UNE HIS­TOIRE DE RE­GARD

Art Press - - PARÉIDOLIE -

in­ter­view de Gé­rard Tra­quan­di par Sarah Ih­ler-Meyer

Quel est le prin­cipe de cette ex­po­si­tion ? Elle est conçue à par­tir de deux contraintes. D’une part, l’es­pace qui m’est al­loué : il s’agit d’une salle char­mante mais as­sez pe­tite ; d’autre part, il s’agit de tra­vailler à par­tir des col­lec­tions des Mu­sées de Mar­seille – le mu­sée Long­champ, le mu­sée Can­ti­ni, le mu­sée Gro­bet-La­ba­dié et le mu­sée d’art contemporain. L’en­jeu n’est pas d’éla­bo­rer un dis­cours que je vien­drais nour­rir par des oeuvres, mais d’or­ga­ni­ser un en­semble co­hé­rent à par­tir des oeuvres ras­sem­blées. L’ex­po­si­tion dé­pen­dra des fonds des dif­fé­rents mu­sées de Mar­seille, en ré­vé­le­ra les forces et les fai­blesses. Ce dont je me suis aper­çu, c’est que plus on s’ap­proche de l’époque contem­po­raine, moins les col­lec­tions sont riches. Il y a eu des do­na­tions im­por­tantes pour les 16e, 17e et 18e siècles, en par­ti­cu­lier ita­liens, qui n’ont pas trou­vé leurs équi­va­lents pour l’époque mo­derne et contem­po­raine. Aus­si, par­mi les des­sins que je pré­sen­te­rai, seule­ment deux ou trois se­ront de l’époque contem­po­raine. Quels sont les cri­tères qui pré­sident à votre sé­lec­tion ? J’ai de­man­dé à ne pas avoir connais­sance des lé­gendes des oeuvres aux­quelles j’ai eu ac­cès jus­qu’à pré­sent. Ça m’amu­sait de choi­sir des des­sins uni­que­ment pour ce qu’ils sont, sans né­ces­sai­re­ment connaître leur si­gna­ture. Dans un pre­mier temps, j’ai éli­mi­né la plu­part des des­sins qui s’ap­pro­chaient de la pein­ture. La dé­fi­ni­tion du des­sin qui me plaît le plus est celle de Walter Ben­ja­min, se­lon la­quelle le des­sin est le pré­sup­po­sé du blanc. Se­lon Ben­ja­min, un des­sin qui cou­vri­rait toute la sur­face

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