Ch­ris­tian Gon­zen­bach

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Ga­le­rie Vincent Sa­tor / 5 juin - 19 juillet 2014

La ga­le­rie Vincent Sa­tor vient d’of­frir une carte blanche à la ga­le­rie Saks de Ge­nève, qui a choi­si d’y pré­sen­ter le tra­vail de Ch­ris­tian Gon­zen­bach. L’ar­tiste a pro­duit spé­cia­le­ment une nou­velle sé­rie de sculp­tures, Sal­mi­gon­dis. On entre dans la ga­le­rie comme dans un aqua­rium, ou bien comme dans un pay­sage qui se­rait ha­bi­té de ro­chers de let­tré chi­nois. Mais ce ne sont pas des pierres ; les formes or­ga­niques de ces oeuvres aux cou­leurs gris-bleu, rose ou jade, po­sées sur de hauts socles vio­lets, ré­sultent de longues ma­ni­pu­la­tions. Elles sont en­core em­preintes d’une autre am­bi­guï­té : on ima­gi­ne­rait les cal­ci­fi­ca­tions de sta­lag­mites, d’au­tant qu’une magnifique sé­rie de sé­ri­gra­phies à l’acide sur ci­ment oc­cupe un mur de la ga­le­rie, qui ré­vèle des images de grottes dis­soutes dans le gris du ma­té­riau. Les Sal­mi­gon­dis sont en réa­li­té des mou­lages de formes en creux. Ch­ris­tian Gon­zen­bach a fait cou­ler du plomb dans un bloc de po­ly­sty­rène qu’il a en­suite lé­gè­re­ment agi­té, puis il a mou­lé en ré­sine l’es­pace pro­duit en né­ga­tif par la com­bus­tion du bloc. Dans d’autres sculp­tures, c’est une clef à mo­lette chauf­fée à blanc que l’on re­con­naît ici ou là, qui semble avoir été en­glou­tie dans la ma­tière. L’ob­jet le plus mys­té­rieux est un pe­tit mon­ti­cule ; c’est la sta­tuette d’un sphinx égyp­tien dont la sil­houette et les pattes af­fleurent ici et là. La ré­fé­rence phi­lo­so­phique se mêle ici à une to­na­li­té plus lé­gère. Une pierre contient la mon­tagne, qui contient l’uni­vers ; ce sont aus­si des jeux d’en­fants qui jouent au fan­tôme sous les draps.

Anaël Pi­geat « Sal­mi­gon­dis ». 2014. Bé­ton. (Court. ga­le­ries Sa­tor et Saks). Con­crete Ga­le­rie Vincent Sa­tor has just gi­ven carte blanche to the Saks gal­le­ry in Ge­ne­va, which has cho­sen to present the work of Ch­ris­tian Gon­zen­bach. For the oc­ca­sion, the ar­tist has pro­du­ced a new se­ries of sculp­tures, the Sal­mi­gon­dis, tur­ning the gal­le­ry in­to a kind of aqua­rium or land­scape of Chi­nese scho­lar’s rocks. But they are sim­ply stones. The or­ga­nic forms of these gray-blue, pink or jade works pla­ced on tall purple bases, are the re­sult of long hand­ling. They are in­fu­sed with ano­ther kind of am­bi­gui­ty, too: one can ima­gine them as sta­lag­mites, es­pe­cial­ly gi­ven the cave-like ef­fect crea­ted by the aci­dic silks­creens et­ched in­to the grey ce­ment of one wall. In fact, the Sal­mi­gon­dis are cast ob­jects. Gon­zen­bach flo­wed lead in­to a block of po­ly­sty­rene and then wig­gled it a bit, and then mol­ded a re­sin form in the re­sul­ting space. In other sculp­tures, we re­co­gnize what looks like a mon­key wrench made white hot and plun­ged in­to the ma­te­rial. The most mys­te­rious ob­ject is a kind of lit­tle mound, which is a small Egyp­tian sphinx, its sil­houette and paws vi­sible on the sur­face here and there. Here, phi­lo­so­phy takes on a ligh­ter tone. A stone contains the mountain, which contains the uni­verse. Like chil­dren playing ghosts un­der the sheets.

Trans­la­tion, C. Pen­war­den

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