Comment es-tu ar­ri­vé à cette oeuvre?

Je vais te ra­con­ter une his­toire. J’étais dans une li­brai­rie, et j’ai at­tra­pé un livre. Je m’in­té­res­sais alors à la Re­nais­sance, mais pas en pro­fon­deur, j’étais bien plus pré­oc­cu­pé d’al­ler de l’avant avec ce nou­veau mé­dium qu’était la vi­déo, et de gar­der ce cap. J’étais donc dans une li­brai­rie, et je vois dans ce livre l’image de ces trois femmes. Je sa­vais que c’était une pein­ture de la Re­nais­sance. Elles por­taient des robes flot­tantes et conver­saient ; je ne sa­vais pas de quoi elles par­laient, mais elles étaient vrai­ment concen­trées, l’une d’elle s’ap­prê­tait à par­tir… Ce­la me cap­ti­vait sans que je sache pour­quoi, alors j’ai rap­por­té le livre à la mai­son, surtout pour re­gar­der les images, et j’ai com­men­cé à le lire. Quelque chose dans cette image me fas­ci­nait, mais je ne sa­vais pas ce que c’était. Une autre fois, j’étais en voiture, je me ren­dait à mon ate­lier. Ar­rê­té à un feu rouge, je vois trois femmes au coin de la rue qui mar­chaient sur le trottoir d’en face, elles ren­traient de leur pause dé­jeu­ner. Quand elles ont tra­ver­sé, le vent s’est le­vé et a agi­té leurs robes. J’étais dans cette cap­sule étanche, comme un ob­ser­va­teur ex­té­rieur, en po­si­tion par­faite pour les re­gar­der tra­ver­ser et s’éloi­gner. En ar­ri­vant à l’ate­lier, j’ai fon­cé sur le livre de Pon­tor­mo, je l’ai ou­vert, et j’ai vu exac­te­ment la même scène que je ve­nais d’ob­ser­ver. In­croyable !

C’est à ce mo­ment que j’ai pen­sé « faire » une pein­ture de la Re­nais­sance. Je n’en avais au­cune, mais quelque chose me fai­sait y revenir en­core et en­core, jus­qu’à ce que je me rende compte que je de­vais faire cette oeuvre. Mais j’ai dû at­tendre quatre ans pour que ça de­vienne une oeuvre. Nous avons alors réa­li­sé ces grandes pro­duc­tions, avec des dé­cors. La plu­part de mes amis étaient cho­qués ! Quand ils ont com­pris que je réa­li­sais un dé­cor, avec des robes longues, ils étaient hor­ri­fiés ! Ils m’ont trai­té de traître : « En­fin, que fais-tu ?! » (il rit), et je ne sa­vais pas ce que j’étais en train de faire.

TOU­JOURS PLUS LOIN AVEC LA VI­DÉO

« Comment al­ler de l’avant avec la vi­déo ? » C’est la pré­oc­cu­pa­tion qu’avoue Bill Vio­la au mo­ment où il com­mence à s’in­té­res­ser à la pein­ture ita­lienne de la Re­nais­sance. En en­ten­dant son ré­cit ex­pli­quant comment il est ar­ri­vé à The Gree­ting, ta­bleau vi­vant ins­pi­ré par une oeuvre de Pon­tor­mo (1494-1557), je n’ai pas per­çu tout de suite comment cette vi­déo se rat­ta­chait à l’ex­pé­rience qu’il place aux ori­gines de toute son oeuvre : sa chute, à six ans, dans un bas­sin, où il a failli se noyer. Au fond de l’eau, pen­dant quelques se­condes d’apnée, il a en­tre­vu un monde que per­sonne d’autres n’a pu voir. Ac­ci­dent mé­ta­mor­pho­sé en source d’ins­pi­ra­tion. Per­ma­nente, to­tale, ab­so­lue. « Dans tous mes tra­vaux, on peut en voir la trace », pré­cise-t-il.

Il y a en ef­fet beau­coup d’eau dans toutes les vi­déos de Vio­la, comme on le vé­ri­fie en­core en par­cou­rant les salles du Grand Pa­lais, peu­plées de plon­geurs, de faux noyés, de Nar­cisses al­truistes, de vic­times de tsu­na­mi ur­bain et autres hé­ros sur­gis­sant des eaux. Mais il n’y a pas d’eau dans The Gree­ting (que l’ex­po­si­tion ne montre pas, peut-être parce que ju­gée dé­jà trop connue, et que l’on a pu voir à l’église Saint-Eus­tache, à Pa­ris, en 2000). Et pour­tant, cette oeuvre ne doit son exis­tence, elle aus­si, qu’à se rat­ta­cher au « trau­ma po­si­tif » du plon­geon à six ans. Cette « oeuvre tour­nant », qui par­tage en deux toute sa pro­duc­tion, s’est éla­bo­rée, Vio­la nous en in- forme, en im­mer­sion: re­gar­dant de­puis sa voiture, à tra­vers le pare-brise, trois femmes tra­ver­ser la rue, leurs robes agi­tées par le vent, l’ar­tiste se re­trouve exac­te­ment comme au mo­ment où, en­fant, il pro­fi­tait d’une noyade pour as­pi­rer des vi­sions mer­veilleuses. La cap­sule étanche de son au­to­mo­bile le re­con­necte avec la scène pri­mi­tive de tout acte créa­teur pou­vant, se­lon lui, éma­ner de lui. Su­perbe co­hé­rence. Bra­vo l’in­cons­cient.

Il a trou­vé, mais quoi ? « Comment al­ler plus loin avec la vi­déo » : en s’im­mer­geant dans la Re­nais­sance et ses pein­tures. Scan­dale ! Faire un ta­bleau vi­vant, quel rap­port avec la vi­déo ? Ses amis pro­testent, ses ad­mi­ra­teurs sont dé­con­cer­tés. Chan­ge­ment de ma­nière, de ma­tière, d’air, d’ac­tion, de pers­pec­tive, de per­son­nel, de per­son­nage, de tout. Mais pas de mé­dium. Au contraire : c’est pour gar­der « le cap », dit-il, de l’ex­pé­ri­men­ta­tion des pos­si­bi­li­tés de la vi­déo qu’il s’em­barque dans ce voyage pic­tu­ral. Jus­qu’alors, ses vi­déos of­fraient le jour­nal de bord de ses ex­pé­riences avec l’es­pace et le temps, per­çus par la mise en jeu de son propre corps dans des lieux et des si­tua­tions (des ins­tants) choi­sis pour leur ren­de­ment en sen­sa­tions ex­trêmes. Avec la re­prise de la Vi­si­ta­tion d’un peintre ma­nié­riste, où en­traîne-t-il son mé­dium ? Dans une ex­plo­ra­tion en­core plus sen­sible des sou­bre­sauts de l’Être ob­ser­vés non plus en di­rect mais en ins­tant re­play (ra­len­ti fa­bri­qué et don­né à voir à la té­lé­vi­sion peu de temps après une ac­tion fil­mée en di­rect). Nous ne sommes pas dans un Réel re­cons­ti­tué avec toutes les ap­pa­rences d’une vi­sion si­mul­ta­née, comme le fait Pa­so­li­ni par exemple en sui­vant son Jé­sus ca­mé­ra à l’épaule (ou­vrant au ci­né­ma mo­derne une veine tou­jours plus ex­ploi­tée), mais dans les plis et les re­plis (avec Leib­niz, mer­ci De­leuze) d’une Re­pré­sen­ta­tion par re-pré­sen­ta­tion. Où l’éti­re­ment de ces plis tem­po­rels, scru­tés à la loupe, ré­vèle non plus la te­neur d’un ins­tant (en den­si­té de Réel), mais la splen­deur d’un étant. Étant don­né, par image dé­jà for­mée, vi­si­tée comme seule épi­pha­nie pos­sible de l’Être. Per­sonne en vi­déo ne s’était es­sayé à ce­la.

Après sa Vi­si­ta­tion, Bill Vio­la ne fe­ra plus que ça. Il re­pro­duit quelques ta­bleaux de la Re­nais­sance (dont Emer­gence, une étrange Ré­sur­rec­tion se ter­mi­nant en Pie­tà), mais, très vite, il étend son sys­tème de fi­gu­ra­tion, qui re­lève fi­na­le­ment plus du théâtre que de la pein­ture, à toutes sortes de si­tua­tions mises

en scène avec des ac­teurs de plus en plus nom­breux, dans des dé­cors de plus en plus grands. Ain­si le somp­tueux Going Forth by Day, où, au Grand Pa­lais, cinq scènes stu­pé­fiantes dé­ployées sur 300 m2 forment un seul grand spec­tacle. Le par­ti pris de Jé­rôme Neutres et Ki­ra Pe­rov (les com­mis­saires de l’ex­po­si­tion) de mê­ler des oeuvres pré­le­vées dans les deux pé­riodes de Bill Vio­la (par exemple Chott- El- Dje­rid, do­cu­men­taire sur les mi­rages du dé­sert tu­ni­sien, et The En­coun­ter, deux femmes re­fai­sant sur fond de mi­rages de dé­sert amé­ri­cain les gestes des per­son­nages de la Vi­si­ta­tion), per­met de me­su­rer cet élar­gis­se­ment des pou­voirs de la vi­déo qu’il s’est tou­jours fixé pour but. Aug­men­tant à chaque fois notre ju­bi­la­tion d’être là.

Pro­pos de Bill Vio­la tra­duits par Ge­ne­viève Mor­gan

L’in­té­gra­li­té de cette in­ter­view est pu­bliée dans Bill Vio­la, au fil du temps (De l’In­ci­dence édi­teur).

Jean-Paul Far­gier, vi­déaste, a no­tam­ment réa­li­sé Bill Vio­la, ex­pé­rience de l’In­fi­ni, 2013 (film cou­leurs, bi­lingue, 52‘, NTSC. © 2014 - RMN - Grand Pa­lais ; co­pro­duc­tion © 2013 Mat Films, RMN - Grand Pa­lais, chaîne tv­fil78). Vient de pu­blier Bill Vio­la, au fil du temps (De l’In­ci­dence édi­teur), re­cueil de ses écrits sur B. Vio­la de­puis plus de trente ans, en par­ti­cu­lier ceux pu­bliés par art­press.

Self-por­trait

Being is shown in the self-por­trait that Vio­la has just ins­tal­led in the Uf­fi­zi por­trait gal­le­ry in Flo­rence. Here he is nei­ther dead nor alive, a li­ving man playing dead, a dead man still alive. Sit­ting on a see­saw, with a ca­me­ra at the other end, wal­king in a de­sert full of mi­rages, di­ving in­to pools and ri­vers, yel­ling in cor­ri­dors, wan­de­ring through emp­ty houses, slum­be­ring un­der­wa­ter, buil­ding a table des­troyed by fire, sta­ring at his face de­for­med in a drop of wa­ter, le­vi­ta­ting over a pile of scrap, cap­tu­ring the re­flec­tion of his head in an owl’s eye: Vio­la of­ten ap­pears at the cen­ter of his own images. Or on their per­iphe­ry. When he is not in the frame, we can still sense his pre­sence, on the edge of the frame that he is prin­ting, de­li­ve­ring his vi­sion of the real world (Ja­pan, for example, in Hat­su Yume, or the So­lo­mon Is­lands in I Do Not Know What It Is I Am Like). True, he has al­so gi­ven other people roles in these ex­pe­ri­ments, but their func­tion was al­ways to ex­tend, re­peat and ob­jec­ti­fy his own ex­pe­rience. The slee­ping man and wo­man in The Sleep of Rea­son (1988), mul­ti­plied in The Slee­pers (1992), the wo­man gi­ving birth and the di­ver in The Nantes Trip­tych (1992), and all the people wat­ching te­le­vi­sion (not in the image) in Re­verse Te­le­vi­sion – Por­traits of Vie­wers (1983), seem to in­di­cate that the ar­tist was sim­ply going be­fore us in an ad­ven­ture where he in­vites us to fol­low. A jour­ney wi­thin reach of all. Or at least, of all those for whom images are a sui­table ve­hicle. A ve­hicle for the self.

« The Sleep of Rea­son » (dé­tail). 1988. Ins­tal­la­tion vi­déo so­nore, en conti­nu (Car­ne­gie Mu­seum, Pitts­burgh Ph. Ki­ra Pe­rov). Con­ti­nuous vi­deo ins­tal­la­tion with sound

Ci-des­sous / be­low: « Wal­king on the Edge ». 2012. Vi­déo cou­leurs en haute dé­fi­ni­tion sur écran plas­ma fixé au mur. 12’ 33”. Per­for­mers : Kwe­si Dei, Dar­row Igus (Bill Vio­la Stu­dio, Long Beach ; Ph. Ki­ra Pe­rov). HD co­lour vi­deo on plas­ma screen Page de droite / page right: « Self Por­trait Sub­mer­ged ». Ins­tal­la­tion à la Ga­le­rie des Of­fices, Flo­rence. (Court. De l’in­ci­dence édi­teur)

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