Au­to­por­trait

Art Press - - RETROSPECTIVE -

L’Étant comme dans cet au­to­por­trait qu’il vient d’ins­tal­ler à Flo­rence dans la ga­le­rie des Of­fices dé­diée aux au­to­por­traits. Se por­trai­tu­rant entre deux eaux, ni mort ni vi­vant… vi­vant mi­mant sa mort, mort en­core vi­vant… À che­val sur une ba­lan­çoire à l’autre bout de la­quelle il a pla­cé une ca­mé­ra, mar­chant dans un dé­sert peu­plé de mi­rages, plon­geant dans des bas­sins, des fleuves, criant dans des cou­loirs, er­rant dans des mai­sons vides, as­sou­pi au fond de l’eau, construi­sant une table que le feu dé­cons­truit, dé­vi­sa­geant son vi­sage dé­for­mé dans une goutte d’eau, lé­vi­tant sur un tas de fer­railles, cap­tu­rant le re­flet de sa tête dans l’oeil d’un hi­bou : il s’ins­talle sou­vent au centre des images qu’il crée. Ou à leur pé­ri­phé­rie. Quand il n’est pas dans le champ, on le sent hors champ, au bord ex­té­rieur du cadre qu’il est en train d’im­pri­mer, dé­li­vrant son re­gard sur le monde réel (le Ja­pon par exemple, dans Hat­su Yume, ou les îles Sa­lo­mon dans I do not Know What it is I am Like). Certes, il avait aus­si com­men­cé à confier à des tiers des rôles à tenir au coeur de ces ex­pé­riences, mais c’était pour pro­lon­ger, ré­pé­ter, ob­jec­ti­ver les siennes. Le dor­meu­ret la dor­meuse de The Sleep of Rea­son (1988), mul­ti­pliés dans The Slee­pers (1992), l’ac­cou­chée et le plon­geur du Trip­tyque de Nantes (1992), et tous les spec­ta­teurs re­gar­dant leur té­lé­vi­sion (hors champ) de Re­verse Te­le­vi­sion – Por­traits of Vie­wers (1983), sem­blaient in­di­quer que l’ar­tiste n’avait fait que nous pré­cé­der dans une aven­ture où il nous in­vite à nous en­ga­ger. Un voyage à la por­tée de tous. De tous ceux du moins pour qui les images sont un vé­hi­cule de choix. Et de soi.

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