IN­TI­MI­TÉ DES IMAGES

Art Press - - INTRODUCING -

Les vi­déos de Ré­my Ya­dan sont des tra­vaux mé­di­ta­tifs, une pra­tique à part. Il y tra­vaille seul, tant pour la prise de vue que pour le mon­tage. Cer­taines tendent vers le do­cu­men­taire et l’ex­plo­ra­tion de pro­blé­ma­tiques po­li­tiques et so­ciales, mais elles sont tou­jours trai­tées poé­ti­que­ment, comme des voyages in­té­rieurs. Dans Madres (2006) par exemple, il évoque l’his­toire po­li­tique de l’Ar­gen­tine, à tra­vers des images d’ab­sence, les vi­sages des « Mères de la place de Mai » à Bue­nos Aires, dont les en­fants ont dis­pa­ru pen­dant la dic­ta­ture entre 1976 et 1983. Plus ré­cem­ment, il vient de re­mettre en lu­mière un cha­pitre dou­lou­reux de l’his­toire ita­lienne avec les Vrais hommes (2014). La beau­té des îles Tre­mi­ti, sur la côte Adria­tique ita­lienne, contraste ter­ri­ble­ment avec leur his­toire ; Mus­so­li­ni y a fait dé­por­ter les ho­mo­sexuels entre 1928 et 1945. Le fait re­li­gieux est éga­le­ment par­mi les su­jets aux­quels il re­vient sou­vent, par exemple dans la vi­déo Je sais que tu m’en­tends (2009), in­quié­tante dé­non­cia­tion des pra­tiques d’une église fa­na­tique ar­gen­tine (la bande-son d’une cé­ré­mo­nie est su­per­po­sée à des images de pas­sants dans la rue), ou en­core dans le Bois des fous, qui montre un par­don en Bre­tagne, suc­ces­sion d’images ar­ra­chées au réel, par­fois su­per­po­sées, et tou­jours hors du temps. C’est plu­tôt à la my­tho­lo­gie que fait ap­pel Du sang au coeur, court film d’une grande vio­lence, dans le­quel deux pay­sans abattent un la­pin ; il les a vou­lu ani­més comme des

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