Gé­rard Sin­ger’s Ca­nyon Poe­tics

Art Press - - REDISCOVERY -

mur au pro­fit de la no­tion d’es­pace et de cir­cu­la­tion. C’est après cette ex­pé­rience que j’aban­don­nai la pein­ture de che­va­let ac­cro­chable au mur, puisque le mur ne de­vait plus exis­ter », écrit Sin­ger à pro­pos de cette oeuvre inau­gu­rale.

ART NOU­VEAU, VILLES NOU­VELLES

Pour réa­li­ser ces sculp­tures pra­ti­cables, l’ar­tiste ex­plore de­puis le dé­but des an­nées 1960 de nou­veaux ma­té­riaux, no­tam­ment le po­ly­sty­rène ex­pan­sé, qu’il tra­vaille en né­ga­tif et sur un mode mo­nu­men­tal pour y cou­ler du bé­ton ou de la ré­sine. Jean Du­buf­fet le consulte à ce pro­pos en 1967 car il tra­vaille alors au pas­sage de l’Hour­loupe en trois di­men­sions. Une ami­tié naît entre les deux hommes. Du­buf­fet contri­bue à le faire en­trer dans la ga­le­rie Jeanne Bu­cher, avec la­quelle il col­la­bore jus­qu’à la fin de sa vie. L’époque voit sor­tir de terre les villes nou­velles, dont le pro­gramme ar­chi­tec­tu­ral com­prend im­man­qua­ble­ment un vo­let artistique. Sin­ger dé­ve­loppe alors une théo­rie de la « contre-ar­chi­tec­ture », qui consiste à « créer un es­pace n’ayant d’autre fonc­tion que sa réa­li­té poé­tique ». En 1975, il col­la­bore à nou­veau avec An­drault & Pa­rat à Évry, où il ins­talle le Dé­am­bu­la­toire, grande cou­lée de ré­sine bleue hé­ris­sée çà et là de pics do­lo­mi­tiques et de sou­lè­ve­ments tec­to­niques. À L’Isle d’Abeau (Isère), il réa­lise une longue pas­se­relle per­met­tant d’ac­cé­der à un ly­cée. Cer­tains pro­jets, entre autres à La Dé­fense, ne voient mal­heu­reu­se­ment pas le jour. Au dé­but des an­nées 1980, l’ar­tiste se pas­sionne pour l’in­fo­gra­phie, et no­tam­ment la pla­ni­mé­trie et le re­le­vé de courbes de ni­veaux. Dès lors, il uti­lise les mêmes ou­tils que les ar­chi­tectes et les ur­ba­nistes. À par­tir d’un simple des­sin, l’or­di­na­teur mo­dé­lise la sculp­ture en trois di­men­sions. La der­nière ex­po­si­tion de Sin­ger chez Jeanne Bu­cher, en 1990, dé­voile jus­te­ment ces re­cherches sous la forme de grands des­sins de mon­tagnes gé­né­rés par l’in­for­ma­tique. Mais avant ce­la, Gé­rard Sin­ger au­ra inau­gu­ré en 1988 le Ca­nyo­neaus­trate, son grand oeuvre qui fait face au Pa­lais Om­ni­sports de Ber­cy conçu, en­core une fois par ses com­parses An­drault & Pa­rat. Gé­rard Sin­ger Pa­ris 1929 - 2007 Ex­po­si­tions prin­ci­pales 1937 Ga­le­rie Char­pen­tier, Pa­ris 1945 Ga­le­rie Du­rand-Ruel, Pa­ris 1958 Ré­si­dence au Centre ato­mique de Sa­clay 1961 Bien­nale de Pa­ris 1975 Le Dé­am­bu­la­toire, Évry 1988 Le Ca­nyo­neaus­trate, Pa­ris

From ear­ly po­li­ti­cal rea­lism to his pu­blic art in the 1980s, the work of Gé­rard Sin­ger (1929-2007) is worth re­dis­co­ve­ring. Mad about moun­tains, he was a pro­fes­sor at the Pa­ris Beaux-arts and a pioneer in the use of new ma­te­rials and com­pu­ter-as­sis­ted de­si­gn. Fol­lo­wing a show at the Mer­cier & As­so­ciés gal­le­ry in Pa­ris last sum­mer, the FRAC Centre in Or­léans will present his work as part of an ex­hi­bi­tion en­tit­led

from April through Au­gust 2015.

Ma­quette pour le « Ca­nyo­neaus­trate ». 1986. Bois peint et encre de Chine. 85 x 57,5 x 21 cm. (Court. ga­le­rie Mer­cier & as­so­ciés, Pa­ris ; Ph. A. Gi­rar­di). Mo­del for “Ca­nyo­neaus­trate.” Pain­ted wood, In­dia ink

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