So­phie Du­bosc

Frac Haute-Nor­man­die / 17 mai - 27 juillet 2014

Art Press - - REVIEWS -

Avec très peu de pièces, toutes d’une grande den­si­té, So­phie Du­bosc in­ves­tit l’es­pace en dia­lo­guant avec son ar­chi­tec­ture. Ré­mi­nis­cence ren­voie au­tant au voile in­té­gral qu’au dra­pé de la sta­tuaire an­tique, et le ton est don­né: la sculp­ture se­ra in­ves­tie d’une sym­bo­lique forte, les formes tou­jours jus­ti­fiées par une ré­flexion dont la source re­monte à un in­cons­cient col­lec­tif, au sens psy­cha­na­ly­tique, his­to­rique et po­li­tique. L’ar­tiste ré­ac­tive des pièces plus an­ciennes comme Dé­charge (2005), bureau de maître d’école dont le pla­teau est re­cou­vert d’encre de Chine, mi­roir noir in­car­nant la vio­lence du prin­cipe d’au­to­ri­té. Elle ex­pé­ri­mente éga­le­ment des pro­po­si­tions évo­lu­tives in si­tu, no­tam­ment Prière (2013) réa­li­sée à par­tir de ta­pis de prière, re­cou­verts d’une couche de cendres met­tant en va­leur les or­ne­men­ta­tions flo­rales tis­sées. Au­cun mes­sage n’est adres­sé, car l’ar­tiste conteste le prin­cipe de la sculp­ture-mo­nu­ment au dis­cours uni­voque. Ain­si, Dé­tail (2014) im­pres­sionne par sa charge émo­tion­nelle et la ri­gueur mi­ni­male qui la condi­tionne : une frise mu­rale et rec­ti­ligne court le long du mur, mais pour ce­la plu­sieurs ki­los de che­veux ont été ré­cu­pé­rés chez des coif­feurs des alen­tours, cou­pés en mi­nus­cules mor­ceaux, ce qui les trans­forme en une masse ano­nyme, plate et com­pacte. Une che­ve­lure n’est rien – elle peut être cou­pée sans que ce­la fasse le moindre mal – mais l’exi­gence de sin­gu­la­ri­té, elle, est tout.

Léa Bis­muth With a ve­ry small num­ber of pieces, all ex­tre­me­ly dense, So­phie Du­bosc’s ins­tal­la­tion dia­logues with the ar­chi­tec­ture of FRAC Haute-Nor­man­die. Ré­mi­nis­cence re­fe­rences both the cha­dor and an­tique dra­pe­ry, set­ting the tone for the po­wer­ful sym­bo­lism of this sculp­ture with sources deep in the col­lec­tive un­cons­cious, whe­ther psy­cho­ana­ly­ti­cal, his­to­ri­cal or po­li­ti­cal. The ar­tist is reac­ti­va­ting ol­der pieces such as Dé­charge (2005), a school­mas­ter’s desk with black In­dian ink co­ve­ring the top, as if to evoke the vio­lence of the au­tho­ri­ty prin­ciple. She al­so ex­pe­ri­ments with ope­nen­ded site-spe­ci­fic pro­po­si­tions, no­ta­bly Prière (2013), made using prayer mats, with a fine layer of ash set­ting off the wo­ven flo­ral pat­terns. There is no ob­vious mes­sage here be­cause the ar­tist contests the prin­ciple of the de­cla­ra­tive sculp­ture-mo­nu­ment. Dé­tail (2014) im­presses by its mi­ni­ma­list ri­gor: a rec­ti­li­near frieze runs along the wall, but its flat, com­pact mass is made of snip­pets of hair col­lec­ted from lo­cal hair sa­lons A hair is no­thing: it can be cut wi­thout hur­ting in the sligh­test, but the in­sis­tence on sin­gu­la­ri­ty means eve­ry­thing.

Trans­la­tion, C. Pen­war­den

De haut en bas/ from top: C. Bour­gue­dieu. « La Mon­tagne » / ”Mountain.” 2011. So­phie Du­bosc. « Dé­charge ». 2005. (Ph. M. Do­mage). “Dump”.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.