Jac­que­line Lich­ten­stein critique de l’es­thé­tique

Art Press - - ÉDITO - in­ter­view par Clé­lia Zer­nik

Jac­que­line Lich­ten­stein. Les Rai­sons de l’art Gal­li­mard

Pro­fes­seur d’es­thé­tique et de phi­lo­so­phie de l’art, Jac­que­line Lich­ten­stein cite Nietzsche en exergue de son der­nier livre, les Rai­sons de l’art : « Tou­jours le créa­teur s’est trou­vé en désa­van­tage vis-à-vis de ce­lui qui ne fai­sait que re­gar­der sans mettre lui-même la main à la pâte. » Contre l’es­thé­tique, dis­cours sans ob­jet, elle pro­meut une « pen­sée ar­tis­tique » qui as­so­cie théo­rie et pra­tique.

En marge du titre des Rai­sons de l’art, vous ci­tez le comte de Cay­lus : « La théo­rie n’est autre chose que la rai­son de l’art. » Est-ce à dire que l’art de­vrait trou­ver ses rai­sons hors de lui-même? Non. Je di­rais même que c’est tout le contraire. Ce que Cay­lus en­tend par théo­rie n’a rien à voir avec un quel­conque sys­tème nor­ma­tif ou in­ter­pré­ta­tif, comme toutes ces théo­ries qui pré­tendent nous éclai­rer sur le sens des oeuvres. Il veut dire que la théo­rie de l’art doit être dé­ga­gée de l’art lui-même, qu’elle ne peut être qu’a pos­te­rio­ri et non a prio­ri, qu’elle est im­ma­nente à l’art. Par rai­son, il faut en­tendre rai­son im­ma­nente, et la théo­rie n’est rien d’autre que l’ex­pli­ci­ta­tion de cette rai­son im­ma­nente à l’ac­ti­vi­té ar­tis­tique. La phrase de Cay­lus ex­prime deux idées qui me sont chères. D’une part, qu’il y a une ra­tio­na­li­té ar­tis­tique ; de l’autre, que la théo­rie consiste à mettre au jour cette ra­tio­na­li­té. Dans ce livre se trouvent beau­coup d’anec­dotes per­son­nelles, de convic­tions fortes. On y en­tend votre voix. Est-ce une ma­nière de contrer un dis­cours phi­lo­so­phique abs­trait et im­per­son­nel? J’ai beau­coup hé­si­té avant de dire « je » et j’ai d’ailleurs limité l’usage de ce pro­nom per­son­nel à l’avant-pro­pos, à quelques notes et à la conclu­sion. Mais je te­nais à ins­crire l’ana­lyse phi­lo­so­phique dé­ve­lop­pée tout au long du livre dans un iti­né­raire per­son­nel. C’est la pre­mière fois que j’écris un livre où je prends clai­re­ment po­si­tion, où je dis ce que je pense, no­tam­ment de l’es­thé­tique. Cette po­si­tion est as­sez an­ti-phi­lo­so­phique. Ce qui est sur­pre­nant ve­nant d’une phi­lo­sophe. Je ne suis pas la pre­mière à vou­loir re­tour­ner la phi­lo­so­phie contre elle-même, à me ser­vir de la dé­marche phi­lo­so­phique comme d’un ou­til pour cri­ti­quer la phi­lo­so­phie. Mais ma po­si­tion est moins an­ti-phi­lo­so­phique qu’an­ti­es­thé­tique. Cette dis­ci­pline phi­lo­so­phique in­ven­tée au 18e siècle a pro­duit, me semble-t-il, un très grand nombre d’illu­sions phi­lo­so­phiques qui nour­rissent en­core au­jourd’hui le dis­cours sur l’art et sur ce qu’on ap­pelle l’ex­pé­rience es­thé­tique. Je re­proche surtout à l’es­thé­tique d’être un dis­cours sans ob­jet, fer­mé sur soi, au­to-ré­fé­ren­tiel. Ce ne sont pas les phi­lo­sophes mais les écri­vains, les ar­tistes, les cri­tiques qui m’ont ap­pris à ré­flé­chir sur l’art et qui m’ont per­mis d’avoir quelques idées justes sur l’art ou le ju­ge­ment es­thé­tique ; et il a fal­lu pour ce­la me dé­bar­ras­ser de beau­coup d’idées fausses qui ve­naient de la phi­lo­so­phie.

CRE­DO EMPIRISTE

Vous ci­tez Paul Va­lé­ry, qui dit que l’on pense comme on se cogne, et vous ra­con­tez que, dans votre che­mi­ne­ment per­son­nel, vous vous êtes d’abord co­gnée à l’art. Est-ce cette prio­ri­té qui ex­plique la sin­gu­la­ri­té de votre ap­proche ? Sans doute en par­tie. J’ai d’abord fait de la danse, puis j’ai vou­lu être co­mé­dienne. Des rai­sons de san­té m’ont obli­gée à in­ter­rompre ce pro­jet et, for­cée à l’in­ac­ti­vi­té, j’ai dé­cou­vert la phi­lo­so­phie. Si mon lien à l’art s’est trans­for­mé, il ne s’est ja­mais rom­pu. J’ai col­la­bo­ré comme dra­ma­turge avec plu­sieurs met­teurs en scène de théâtre. J’ai beau­coup ap­pris, par­ti­cu­liè­re­ment sur le plan phi­lo­so­phique, de cette col­la­bo­ra­tion. Ma ré­flexion sur les règles de l’art vient en par­tie du tra­vail ac­com­pli pen­dant des an­nées avec Bri­gitte Jaques sur les pièces de Cor­neille. Quant à la pein­ture, je me suis en ef­fet co­gnée à elle, comme on se cogne à quelque chose qui vous ré­siste. Je me suis mise à pen­ser sur la pein­ture parce que je ne sa­vais vrai­ment pas quoi pen­ser ni comment pen­ser, quoi en dire. J’ai d’ailleurs tou­jours été d’une pru­dence ex­trême dans mes ou­vrages pré­cé­dents, peut-être un peu trop. Je par­lais de textes, ana­ly­sais des dis­cours sur les oeuvres, mais par­lais peu ou pas des oeuvres elles-mêmes. Je n’osais pas. J’étais in­ti­mi­dée. C’est dans mes cours que j’ai com­men­cé à ana­ly­ser des oeuvres. Par­ler d’un ob­jet. Il n’y a rien de plus dif­fi­cile mais aus­si, je l’ai com­pris, de plus exal­tant. Vous ci­tez sou­vent la cé­lèbre dé­cla­ra­tion de Pous­sin se­lon la­quelle « le bien ju­ger est très dif­fi­cile si l’on n’a en cet art grande théo­rie et pra­tique jointes en­semble ». Faut-il au­jourd’hui revenir à cette for­mule et en faire une maxime pé­da­go­gique et pour le jeune ar­tiste en école d’art et pour le jeune phi­lo­sophe à l’uni­ver­si­té ? Pour moi, cette phrase a d’abord une fonc­tion critique, contre une cer­taine ma­nière, ty­pi­que­ment phi­lo­so­phique, de conce­voir la théo­rie comme to­ta­le­ment cou­pée de l’ex­pé­rience pra­tique. J’en fais en quelque sorte un cre­do empiriste. Le ju­ge­ment doit se fon­der sur l’ex­pé­rience. Ce­la est par­ti­cu­liè­re­ment vrai du ju­ge­ment por­té sur les oeuvres d’art. Et c’est, en ef­fet, un as­sez bon prin­cipe pé­da­go­gique pour les étu­diants. Mais à condi­tion de pré­ci­ser le sens de « théo­rie ». Car les jeunes ar­tistes comme les jeunes phi­lo­sophes font beau­coup de théo­rie au­jourd’hui, mais mal­heu­reu­se­ment la plu­part du temps de la mau­vaise. Ils ap­pellent théo­rie des idées toutes faites et toutes prêtes, qu‘ils trouvent dans ce que j’ap­pel­le­rai les grands ma­ga­sins de la pen­sée phi­lo­so­phique. C’est d’ailleurs aus­si le cas, il faut bien le dire, de beau­coup d’his­to­riens de l’art. Ces rea­dy-made de la pen­sée sont fort éloi­gnés de la vé­ri­table ré­flexion théo­rique dont l’art comme la phi­lo­so­phie ont be­soin.

FI­GURES THÉO­RIQUES

Vous ap­puyez votre ré­flexion sur les confé­rences de l’Aca­dé­mie royale de pein­ture et de sculp­ture. En quoi ces confé­rences ré­vèlent-elles un dis­po­si­tif exemplaire de « pen­sée » de l’art ? Ces confé­rences aca­dé­miques se sont te­nues une fois par mois pen­dant un siècle et de­mi (jus­qu’à la dis­so­lu­tion de l’aca­dé­mie en 1792). Elles consti­tuent un exemple sans pré­cé­dent de ce que j’ap­pelle la pen­sée ar­tis­tique. On y voit comment s’éla­bore une pen­sée en prise avec des pro­blèmes à la fois théo­riques et pra­tiques. En li­sant Cham­paigne, Bour­don,

Ou­dry, on com­prend qu’un peintre est d’abord quel­qu’un qui cherche à trou­ver une so­lu­tion pic­tu­rale à un pro­blème pic­tu­ral. Ces confé­rences m’ont ap­pris à re­gar­der au­tre­ment la pein­ture, et no­tam­ment la pein­ture mo­derne, par exemple celle de Cé­zanne ou de Ba­con. Il s’agit là d’un cor­pus ex­tra­or­di­naire et to­ta­le­ment mé­con­nu. L’édi­tion des confé­rences que nous ache­vons avec Ch­ris­tian Mi­chel compte plus de onze vo­lumes (1).

Vous don­nez chair à votre ré­flexion en uti­li­sant de nom­breuses fi­gures théo­riques. Dans leur pré­ten­tion à pro­non­cer un juste dis­cours sur l’art, quels sont les avan­tages res­pec­tifs de l’ar­tiste, du phi­lo­sophe, du critique et de l’his­to­rien ?

Le phi­lo­sophe, le critique et l’his­to­rien dont je parle sont en ef­fet des fi­gures théo­riques plus que des êtres réels. Ils in­carnent des positions dans le champ du dis­cours sur l’art, des positions qui peuvent être exem­pli­fiées par tel ou tel in­di­vi­du (par exemple, Kant ou Hei­deg­ger dans le cas de la phi­lo­so­phie). Je ne veux pas dis­tri­buer des bons ou des mau­vais points. Je di­rais sim­ple­ment que le phi­lo­sophe est ce­lui qui adopte et as­sume la plus grande po­si­tion d’ex­té­rio­ri­té par rap­port à la pra­tique ar­tis­tique. C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai de la pein­ture. La plu­part des phi­lo­sophes qui ont écrit sur la mu­sique pra­ti­quaient la mu­sique. On ne peut pas « phi­lo­so­pher » sur la mu­sique comme on phi­lo­sophe sur la pein­ture, en se conten­tant de termes vagues et dans un style in­can­ta­toire.

Vous ci­tez Frie­drich Schle­gel qui écrit que « dans ce qu’on ap­pelle phi­lo­so­phie de l’art, il manque ha­bi­tuel­le­ment l’une ou l’autre : ou bien la phi­lo­so­phie ou bien l’art ». Existe-t-il une an­ti­no­mie de droit entre phi­lo­so­phie et art ?

Je ne sais pas si cette an­ti­no­mie est de droit, mais elle me semble mal­heu­reu­se­ment de fait. On pour­rait faire quelques ex­cep­tions, comme He­gel, pour qui la phi­lo­so­phie de l’art a son point de dé­part dans l’exis­tence des oeuvres d’art. Le fa­meux « il y a ». Ce n’est pas un ha­sard s’il y a si peu de cours sur l’es­thé­tique de He­gel à l’uni­ver­si­té. Ça obli­ge­rait à par­ler des oeuvres. On pré­fère en gé­né­ral faire cours sur l’es­thé­tique de Kant !

Pour jus­ti­fier ce ren­dez-vous man­qué entre phi­lo­so­phie et art, vous évo­quez une très belle spé­ci­fi­ci­té de la pra­tique qui est la règle ar­tis­tique – une jus­tesse non contrai­gnante, loin de la nor­ma­ti­vi­té propre à une cer­taine phi­lo­so­phie. Quelles se­raient alors les ca­rac­té­ris­tiques de ces règles de l’art ?

Au dé­part, je vou­lais écrire un livre sur les règles de l’art en me fon­dant sur les ana­lyses dé­ve­lop­pées par les ar­tistes et théo­ri­ciens de l’art des 17e et 18e siècles. J’étais par­ti­cu­liè­re­ment in­té­res­sée par le fait que la règle telle que l’en­tendent les « clas­siques » s’op­pose à toute concep­tion nor­ma­tive de la règle. Et aus­si qu’elle im­plique un rap­port très étroit entre la théo­rie et la pra­tique. C’est Cor­neille qui dit tout au dé­but de son dis­cours sur le poème dra­ma­tique que ce qui le dif­fé­ren­cie de ses pré­dé­ces­seurs qui ont écrit sur le théâtre est qu’il écrit après qua­rante ans de tra­vail sur la scène. Ce qui veut dire que, lui, il sait de quoi il parle. Ce n’est pas sans rap­ports avec la phrase de Pous­sin que vous ci­tiez au dé­but. Ma ré­flexion sur la règle ar­tis­tique s’est ain­si tout na­tu­rel­le­ment trans­for­mée en une critique de l’es­thé­tique et de la concep­tion phi­lo­so­phique du ju­ge­ment es­thé­tique.

DÉ­FAITE DES GENS DE MÉ­TIER

Se­lon vous, le simple spec­ta­teur, le spec­ta­teur dés­in­té­res­sé kan­tien, do­té uni­que­ment d’une sen­si­bi­li­té ou d’une ré­cep­ti­vi­té par­ti­cu­lière à l’art, est-il un juge lé­gi­time des oeuvres ? Je ne sais pas ce qu’est un simple spec­ta­teur, et en­core moins un spec­ta­teur dés­in­té­res­sé kan­tien ! Cette idée de dés­in­té­res­se­ment est en­core une idée phi­lo­so­phique qui a fait beau­coup de dé­gâts. Elle a fait du ju­ge­ment es­thé­tique l’asile de l’igno­rance ! Ce­ci dit, ce concept de lé­gi­ti­mi­té est très am­bi­gu. De quelle lé­gi­ti­mi­té parle-t-on ? d’une lé­gi­ti­mi­té so­ciale, ins­ti­tu­tion­nelle ? S’il y a bien un do­maine où on as­siste à un conflit de lé­gi­ti­mi­tés, c’est ce­lui de l’art. En tout cas, pour ce qui me concerne, je suis to­ta­le­ment op­po­sée à l’idée que le ju­ge­ment es­thé­tique se­rait un ju­ge­ment fon­dé sur une simple pré­fé­rence – ce­la me plaît – et crois, comme mes au­teurs des 17e et 18e siècles, qu’on doit au contraire pou­voir en rendre rai­son. Cette exi­gence de rendre rai­son de son ju­ge­ment, sans la­quelle la critique d’art n’au­rait au­cun sens, est pour moi un vrai cri­tère de lé­gi­ti­mi­té.

Que vou­lez vous dire quand vous par­lez de la dé­faite des « gens de mé­tier » au mi­lieu du 18e siècle ?

De­puis la Re­nais­sance, les théo­ries de l’art étaient des théo­ries d’ar­tistes, de pra­ti­ciens. Pen­sez à Al­ber­ti, Léo­nard, Cham­paigne, Cor­neille, Boi­leau, etc. Avec l’ap­pa­ri­tion de la critique d’art, de l’es­thé­tique et de l’his­toire de l’art, qui naissent à peu près en même temps, l’une en France, les deux autres en Al­le­magne, on as­siste à la fin de ce mo­no­pole que les ar­tistes avaient exer­cé jusque-là dans le champ du dis­cours sur l’art. C’est ce que j’ai ap­pe­lé la dé­faite des « gens de mé­tier », re­pre­nant une ex­pres­sion chère à l’ab­bé Du Bos, et elle a été très mal vé­cue, comme j’es­saie de le mon­trer dans mon livre, par les aca­dé­mi­ciens. La « lé­gi­ti­mi­té » en ma­tière théo­rique, pour re­prendre votre terme, est pas­sée du cô­té des phi­lo­sophes, puis des his­to­riens et des uni­ver­si­taires. Je ne crois pas qu’il faille trop s’en ré­jouir.

Quel sta­tut don­ner aux écrits d’ar­tistes ?

Je suis une grande lec­trice des écrits d’ar­tistes, et pas seule­ment des ar­tistes théo­ri­ciens de l’Aca­dé­mie royale. Les jour­naux, cor­res­pon­dances, pro­pos qui se mul­ti­plient à par­tir du 19e siècle sont une ma­tière pre­mière in­épui­sable pour qui s’in­té­resse à l’art et veut ré­flé­chir sur l’art. Ils ap­prennent à voir et ils ap­prennent à pen­ser. Et ils per­mettent de com­prendre la spé­ci­fi­ci­té de ce que j’ap­pelle la pen­sée ar­tis­tique, celle des ar­tistes. Car les phi­lo­sophes, il faut le dire et le re­dire, n’ont pas le mo­no­pole de la pen­sée. La jus­tesse de la pen­sée ar­tis­tique tient pré­ci­sé­ment au fait qu’elle n’est ja­mais pu­re­ment spé­cu­la­tive, qu’elle im­plique tou­jours un rap­port pra­tique à la théo­rie.

Cette sub­sti­tu­tion de la pen­sée ar­tis­tique à un ju­ge­ment es­thé­tique at­teint son comble se­lon vous dans tout un pan de l’art contem­po­rain qui fait pré­ci­sé­ment de l’art « un pur ef­fet de l’es­thé­tique » ou, pour le dire au­tre­ment, qui af­firme avec Du­champ que c’est le re­gar­deur qui fait le ta­bleau.

Cette phrase a fait beau­coup de dé­gâts. Non qu’elle soit fausse, mais elle a ser­vi de pré­texte pour se dé­bar­ras­ser en­fin de l’ob­jet, cet em­pê­cheur de pen­ser en rond, pour nier l’exis­tence de pro­prié­tés ar­tis­tiques et donc an­nu­ler la dis­tinc­tion entre l’es­thé­tique et l’ar­tis­tique, c’est-à-dire le plan de la ré­cep­tion et ce­lui de la pro­duc­tion. Elle a ser­vi d’ali­bi à l’al­liance du sub­jec­ti­visme et du re­la­ti­visme qui sont à mes yeux les deux plaies de la pen­sée contem­po­raine.

(1) J. Lich­ten­stein et Ch. Mi­chel, Confé­rences de l’Aca­dé­mie de pein­ture et de sculp­ture, Beaux-Arts de Pa­ris.

Jac­que­line Lich­ten­stein (Ph. J. Sassier/Gal­li­mard)

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