Tania Mou­raud mé­di­ta­tion per­pé­tuelle

Tania Mou­raud Let­ter and Spi­rit. Anne Tronche

Art Press - - CONTENTS - Anne Tronche

Du 4mars au 5 oc­tobre 2015, le Centre Pom­pi­dou-Metz présente une im­por­tante ré­tros­pec­tive de l’oeuvre de Tania Mou­raud dans un par­cours al­lant de 1968 à 2015. Fin juin, l’ex­po­si­tion se dé­ploie­ra à l’échelle de la ville de Metz par une pro­me­nade ur­baine fé­dé­rant huit lieux par­te­naires aus­si bien ins­ti­tu­tion­nels – le Frac, l’Ar­se­nal, la cha­pelle des Tem­pliers, le mu­sée de la Cour d’Or – que pri­vés. Cette pro­gram­ma­tion ex­cep­tion­nelle se­ra as­so­ciée à des concerts et à des per­for­mances té­moi­gnant d’un as­pect es­sen­tiel de l’ac­ti­vi­té de l’ar­tiste qui accorde une même im­por­tance à l’ex­plo­ra­tion spé­cu­la­tive du vi­sible et du so­nore.

En 1977, cin­quante-quatre af­fiches ap­pa­raissent sur quelques murs du nord-est et de l’est pa­ri­siens, po­si­tion­nées sur des pan­neaux ha­bi­tuel­le­ment des­ti­nés à la pu­bli­ci­té. À re­bours du lan­gage pu­bli­ci­taire, la trans­mis­sion vi­suelle n’obéit à au­cun mes­sage par­ti­cu­lier. Cette énigme mu­rale s’ap­puie sur un mot, écrit en grandes lettres bâ­ton : « NI ». Ra­pi­de­ment, il ap­pa­raît que cette in­ter­ven­tion ur­baine est due à une ar­tiste, Tania Mou­raud, dont le tra­vail a dé­jà mo­bi­li­sé le ma­té­riau lin­guis­tique, le plus sou­vent pour ana­ly­ser les mé­ca­nismes de la per­cep­tion. Dans cette ex­pé­rience ur­baine s’énonce une ré­sis­tance à tout dis­cours, une mé­fiance à l’égard de cet ho­mo lo­quax s’au­to­ri­sant, se­lon Berg­son, à par­ler de tout dans la faus­se­té de son rap­port au monde. La jeune ar­tiste vient pour la pre­mière fois d’uti­li­ser la ville comme un « théâtre d’opé­ra­tion » (1). S’étant fait connaître de quelques pro­fes­sion­nels de l’art, en 1970, à l’oc­ca­sion d’une ex­po­si­tion au­da­cieuse,

One more night, il est ap­pa­ru que son ex­pres­sion épu­rée en­gage très sub­ti­le­ment sa ré­flexion sur le ter­rain des consi­dé­ra­tions so­cio­lo­giques et cri­tiques. Son en­vi­ron­ne­ment en for­mi­ca qui dé­leste l’es­pace en­vi­ron­nant de sa masse par les seuls pou­voirs de sa lu­mière et de son achro­mie trouve, de plus, une pro­fon­deur spa­tiale ori­gi­nale grâce une com­po­si­tion élec­tro­nique com­man­dée à Éliane Ra­digue (2). Dans l’ar­chi­tec­ture py­ra­mi­dale de One more night, une fosse est créée aux di­men­sions du corps de l’ar­tiste, ac­cen­tuant sans que rien ne soit ex­pli­cite l’at­mo­sphère de spi­ri­tua­li­té dif­fuse de l’en­semble.

ÉTATS LI­MITES DE LA PER­CEP­TION

Sen­ti­ment confir­mé, l’an­née sui­vante par un nou­vel en­vi­ron­ne­ment au­dio-per­cep­tif, conçu pour les lo­caux de la ga­le­rie LP 220, à Tu­rin. Tania Mou­raud y présente son Ini

tia­tion Room n° 2, chambre pa­ral­lé­lé­pi­pé­dique la­quée de blanc, éclai­rée à la lampe fluo­res­cente. Ne fai­sant qu’un mètre cin­quante de hau­teur, le vi­si­teur doit, pour y de­meu­rer, choi­sir la po­si­tion as­sise, ce qui le met en condi­tion pour contem­pler l’es­pace et res­sen­tir les ondes si­nu­soï­dales d’une fré­quence so­nore conti­nue de 200 Hz. Le concept de Chambres de mé­di­ta­tion ( 3), a été for­mu­lé lors de son ex­po­si­tion à la ga­le­rie Lar­cade, à Pa­ris, par une sé­rie de plans pro­po­sant d’ajou­ter au coeur des ap­par­te­ments stan­dar­di­sés des an­nées 1960-70, une chambre à soi per­met­tant d’échap­per au poids de la vie quo­ti­dienne. « Un sup­plé­ment d’es­pace pour un sup­plé­ment d’âme », ain­si que le ré­su­ma Pierre Res­ta­ny (4). En ces an­nées 1960-70, nom­breux sont les ar­tistes qui em­pruntent les che­mins d’un voyage ini­tia­tique en Inde, par­fois à la re­cherche d’un maître à pen­ser (5). L’Ini­tia

tion Room n° 2 va ain­si ac­cueillir, pour une soi­rée, la per­for­mance du chan­teur in­dien Pan­dit Prân Nath, ac­com­pa­gné aux ta­blas par Ann et Ter­ry Ri­ley, dont il fut l’in­fluent pro­fes­seur, de même que ce­lui de La Monte Young (6), pré­sent par des per­for­mances mu­si­cales. Les cor­res­pon­dances qui se nouent, dans cette pé­riode, entre Tania Mou­raud et les re­pré­sen­tants de la mu­sique ré­pé­ti­tive, puis avec Jon Gib­son, sont si­gni­fi­ca­tives de la vo­lon­té de la jeune ar­tiste d’oeu­vrer sur le ter­rain de la sti­mu­la­tion sen­so­rielle en don­nant à la dé­ma­té­ria­li­sa­tion de l’oeuvre d’art (7), telle que la for­mulent les ar­tistes en­ga­gés dans une pro­blé­ma­tique concep­tuelle, la ca­pa­ci­té d’at­teindre les états li­mites de la per­cep­tion. Le titre don­né aux oeuvres spa­tiales : Es­pace de mé­di­ta­tion ou Es­pace d’ini­tia­tion s’éta­blit en écho à des phi­lo­so­phies in­diennes et à leur concept de tem­po­ra­li­té. À la fin de l’an­née 1973, Tania Mou­raud ex­pose à la sec­tion Arc, du mu­sée d’art mo­derne de la Ville de Pa­ris. La Chambre de

mé­di­ta­tion ini­tia­le­ment pré­vue ne pou­vant être réa­li­sée, faute de bud­get suf­fi­sant, l’ar­tiste y montre une sé­rie de mon­tages pho­to­gra­phiques dans les­quels elle sou­met à la ques­tion la vi­sion comme sa propre iden­ti­té. Le texte s’as­so­cie à l’image et en in­ter­roge la ma­ni­fes­ta­tion : Is name gi­ven to form ? ;

People call me Tania Mou­raud ; Can I be

any­thing wich, I say, I Pos­sess ? Son par­fait bi­lin­guisme, fa­vo­ri­sé par des études en An­gle­terre et par des pas­sages fré­quents à New York, l’in­cite à ac­cen­tuer la trans­ver­sa­li­té entre plu­sieurs men­ta­li­tés ar­tis­tiques par le choix de la langue an­glaise. On note que le « je » est très pré­sent dans un grand nombre de ses oeuvres, mais un « je » qui semble tout à la fois s’af­fir­mer et se dis­soudre dans une cu­rieuse mise en doute de l’iden­ti­té, no­tam­ment à par­tir de sa propre image à tout âge. Fait in­té­res­sant, cette sé­rie d’oeuvres re­quiert dans cer­tains cas la collaboration du des­ti­na­taire, dans la me­sure où les images de ce­lui-ci se sub­sti­tue­ront à celles de l’ar­tiste, en cas d’acquisition. Com­ment ne pas pen­ser aux stra­té­gies uti­li­sées, dans les an­nées 1980, par Phi­lippe Tho­mas pour per­mettre au col­lec­tion­neur de prendre la place de l’ar­tiste ?

DU PHY­SIQUE AU MEN­TAL

Les re­la­tions du texte et de l’image pho­to­gra­phique vont ra­pi­de­ment connaître un développement fa­vo­ri­sant l’ins­tal­la­tion in si­tu. En 1977, l’ar­tiste réa­lise au centre cultu­rel new-yor­kais P.S. 1, un en­vi­ron­ne­ment in­ti­tu­lé

Art Space n° 5, consti­tué d’une seule phrase de 33 mètres de long peinte sur les quatre murs de l’es­pace : Me­mo­ry of a non-existent

seeing (Mé­moire d’un art de voir non exis­tant). Pour re­cons­ti­tuer la to­ta­li­té de la phrase, le spec­ta­teur a dû tour­ner sur lui­même et adop­ter une suc­ces­sion de points de vue mo­biles. Ce­lui qui re­garde est de­ve­nu l’ob­jet de l’énon­cé. Et ce double jeu opère dis­crè­te­ment un dé­pla­ce­ment du phy­sique au men­tal. Cette ins­tal­la­tion pour­suit l’ex­pé­rience conduite deux ans plus tôt dans les lo­caux de la ga­le­rie 33 à Pa­ris, à l’aide de bâches plas­tiques trans­pa­rentes qui portent des textes in­ter­ro­geant les condi­tions de la per­cep­tion vi­suelle. La trans­pa­rence laisse voir le mur, per­met aux mots de flot­ter comme s’ils su­bis­saient l’at­trac­tion de l’es­pace. Entre les nom­breuses installations in si­tu, réa­li­sées par l’ar­tiste de 1973 à 1977, va se consti­tuer un jeu de rimes dé­ca­lées trai­tant de la vi­si­bi­li­té, du sen­ti­ment de l’es­pace, de la mé­moire des ins­crip­tions. C’est en tra­vaillant avec les né­ga­tifs des pho­to­gra­phies de son « NI », que l’ar­tiste dé­couvre les po­ten­tia­li­tés vi­suelles conte­nues dans les jeux de ré­ver­si­bi­li­té du blanc et du noir. Il ne s’agit plus de lire le mot dans les lettres noires, mais de les de­vi­ner dans les ré­serves du fond blanc. C’est le dé­but d’une sé­rie d’oeuvres re­grou­pées sous le titre gé­né­rique de Black Po­wer qui prend forme. Les pre­mières toiles peintes uti­lisent des châs­sis de quatre cen­ti­mètres d‘épais­seur, les oeuvres sui­vantes adoptent l’ap­pa­rence de cais­sons (8) qui couvrent les murs à la ma­nière d’en­vi­ron­ne­ment af­fir­mant leur « cho-

séi­té ma­té­rielle » (9). In­ver­sant la hié­rar­chie du noir et du blanc en ma­tière de lec­ture, les vo­lumes noirs confèrent au mur blanc un rôle dans l’énon­cé lin­guis­tique. LU; NI CE­CI NI CE­LA ; BLACK CONTIENT, AUTRE : dans ces jeux entre positif et né­ga­tif s’énonce à éga­li­té le sen­ti­ment de per­ce­voir (VU), et des al­lu­sions aux luttes conduites par les AfroA­mé­ri­cains pour dé­fendre leurs droits ci­viques (BLACK CONTI­NENT). Alors que les pre­miers tra­vaux réa­li­sés avec des lettres bâ­tons conser­vaient une cer­taine li­si­bi­li­té, le sys­tème d’en­co­dage va, avec le temps, se fixer sur des lettres ex­trê­me­ment al­lon­gées ou sur des contre-formes courbes, de­ve­nues des ponc­tua­tions dy­na­miques in­ter­ro­geant l’ex­pé­rience per­cep­tive. Il ne n’agit plus exac­te­ment de voir mais, se­lon l’une des pré­oc­cu­pa­tions les plus in­times de Tania Mou­raud, de se faire voyant.

L’IMAGE COMME ACTE

Se faire voyant, de fa­çon à ac­cueillir aus­si bien ce qui se­coue pro­fon­dé­ment nos so­cié­tés, les phé­no­mènes de ra­cisme, les luttes so­ciales, que les si­lences de l’His­toire. Sight

seeing, réa­li­sée en 2002, inau­gure avec la vi­déo un nou­veau re­gistre tech­nique du tra­vail de l’ar­tiste. Tour­née à l’ar­rière d’une voi­ture, l’image capte des pay­sages de cam­pagne en­nei­gée, pac­tise avec le brouillard et s’offre au re­gard dans une cer­taine neu­tra­li­té, avant de s’ache­ver sur l’en­trée du camp de con­cen­tra­tion de Natz­weiller-Stru­thof, en Al­sace. Le tra­jet s’est ef­fec­tué au son d’une cla­ri­nette qui ne dra­ma­tise rien, mais qui n’im­pose pas non plus l’au­to­ri­té des notes. Pu­di­que­ment, l’ar­tiste nous dit que la Shoah a eu lieu. C’est un sa­voir qui ne ré­clame au­cune preuve. Au-de­là de la bar­rière qui ferme le ter­ri­toire, quelque chose, struc­tu­rel­le­ment, ne sau­rait s’énon­cer dans des images. En consi­dé­rant les vi­déos réa­li­sées au cours des an­nées, s’af­firme la res­pon­sa­bi­li­té de l’ar­tiste dans le conte­nu et le trai­te­ment des cap­ta­tions. Aus­si bien les chiens d’une meute se dis­pu­tant la chair d’un gi­bier (la

Cu­rée), les corps d’ou­vriers d’une fa­brique de tex­tile contraints à un rythme épui­sant (la

Fa­brique), que la chute des livres vers des presses hy­drau­liques s’ap­prê­tant à les broyer (Ad Nau­seam) nous de­mandent d’in­ter­ro­ger notre rap­port à l’image, quand rien ne vient atténuer la puis­sance de leur agres­si­vi­té. Une ma­ni­pu­la­tion sa­vante du ca­drage et du mon­tage as­so­ciée à un tra­vail so­nore très maî­tri­sé dé­passe les enjeux d’une simple nar­ra­tion pour nous faire com­prendre des phé­no­mènes de seuil, là où s’éta­blit le par­tage entre le réel et l’ima­gi­naire, entre la conscience et les af­fects. L’image, non plus comme un double, mais comme un acte. L’ar­chi­tec­ture et la sub­stance du vide, le mot et l’es­pace, l’image mo­bile et le son ont construit au cours des an­nées au sein du par­cours de Tania Mou­raud un mode de po­si- tion­ne­ment ac­tif, aux fron­tières des genres et des lan­gages, dans ces zones qui brisent l’en­fer­me­ment de la pen­sée en lui at­tri­buant un rôle éman­ci­pa­teur. Une ré­tros­pec­tive de son tra­vail était né­ces­saire pour prendre la me­sure d’une oeuvre por­tée par des in­tui­tions éclai­rantes et des po­si­tions mo­rales qui n’ont pas fai­bli. Le Centre Pom­pi­dou-Metz en a pris ju­di­cieu­se­ment l’ini­tia­tive, en as­so­ciant à cet évé­ne­ment huit lieux par­te­naires de la ville qui thé­ma­ti­se­ront leur pré­sen­ta­tion. Ini­tia­tive ori­gi­nale et pleine de sens pour com­prendre une oeuvre qui n’a ces­sé de don­ner un conte­nu à cette ques­tion : de quel point de vue s’agit-il ?

(1) J’em­prunte cette for­mule à Ar­nauld Pierre, telle qu’elle ap­pa­rut dans son im­por­tant ou­vrage mo­no­gra­phique consa­cré à Tania Mou­raud, Flam­ma­rion, 2004. (2) Pion­nière au syn­thé­ti­seur, cette com­po­si­trice sin­gu­lière a très tôt fixé ses choix sur des sons conti­nus, dit « drones ». (3) Au cours des an­nées, 5 Chambres de mé­di­ta­tion se­ront réa­li­sées. (4) Pierre Res­ta­ny, One more night, cat. d’ex­po­si­tion, ga­le­rie Rive Droite, Pa­ris 1970. (5) À par­tir de 1971, Tania Mou­raud sé­journe ré­gu­liè­re­ment en Inde, plus par­ti­cu­lièment dans l’État du Ke­ra­la. (6) Ren­con­tré lors d’un concert à la Fon­da­tion Maeght, La Monte Young n’a pas en­core conçu ses Dream Houses sous forme de lieux clos. Cette ap­pel­la­tion concerne seule­ment des per­for­mances mu­si­cales don­nées avec de nom­breux ins­tru­ments. (7) Le texte de Lu­cy Lip­pard, Six Years: The De­ma­te­ria­li­za­tion of the Art Ob­ject ne pa­raî­tra qu’en 1973 aux éd. Prae­ger. (8) Cet usage du cais­son de bois re­cou­vert de pein­ture trou­ve­ra avec la sé­rie De la dé­co­ra­tion à la dé­co­ra­tion une in­ven­ti­vi­té géo­mé­trique nou­velle. Il ne s’agit pas d’une étude chro­ma­tique, mais d’une sym­bo­lique re­pré­sen­tant l’ordre éta­bli par dif­fé­rents pou­voirs. (9) Ar­nauld Pierre, op. cit. (10) Rap­pe­lons ce­pen­dant la ma­gni­fique ex­po­si­tion pré­sen­tée en 2014 au Mac­Val, à par­tir d’une ins­tal­la­tion vi­déo de grande am­pleur Ad Nau­seam et d’un af­fi­chage mo­nu­men­tal sur les murs ex­té­rieurs de 40 mètres de long avec la phrase : CEUXQUINEPEUVENTSE RAPPELERLEPASSESONTCONDAMNÉSALEREPETER. Anne Tronche est cri­tique d’art, au­teur de plu­sieurs ou­vrages sur l’art contem­po­rain. À pa­raître : Jan Voss, Ha­zan, mai 2015.

« Ini­tia­tion Room n°2 ». 1971. Laque blanche sur le sol, murs et pla­fond, lu­mière in­di­recte fré­quence si­nu­soï­dale 200 Hertz 600 x 500 x 200 x 150 cm. (Gal­le­ria LP 220, Tu­rin © Ph. Be­ren­go-Gar­din). White en­amel on ground, walls and cei­ling. In­di­rect light. Sound: si­nu­soid wave

Ci-des­sus / above: « Sight­seeing ». 2002. Pro­jec­tion vi­déo, DVD 7“. Mu­sique Cl. Mov­ses­sian. (Coll. mu­sée d’art mo­derne de la Ville de Pa­ris et les Abat­toirs, mu­sée-centre d’art contem­po­rain, Tou­louse) Ci-contre / right: « Ci­ty Per­for­mance n°1 ». 1977-1978. Af­fiche sé­ri­gra­phiée. 3 x 4 m. In­ter­ven­tion ur­baine, Pa­ris. (Coll. Frac Lor­raine. Ph. © Tania Mou­raud). Silks­creen on bill­board

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