Édi­to­rial Ren­trée lit­té­raire à notre fa­çon

A new Li­te­ra­ry sea­son, sort of. Catherine Millet

Art Press - - ÉDITO - Catherine Millet Catherine Millet Trans­la­tion, C. Pen­war­den

La créa­tion a beau suivre dans tous les do­maines les voies les plus di­ver­gentes, et les au­teurs de ce ma­ga­zine faire montre d’en­ga­ge­ments par­fois an­ta­go­nistes, il n’em­pêche que des ar­tistes, des écri­vains re­viennent pé­rio­di­que­ment et par­fois de­puis long­temps dans nos pages. Ain­si En­rique Vi­la-Ma­tas de­puis une quin­zaine d’an­nées et jus­qu’à au­jourd’hui – on peut vi­sion­ner sur notre site une in­ter­view qu’a faite de lui notre col­la­bo­ra­teur Oli­vier Re­nault, à la li­brai­rie Le Thé des écri­vains, à Pa­ris (cf. éga­le­ment notre nu­mé­ro 413), à l’oc­ca­sion de la sor­tie d’Im­pres­sions de Kas­sel (Ch­ris­tian Bour­gois). Mais cet écri­vain n’est-il pas pré­ci­sé­ment ce­lui qui aime tis­ser entre son oeuvre et celle des autres, qu’ils ap­par­tiennent au pa­tri­moine ou qu’ils soient ses contem­po­rains, de mul­tiples liens ba­roques ? Je rap­pelle la com­pli­ci­té avec Jean-Yves Jouan­nais, qui l’in­ter­vie­wait dans notre nu­mé­ro de juillet 2000, et avec qui il s’est li­vré à un jeu pour l’Usage des ruines, le livre que Jouan­nais a pu­blié aux édi­tions Ver­ti­cales, en 2012. Cette fois, c’est de sa ren­contre avec Do­mi­nique Gon­za­lez-Foers­ter que nous li­vrons le té­moi­gnage. À l’oc­ca­sion de l’ex­po­si­tion de cel­le­ci au Pa­la­cio de Cris­tal à Ma­drid (jus­qu’au 19 oc­tobre), l’ar­tiste a sol­li­ci­té – ce n’était pas la pre­mière fois – En­rique Vi­la-Ma­tas, qui s’est glis­sé dans ce Splen­dide Hô­tel qu’elle a conçu en fai­sant ap­pel, se­lon son ha­bi­tude à elle aus­si, à de nom­breuses ré­fé­rences, no­tam­ment lit­té­raires et mu­si­cales. Il en a ré­sul­té le texte qu’on li­ra quelques pages plus loin dans ce nu­mé­ro et qu’ils nous ont gé­né­reu­se­ment pro­po­sé. Il n’est pas ha­bi­tuel qu’art­press ouvre ain­si ses pages sur un texte d’écri­vain. Ou plu­tôt, nous en avions per­du l’ha­bi­tude, ayant plus mé­lan­gé les dis­ci­plines quand art­press, à ses dé­buts, était bien moins dense en conte­nu. Il se trouve que pour ce pre­mier nu­mé­ro de ren­trée, l’ac­tua­li­té n’of­frait pas d’op­por­tu­ni­té pour la « grande in­ter­view » que nous met­tons tra­di­tion­nel­le­ment en tête de nos dos­siers. Ce­pen­dant, nous dis­po­sions de ce texte, certes bien plus long que ceux qui d’or­di­naire oc­cupent nos pages, mais n’avions-nous pas dé­ci­dé, il y a quelque temps, de nous ou­vrir à la pos­si­bi­li­té de mor­ceaux de lec­ture, de mé­na­ger à l’in­té­rieur d’un « ma­ga­zine » où la place est tou­jours comp­tée, un autre es­pace-temps qui est ce­lui de la « re­vue » (cf., par exemple, l’in­édit en fran­çais de Mike Kel­ley dans notre n° 401)? Donc, bien­ve­nue dans le mer­veilleux la­by­rinthe concep­tuel d’En­rique Vi­la-Ma­tas, lais­sez-vous dé­ri­ver au gré de son écri­ture, plai­sir de li­ber­té avant de som­brer dans les be­sognes de la ren­trée. Vous re­trou­ve­rez Do­mi­nique Gon­za­lez-Foers­ter dans l’ar­ticle qui suit, et que Catherine Franc­blin a consa­cré à 1984-1999. La dé­cen­nie, ex­po­si­tion au Centre Pom­pi­dou-Metz, dont l’ar­tiste a as­su­ré la scé­no­gra­phie et dont Sté­pha­nie Mois­don est la com­mis­saire. En­fin, sa­chez que, dans un an, c’est le Centre Pom­pi­dou à Pa­ris qui l’ac­cueille­ra pour une grande ex­po­si­tion. Al­though art may fol­low the most di­vergent paths, and the en­ga­ge­ments of our au­thors so­me­times clash, the fact re­mains that there are some ar­tists and wri­ters who are long-stan­ding pre­sences on our pages. En­rique Vi­la-Ma­tas has wor­ked with us for fif­teen years, and his recent in­ter­view with Oli­vier Re­nault, gi­ven for the pu­bli­ca­tion of his book Im­pres­sions de Kas­sel (Bour­gois) can cur­rent­ly be vie­wed on our web­site. This, in­deed, is a wri­ter with a par­ti­cu­lar pre­di­lec­tion for wea­ving ba­roque trails bet­ween his work and that of others, whe­ther contem­po­ra­ries or fi­gures from the li­te­ra­ry he­ri­tage. I re­mem­ber the li­te­ra­ry games he agreed to play with Jean-Yves Jouan­nais, who in­ter­vie­wed him for our Ju­ly 2000 is­sue, when the lat­ter rea­li­zed his book L'Usage des ruines in 2012. This time, En­rique Vi­la-Ma­tas is re­spon­ding to Do­mi­nique Gon­za­lez-Foers­ter, on the oc­ca­sion of her ex­hi­bi­tion at the Pa­la­cio de Cris­tal in Ma­drid (through Oc­to­ber 19), for which she once again tur­ned to this wri­ter. He en­te­red the spi­rit of her Splen­dide Hô­tel, a work ba­sed on nu­me­rous li­te­ra­ry and mu­si­cal re­fe­rences, among others, pro­du­cing the text that can be read here, and for which we thank the wri­ter and ar­tist. It is not com­mon for art­press to open with a text by a wri­ter. Or ra­ther, we had got out of the ha­bit. In the ear­ly days, when the content of art­press was not so pa­cked, we ten­ded to mix dis­ci­plines more. It so hap­pe­ned that for this first is­sue of the new sea­son, events were not condu­cive to one of the big in­ter­views we tra­di­tio­nal­ly put at the head our sec­tions. But we did have this text, and it is cer­tain­ly lon­ger than usual. But then, some time ago we de­ci­ded to main­tain the pos­si­bi­li­ty of a slo­wer, “re­view-like” rhythm in­side the ma­ga­zine, where space is al­ways at a pre­mium (cf. the in­ter­view with Mike Kel­ley in is­sue 401, ne­ver be­fore pu­bli­shed in French). So, wel­come to the won­der­ful concep­tual la­by­rinth of En­rique Vi­la-Ma­tas. Let your­self wan­der with his wri­ting and en­joy the free­dom be­fore the pres­sure of dai­ly life gets the bet­ter of you. There is more about Do­mi­nique Gon­za­lez-Foers­ter in the ar­ticle that fol­lows, Catherine Franc­blin’s text on 1984-1999. La dé­cen­nie, the show at Centre Pom­pi­dou-Metz, which DGF de­si­gned and Sté­pha­nie Mois­don cu­ra­ted. And there will be more soon: in a year’s time, when the ar­tist has a ma­jor show at the Pa­ri­sian Pom­pi­dou Cen­ter.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.