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Art Press - - EXPOSITIONS - Claire Mar­gat

Mu­sée in­ter­na­tio­nal des arts mo­destes / 19 oc­tobre 2013 - 16 mars 2014

Pascal Sau­made& Bar­na­bé Mons montrent comment rock et pop gé­nèrent une culture vi­suelle qui ne se ré­sume pas à ses dé­rives com­mer­ciales. Les fans s’ap­pro­prient leur idole, bri­co­lant son uni­vers my­tho­lo­gique en au­tant d’hom­mages in­times des­ti­nés à une consom­ma­tion pri­vée. Ain­si, tout en res­tant ac­cro­chés à l’image de la star qui oriente leur com­pul­sion gra­phique ou leurs pro­duc­tions ar­ti­sa­nales, ils de­viennent ac­teurs ou pro­duc­teurs. L’ex­po­si­tion offre une vi­site ré­jouis­sante dans leurs ima­gi­naires et leurs mu­sées pri­vés. Le cat­cheur Ca­non Ball, fan du groupe Kiss, a par exemple prê­té une par­tie de sa col­lec­tion, dont une somp­tueuse Ka­wa­za­kiss. L’ob­so­les­cence des modes de dif­fu­sion de la mu­sique pop donne un charme désuet aux po­chettes dé­co­rées des disques vi­nyles, aux cas­settes et aux juke-box. Les fans sont mus par un dé­sir com­bi­nant une iden­ti­fi­ca­tion, par ap­par­te­nance à un club, et une ré­ap­pro­pria­tion pri­vée de la chose com­mune. Les blou­sons en jean et les gui­tares sont les mêmes, mais chaque ob­jet est or­ne­men­té, signe d’une ex­pres­sion au­then­tique de soi. À tra­vers de fer­ventes re­pro­duc­tions de vi­sages de stars, se mêlent le raf­fi­ne­ment gra­phique du col­lec­tif Ba­zoo­ka et les pro­duc­tions brutes de La «S»-Grand Ate­lier de Viel­salm (Bel­gique). La pièce la plus se­crète de l’ex­po­si­tion per­met d’ac­cé­der au Graal li­vré par une femme-fan aux ro­ckeurs : un mou­lage de ses seins s’of­frant pour cible aux mou­lages des sexes éri­gés de chan­teurs donne à voir la vé­ri­té brute et nue du fé­tiche qui ex­hibe ce que cachent les fé­ti­chismes an­nexes des ori­peaux de pa­rade.

Da­niel Johns­ton, ar­tiste brut ver­sion pop music, qui ex­po­se­ra à arts factory, Pa­ris (23 avril - 7 juin), était aus­si pré­sent.

Pascal Sau­made and Bar­na­bé Mons de­mons­trate how rock and pop ge­ne­rate a visual culture that goes way beyond com­mer­cial spi­noffs. Fans ap­pro­priate their idols, cons­truc­ting a my­tho­lo­gi­cal uni­verse as a pri­vate ho­mage meant pu­re­ly for per­so­nal consump­tion. Thus they be­come ac­tors and pro­du­cers even as they stay fai­th­ful to the image of the star that guides their com­pul­sive dra­wings and ta­cky ins­tal­la­tions. This ex­hi­bi­tion is a joy­ful ce­le­bra­tion of their fan­ta­sies and pri­vate mu­seums. For example, the wrest­ler Ca­non Ball, a fan of the group Kiss, lent a se­lec­tion from his col­lec­tion, in­clu­ding the sump­tuous Ka­wa­za­kiss. The ob­so­les­cence of rock’s for­mer modes of dis­tri­bu­tion confers an old- fa­shio­ned charm on the de­co­ra­ted al­bum co­vers, cas­settes and ju­ke­boxes. The fans are dri­ven by a de­sire com­bi­ning iden­ti­fi­ca­tion (like be­lon­ging to a club) and a pri­vate reap­pro­pria­tion of the pu­blic sphere. The de­nim ja­ckets and gui­tars are still ja­ckets and gui­tars, but each ob­ject is or­na­men­ted as a si­gn of au­then­tic self-ex­pres­sion. The va­rie­ty of fervent re­pro­duc­tions of faces of wor­ship range from so­phis­ti­ca­ted gra­phic art by the Ba­zoo­ka group to the raw pro­duc­tions of the SG­rand Ate­lier in Viel­salm ( Bel­gium). The se­cret cen­ter­piece is a vi­sion of the Ho­ly Grail a fan­girl of­fers to ro­ckers, cas­tings of her breasts as a tar­get for cas­tings of erect stars’ pe­nises. This ba­sic fe­tish ob­ject dis­plays the na­ked truth co­ve­red over by the showy garb fe­tishes next­door.

Trans­la­tion, L-S Tor­goff

Folk Art. Elayne Good­mann, Lamar Sor­ren­to, Jack. (Col­lec­tions La pop ga­le­rie & Bar­na­bé Mons)

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