Ri­chard Texier

Ga­le­rie Clau­dine Bré­guet, Pa­ris, Sep­tembre 1982

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Ga­le­rie Clau­dine Bré­guet, Pa­ris, Sep­tembre 1982 Gaya Gold­cy­mer

Mé­ton : as­tro­nome athé­nien du 5e siècle av. J. C., cé­lèbre par le cycle lu­ni­so­laire qui porte son nom. Cycle de 235 lu­nai­sons (soit 19 ans) après les­quelles les nou­velles lunes se re­pro­duisent aux mêmes dates, et adop­té par le com­put ec­clé­sias­tique. Sous l’exergue OEuvres lu­naires, Ri­chard Texier pré­sen­tait une sé­rie de tra­vaux sem­blant rompre avec ce qui pré­cède de sa pro­duc­tion. En ob­ser­va­teur mé­tho­dique des mou­ve­ments du ciel noc­turne, c’est la lune que Texier sur­prend, traque et fixe dans ses mou­ve­ments et ses va­ria­tions, ses rythmes et ses cou­leurs. Pour suite poé­tique grâce à la­quelle le peintre oc­cupe di­vers ter­ri­toires et se fait, dans le même temps, géo­graphe, chas­seur et géo­mètre. Géo­graphe : Texier oc­cupe des lieux étran­gers à l’ate­lier, par exemple des ma­rais. Sur le ter­rain, il ef­fec­tue le re­pé­rage, le re­le­vé to­po­gra­phique du pay­sage lu­naire qu’il ob­serve par rap­port au pay­sage dans le­quel il se trouve. Chas­seur : par l’at­tente in­fi­nie, le guet, les traces re­gar­dées puis ins­crites. Géo­mètre : par la me­sure prise, le des­sin, le chiffre. Tra­vaux sur toile et sur pa­pier, uti­li­sant pein­ture, tra­cé, ré­sine, ma­trice de fer sym­bo­lique des mou­ve­ments de la lune, in­té­grée dans le ta­bleau en tant que telle, à cô­té de l’in­ter­ven­tion du peintre qui im­prime cette forme dans la ré­sine puis dans la cou­leur. Il s’agit de ca­len­driers lu­naires dont cer­tains s’ac­com­pagnent d’an­no­ta­tions. Et puis, pour d’autres oeuvres, un bleu in­tense rap­pe­lant Klein, et des brin­dilles col­lées. D’autres planches sont exé­cu­tées à par­tir des ob­ser­va­tions de Ja­cob Sen­ti­ni, pu­bliées à Ve­nise en 1500. Un tra­vail pré­cis et mé­ti­cu­leux.

Gaya Gold­cy­mer Ar­ticle i ni­tia­le­ment pu­blié dans art­press, n° 65, dé­cembre 1982. Me­ton, an Athe­nian as­tro­no­mer li­ving in the 5th cen­tu­ry BCE, is fa­mous for his cal­cu­la­tions concer­ning the “Me­to­nic” lu­ni­so­lar cycle of 235 lu­nar months (or 19 so­lar years), af­ter which the new moons oc­cur at the same dates, as adop­ted by the ec­cle­sias­ti­cal com­pu­tus. Un­der the title OEuvres

Lu­naires, Ri­chard Texier pre­sen­ted a se­ries of works that seem to break with his ear­lier pro­duc­tion. As a me­tho­di­cal ob­ser­ver of the mo­ve­ments of the night sky, Texier fol­lows and traces the moon in its mo­ve­ments and va­ria­tions, its rhythms and co­lors. By this poe­tic pur­suit the pain­ter is at once a geo­gra­pher, a hun­ter and a geo- me­ter. He is a geo­gra­pher be­cause he oc­cu­pies places alien to the stu­dio, such as marshes. On the ground, he marks out the to­po­gra­phy of the lu­nar land­scape which he ob­serves in re­la­tion to the land­scape where he is lo­ca­ted. He is a hun­ter in his end­less wai­ting and wat­ching, his cap­ture and mar­king of traces. And he is a geo­me­ter by the mea­su­re­ments he makes, his dra­wings, his fi­gures. The work is on can­vas and pa­per, using paint, marks, re­sin, and iron grids to sym­bo­lize the mo­ve­ments of the moon, in­te­gra­ted in­to the work as such, with the pain­ter im­prin­ting this form in re­sin and then in co­lor. These are lu­nar ca­len­dars, some of them an­no­ta­ted. And then, for other works, an in­tense blue re­cal­ling Klein, glued twigs. Other plates were made using the ob­ser­va­tions of Ja­cob Sen­ti­ni, pu­bli­shed in Ve­nice 1500. This is pre­cise and me­ti­cu­lous work.

Gaya Gold­cy­mer Trans­la­tion, C. Pen­war­den

First pu­bli­shed in art­press 65, De­cem­ber 1982.

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