Agathe May

Art Press - - EXPOSITIONS - Erik Ve­rha­gen

Ga­le­rie Ca­the­rine Put­man / 5 avril - 14 juin 2014

Agathe May est un élec­tron libre. Cher­che­rait-on à l’ins­crire dans telle ou telle ten­dance ar­tis­tique de ces trente der­nières an­nées, on n’y par­vien­drait pas. Si le terme n’était pas conno­té, on af­fir­me­rait qu’elle est une out­si­der dans la me­sure où elle trace sa voie, à l’écart des ef­fets de modes et des flux qui animent les en­goue­ments du mo­ment, pré­fé­rant à l’oc­cu­pa­tion du ter­rain et autres po­si­tion­ne­ments stra­té­giques un travail de fond. Une concen­tra­tion. Son mé­dium, la gra­vure, la contraint, il est vrai, à une cer­taine ri­gueur mo­na­cale et à une po­si­tion en re­trait, ga­rantes de la mise en place d’un pro­to­cole en trois temps : le des­sin et son lot d’hé­si­ta­tions, de ter­gi­ver­sa­tions et de dé­can­ta­tion. La gra­vure à pro­pre­ment par­ler et son im­pos­si­bi­li­té de tri­cher puis en­fin l’après, sy­no­nyme des dif­fé­rentes opé­ra­tions qui concourent à la concep­tion des ti­rages, cette ul­time étape au­to­ri­sant à nou­veau une phase d’ex­pé­ri­men­ta­tions. Son ex­po­si­tion en té­moigne par­fai­te­ment. La cou­leur d’un cô­té. Le noir et blanc de l’autre, dont l’ar­tiste pri­vi­lé­gie de plus en plus l’« évi­dence » (se re­por­ter à l’en­tre­tien avec Rai­ner Mi­chael Ma­son dans le ca­ta­logue). Les thèmes re­te­nus par May pour cette pré­sen­ta­tion dense et gé­né­reuse s’ar­ti­culent comme souvent au­tour d’une iconographie de proxi­mi­té, dis­til­lant une at­mo­sphère très un­heim­lich. Son point no­dal est la fille de l’ar­tiste, Jo­sé­phine (les deux ver­sions d’Un monde en pro­fon­deur sont d’un en­voû­te­ment en­tê­tant), mais on y ren­contre aus­si des cages d’oi­seaux du Jar­din des Plantes et des re­pré­sen­ta­tions des mai­sons pa­ren­tales re­tra­duites au tra­vers de ver­ti­gi­neuses vues ka­léi­do­sco­piques.

Agathe May is a free spirit. You can’t pi­geon­hole her in one or ano­ther trend over the last th­ree de­cades. If the term we­ren’t loa­ded, it could be said that she is an out­si­der in that she marches im­per­tur­ba­bly to her own drum, un­fa­zed by fa­shion and wha­te­ver seems hot at any gi­ven mo­ment, pre­fer­ring to con­cen­trate on fun­da­men­tals ra­ther than de­ploy stra­te­gic mar­ke­ting moves. True, her fa­vo­rite me­dium, en­gra­ving, im­poses a cer­tain mo­nas­tic ri­gor and dis­tan­cing, hol­ding her to a th­ree- part pro­to­col: First, dra­wing, with its train of he­si­ta­tions, equi­vo­ca­tions and de­can­ta­tion. Se­cond, the pro­cess of en­gra­ving it­self, when chea­ting is im­pos­sible; and third, what comes af­ter that, the va­rious ope­ra­tions in­vol­ved in prin­ting, a new stage in which ex­pe­ri­men­ta­tion is again pos­sible, as is evident in her ex­hi­bi­tions. On one side of the gal­le­ry, co­lor prints; on the other, black and white, in which May in­crea­sin­gly pri­vi­leges “the ob­vious” (see the ins­truc­tive ca­ta­logue text by Rai­ner Mi­chael Ma­son). The sub­jects May chose for this dense and ge­ne­rous pre­sen­ta­tion, as is of­ten the case in her work, com­prise an ico­no­gra­phy of eve­ry­day life in­fu­sed with a ra­ther un­heim­lich at­mos­phere. The no­dal point is the artist’s daugh­ter Jo­sé­phine (the two ver­sions of Un monde en pro­fon­deur are hea­dy and be­wit­ching), but she al­so shows the bird­cages at the Jar­din des Plantes and ka­lei­do­sco­pic, ver­ti­gi­nous views of her pa­rents’ homes.

Trans­la­tion, L-S Tor­goff

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.