RÉ­FLEXIONS SUR LE MO­DER­NISME:

La règle du jeu a été éta­blie il y a long­temps par Thier­ry Ras­pail. Tous les six ans, soit toutes les trois édi­tions, le di­rec­teur du mu­sée d’art contemporain de Lyon, éga­le­ment créa­teur et di­rec­teur ar­tis­tique de la Bien­nale, im­pulse une nou­velle orien­ta

Art Press - - LA UNE - RALPH RUGOFF ROBERT STORR

Peu de ques­tions théo­riques d’en­ver­gure agitent au­jourd’hui le monde de l’art, parce que nous avons per­du le sens de l’his­toire. On ne se sou­vient pas vrai­ment quand ce­la est ar­ri­vé – sans doute au dé­but du 21e siècle, lorsque les avions s’en­cas­trèrent dans les tours new-yor­kaises –, mais le constat est, je le crois, as­sez clair : per­sonne ne s’est réel­le­ment at­te­lé à la tâche im­mense consis­tant à écrire l’his­toire de l’art de ces quinze der­nières an­nées, parce que le conti­nuum his­to­rique a été rom­pu. S’in­ter­ro­ger sur la si­gni­fi­ca­tion du mot « mo­derne », au­jourd’hui, per­met­tra peut-être de re­nouer ce fil de l’his­toire. Plus d’un siècle après les De­moi­selles d’Avi­gnon et la nais­sance du ready-made, après les avant-gardes, le mo­der­nisme, le post-mo­der­nisme, où en sommes-nous de l’idée de mo­der­ni­té ? Le mo­der­nisme fut es­sen­tiel­le­ment oc­ci­den­tal – tou­te­fois, on en dé­couvre chaque jour des pans plus exo­tiques, sou­vent pas­sion­nants d’ori­gi­na­li­té –, et de­puis la fin des an­nées 1980, avec no­tam­ment l’ex­po­si­tion Ma­gi­ciens

de la terre, le monde de l’art s’est da­van­tage ou­vert à d’autres conti­nents ; si bien que nous ne pou­vons plus ju­ger l’art d’au­jourd’hui à la seule lu­mière d’un point de vue amé­ri­cain / eu­ro­péen. Faut-il dé­plo­rer cette perte d’in­fluence de ce qui fut une vi­sion té­léo­lo­gique de l’his­toire ? Com­ment en faire le deuil sans pour au­tant cé­der aux si­rènes d’un air du temps pro­fon­dé­ment fu­tile ? Nous avons en ef­fet par­fois la sen­sa­tion de vivre un pré­sent éter­nel où le ju­ge­ment de va­leur joue dé­sor­mais un rôle né­gli­geable dans l’éva­lua­tion des oeuvres. Re­ve­nir à l’idée de « mo­derne » de­vrait fa­vo­ri­ser – on l’ai­me­rait tant ! – la ré­sur­gence d’une vé­ri­table pen­sée de l’art, née d’un grand « projet mo­derne » qui ex­cède lar­ge­ment le 20e siècle. Car après tout, Léo­nard, Pous­sin, Da­vid, Chas­sé­riau, Car­peaux, etc., étaient émi­nem­ment « mo­dernes » en ce qu’ils avaient conscience de s’ins­crire dans une his­toire, et de faire un pas de cô­té, de pro­duire un écart en re­gard de leur époque.

La Vie mo­derne de Ralph Rugoff se dé­ploie sur trois sites : la Su­crière, le mu­sée d’art contemporain et le mu­sée des Con­fluences. Soixante ar­tistes de vingt-huit na­tio­na­li­tés (dont un cer­tain nombre de Fran­çais) sont in­vi­tés. Plus de la moi­tié des oeuvres sont in­édites ou pro­duites à cette oc­ca­sion. Dans l’in­ter­view qui suit, Ralph Rugoff dé­cline quelques pos­tu­lats théo­riques qui l’ont gui­dé dans l’éla­bo­ra­tion de son pro­gramme. En pa­ral­lèle à cette Bien­nale, une mul­ti­tude d’ex­po­si­tions in­ter­rogent éga­le­ment l’idée de « mo­derne ». À com­men­cer par Ce fa­bu­leux

monde mo­derne (hô­tel de ré­gion Rhône-Alpes) et le pro­gramme Ve­du­ta (di­vers lieux cultu­rels de l’agglomération lyon­naise), qui ex­posent des oeuvres de la col­lec­tion du mu­sée d’art contemporain. Quant à Ren­dez-vous 2015, qui pré­sente la jeune créa­tion à tra­vers l’in­vi­ta­tion faite à d’autres bien­nales (Ins­ti­tut d’art contemporain de Villeurbanne), c’est là une ren­contre qu’il ne faut pas man­quer.

La Vie mo­derne… 150 ans après Bau­de­laire et Cons­tan­tin Guys, le titre de votre ex­po­si­tion ap­pa­raît quelque peu dé­mo­dé. L’ironie est-elle ap­pe­lée à jouer

un grand rôle dans cette Bien­nale ? Il est sans doute in­évi­table que le titre de l’ex­po­si­tion pa­raisse iro­nique, mais c’est sur­tout son am­bi­guï­té qui m’in­té­resse. Au­jourd’hui en­core, le mot « mo­derne » si­gni­fie « nou­veau » ; pour­tant, l’ex­pres­sion « la vie mo­derne » semble ap­par­te­nir à l’his­toire. J’es­père donc que le titre par­vienne à po­ser la ques­tion : que si­gni­fie « la vie mo­derne » au­jourd’hui ? Je ne pense pas qu’il soit pos­sible d’y ré­pondre sim­ple­ment. Je crois plu­tôt que ce titre in­dique que l’époque mo­derne n’a pas ces­sé de nous han­ter, et que les hé­ri­tages du projet mo­derne conti­nuent d’exer­cer une in­fluence pro­fonde sur le « contemporain ». D’autre part, cette ex­po­si­tion a été ré­so­lu­ment conçue dans l’in­ten­tion de pré­sen­ter des oeuvres d’art qui se confrontent, et ré­flé­chissent, aux pay­sages so­ciaux ac­tuels et aux rup­tures cultu­relles que connaissent di­verses par­ties du monde. Dans ce sens, ce titre se veut éga­le­ment une pro­vo­ca­tion ap­pe­lant à re­mettre en ques­tion les dé­fi­ni­tions su­per­fi­cielles du « contemporain ». Contre l’idée du contemporain comme un in­fi­ni ho­ri­zon de pré­sent, « la vie mo­derne » évoque, je l’es­père, la ma­nière dont des tem­po­ra­li­tés his­to­riques dif­fé­rentes stra­ti­fient et qua­drillent la no­tion de « nou­veau ». Ce que les mé­dias vantent comme « nou­veau » ou même « ré­vo­lu­tion­naire » plonge tou­jours des ra­cines pro­fondes dans l’his­toire. Même In­ter­net, en tant que moyen de sto­cker et de rendre ac­ces­sibles dif­fé­rents types d’in­for­ma­tions, a des an­té­cé­dents his­to­riques struc­tu­rels, de la bi­blio­thèque et de l’en­cy­clo­pé­die au mu­sée et à l’ex­po­si­tion uni­ver­selle au 19e siècle. Le mode de dis­tri­bu­tion a chan­gé, mais l’idée d’une struc­ture qui nous per­mette de sur­fer d’un ob­jet à un autre n’est pas si neuve. La plu­part des ar­tistes de La Vie

mo­derne par­tagent une conscience ai­guë de la mul­ti­tude de tra­jec­toires his­to­riques qui consti­tuent le monde dans le­quel ils vivent et qu’ils ob­servent. Ain­si, même lors­qu’ils ex­plorent le pré­sent, ils ne cessent pas pour au­tant de re­muer le pas­sé. Il n’y a là au­cune ironie. L’ironie sup­pose une mise à dis­tance ; or, ces ar­tistes sont pro­fon­dé­ment conscients d’être trop in­ten­sé­ment engagés dans ces pro­ces­sus pour pou­voir sou­te­nir la moindre ten­dance au dé­ta­che­ment.

Quelles se­raient les res­sem­blances et les dif­fé­rences fon­da­men­tales entre ce qui était consi­dé­ré comme « mo­derne » au dé­but du 20e siècle et ce qui l’est de nos

jours, en 2015 ? C’est bien sûr une ques­tion d’im­por­tance, qui mé­ri­te­rait qu’on lui consacre un livre en­tier. Mais, en gros, je di­rais que, à quelques ex­cep­tions près tels que les mou­ve­ments ar­tis­tiques de la Rus­sie ré­vo­lu­tion­naire et les cou­rants les plus po­li­tiques de Da­da, le mo­der­nisme du dé­but du 20e siècle tour­nait le dos aux prin­ci­paux dé­ve­lop­pe­ments so­ciaux et cultu­rels de son époque. De nos jours, la plu­part des ar­tistes qui m’in­té­ressent pro­duisent des oeuvres qui sont clai­re­ment re­liées, quoique de ma­nières très dif­fé­rentes, aux grands pro­ces­sus so­ciaux qui ca­rac­té­risent leur mo­ment his­to­rique. C’est là une dif­fé­rence énorme. À l’aube du 20e siècle, l’idée d’avant-garde – l’idée que des ar­tistes puissent conduire la culture vers l’ave­nir – était sans doute plau­sible ; à notre époque de mé­dias de masse, et de dis­per­sion crois­sante des mé­dias sur In­ter­net, il y a dé­jà quelque temps que les ar­tistes les plus in­tel­li­gents adoptent une at­ti­tude d’ar­rière-garde. Au lieu de se pré­sen­ter comme des pro­phètes nous condui­sant vers l’ave­nir, ils pré­fèrent com­men­ter et dé­tour­ner les codes de la culture do­mi­nante. Ils ne pré­tendent pas in­ven­ter de nou­veaux lan­gages for­mels, mais s’at­tachent au contraire à per­tur­ber, re­com­po­ser et dé­tour­ner les lan­gages exis­tants afin d’y dé­ga­ger un es­pace sus­cep­tible d’ac­cueillir des pers­pec­tives et des ma­nières de pen­ser très va­riées.

Il y avait quelque chose de cy­nique dans l’époque post­mo­derne, une sorte d’at­ti­tude ni­hi­liste, no fu­ture. Tel Janus, le dieu ro­main aux deux vi­sages, votre dé­fi­ni­tion du « mo­derne » re­garde à la fois vers le pas­sé et vers l’ave­nir. Ce­la si­gni­fie-t-il que l’es­poir est plus grand au­jourd’hui qu’à l’époque du post­mo­der­nisme ? Pen­sez­vous que nous ayons main­te­nant da­van­tage de rai­sons de croire à l’ave­nir de

l’art… et de l’hu­ma­ni­té ? On a dé­fi­ni le post­mo­der­nisme de si nom­breuses fa­çons qu’il est dif­fi­cile de gé­né­ra­li­ser. Peut-être l’at­ti­tude cy­nique que vous dé­cri­vez cor­res­pond-elle à ce type de post­mo­der­nisme qui s’amu­sait à mé­lan­ger avec dé­sin­vol­ture les tropes de l’his­toire de l’art ; ce post­mo­der­nisme pas­ti­cheur al­lait à l’en­contre de l’ef­fort mo­der­niste pour rompre avec le pas­sé au moyen de nou­velles valeurs es­thé­tiques. Cette forme de post­mo­der­nisme est as­so­ciée à une quan­ti­té d’oeuvres d’art qui nous semblent au­jourd’hui

to­ta­le­ment sans in­té­rêt. Mais l’on a aus­si qua­li­fié de « post­mo­derne » ce tour­nant par le­quel l’art s’éloi­gnait de l’idée de l’oeuvre do­tée d’une si­gni­fi­ca­tion et d’une iden­ti­té in­dé­pen­dantes, fixes et uni­ver­selles, et com­men­ça à faire une place aux ré­ac­tions, à l’ex­pé­rience et à l’in­ter­pré­ta­tion du pu­blic (et quel­que­fois à les in­cor­po­rer). Les ar­tistes de la Vie mo­derne re­flètent cette autre tra­di­tion ; leur tra­vail se pré­oc­cupe in­ten­sé­ment de la ma­nière dont il ré­sonne face à un pu­blic par­ti­cu­lier. L’ave­nir de la pla­nète est au­jourd’hui pris en otage par de nom­breuses forces ; cette autre fa­çon de tra­vailler se prête au contraire à un sens du com­mun et de la re­la­tion qui émet une éner­gie po­si­tive. Peut-être pas exac­te­ment de l’es­poir, mais un en­ga­ge­ment vi­vant et ima­gi­na­tif. En d’autres termes, ce­la est tout sauf cy­nique ou dé­pri­mant. Au­jourd’hui, être mo­derne, est-ce sur­tout une ques­tion de formes ou d’at­ti­tudes ? Cette ap­proche met en jeu des at­ti­tudes – la pos­si­bi­li­té de s’amu­ser et d’être sé­rieux en même temps. Je suis per­son­nel­le­ment al­ler­gique au genre d’art aca­dé­mique qui prêche aux conver­tis. J’ai donc choi­si des ar­tistes dont l’oeuvre ne se sou­cie pas de prendre po­si­tion ni de dé­fendre un point de vue, mais plu­tôt de per­tur­ber, de ma­nière pro­duc­tive, nos cer­ti­tudes sur ce que nous croyons sa­voir, et de nous in­ci­ter à nous po­ser des ques­tions, à de­ve­nir plus sen­sibles aux re­la­tions qui s’éta­blissent entre des choses que nous né­gli­geons d’or­di­naire. C’est à mon sens un grand et gé­né­reux ca­deau que ce­lui de l’art : une fa­çon agréable et di­ver­tis­sante de développer des pers­pec­tives al­ter­na­tives, de mon­trer cer­tains as­pects de notre monde sous des angles in­at­ten­dus ou in­ex­plo­rés. La plu­part des ar­tistes de l’ex­po­si­tion en­vi­sagent la ques­tion de la forme avec une grande ou­ver­ture, et étayent leurs idées au moyen de mé­diums et de stra­té­gies for­melles très va­riés. Ils ont éga­le­ment im­pli­ci­te­ment conscience du ca­rac­tère ar­bi­traire de nos lan­gages for­mels, et du fait que ceux-ci ne sont por­teurs d’au­cune vé­ri­té in­trin­sèque (tan­dis que le « haut » mo­der­nisme sou­te­nait le contraire). 60% des oeuvres pré­sen­tées dans votre ex­po­si­tion ont été créées à l’oc­ca­sion de la Bien­nale. Se­lon vous, les­quelles faut-il ne pas man­quer ? Il y au­ra beau­coup de nou­velles oeuvres « à ne pas man­quer », de­puis les nou­velles pein­tures d’ar­tistes comme George Con­do, Tho­mas Eg­ge­rer, An­na Os­toya et Jo­hannes Kahrs, jus­qu’aux ins­tal­la­tions mul­ti­mé­dia d’ar­tistes « postIn­ter­net » comme Guan Xiao et Kat­ja No­vits­ko­va. Pour ne ci­ter que quelques exemples po­ten­tiel­le­ment mar­quants, Ca­mille Bla­trix a ima­gi­né un dis­tri­bu­teur de billets très par- ti­cu­lier, que les vi­si­teurs ac­ti­ve­ront nor­ma­le­ment au moyen d’une carte ban­caire, mais qui pré­sente une char­mante hô­tesse ani­mée qui leur dé­li­vre­ra d’éton­nants ren­sei­gne­ments fis­caux. Ka­der At­tia, de son cô­té, a créé une im­por­tante ins­tal­la­tion vi­déo ex­plo­rant des su­jets en rap­port avec l’eth­no-psy­cho­lo­gie, sur la base de sa ré­flexion sur le contexte de la tra­gé­die de Char­lie Heb­do. Un cer­tain nombre d’oeuvres abordent l’his­toire, en re­la­tion avec le pas­sé de Lyon. Ah­met Ögüt a tour­né en Tur­quie une nou­velle ver­sion du pre­mier film ja­mais réa­li­sé, la

Sor­tie de l’usine Lu­mière à Lyon (1895). Je­re­my Del­ler et Ma­ri­nel­la Se­na­tor ont tra­vaillé en­semble sur une série de per­for­mances avec des ha­bi­tants de cer­taines des ban­lieues les plus riches et les plus pauvres de Lyon. Fa­bien Gi­raud et Ra­phaël Si­bo­ni, quant à eux, ont réa­li­sé un nou­veau film qui met en re­la­tion l’in­dus­trie tex­tile de la ville au 19e siècle avec les parcs de ser­veurs de nos jours. Darren Ba­der pro­pose une nou­velle sculp­ture évo­quant une gi­gan­tesque au­ber­gine pour­vue de jambes qui semblent pui­ser leur éner­gie de l’eau d’un étang qu’elles as­pirent. Han­nah Hurt­zig, pour fi­nir, pré­sente un nou­veau film dans le­quel la phi­lo­sophe belge Vin­ciane Des­pret parle des re­la­tions que nous en­tre­te­nons avec les morts. Il est pré­vu une « Salle des ama­teurs » où se­ront pré­sen­tés des tra­vaux pro­duits par des gens qui ne se consi­dèrent pas comme des ar­tistes, mais qui créent néan­moins des choses que l’on peut qua­li­fier d’oeuvres d’art. Le « non-art » fait-il plus que ja­mais par­tie de la dé­fi­ni­tion

ac­tuelle du « mo­derne » ? Nous avons man­qué de temps pour or­ga­ni­ser la « Salle des ama­teurs », mais les oeuvres ma­jeures de Mo­ha­med Bou­rouis­sa, Ca­me­ron Ja­mie et Yto Bar­ra­da, entre autres, font une place aux images de pro­duc­tions cultu­relles ama­teur. L’un des plus grands chan­ge­ments sus­ci­tés par In­ter­net est la pos­si­bi­li­té qu’il offre de ser­vir de plate-forme à des ama­teurs s’ex­pri­mant dans tous les mé­diums pos­sibles, et de rendre leur tra­vail ac­ces­sible à un pu­blic mon­dial. Le meilleur de cette pro­duc­tion est éton­nant, fas­ci­nant, in­té­res­sant, et sou­vent moins ré­gi par les conven­tions que le tra­vail d’ar­tistes soi-di­sant culti­vés. La plu­part des ar­tistes de la Vie mo­derne – d’Ed­ward Ruscha, l’ar­tiste le plus confir­mé de l’ex­po­si­tion, à Ar­se­ny Zhi­lyaev, un ar­tiste russe par­mi les plus jeunes – éprouvent un pro­fond in­té­rêt pour ce do­maine, au­quel nos ins­ti­tu­tions cultu­relles doivent main­te­nant trou­ver com­ment se confron­ter.

Je­re­my Del­ler. « Joy in People ». 2012. (Court. l’ar­tiste et Mo­dern Ins­ti­tute To­by Webs­ter Ltd Glasgow © M. Blo­wer)

Ci-des­sus / top: Hi­cham Ber­ra­da. « Mesk-ellil ». 2015. (Court. l’ar­tiste et k. men­nour, Paris © F. Seixas) Ci-contre / right: Oto­bong Nkan­ga. « Sha­ping Me­mo­ry ». 2012-14. (Court. ga­le­rie In si­tu, Fa­bienne Leclerc, Paris ; © O. Nkan­ga)

Mo­ha­med Bou­rouis­sa. « R.I.P ». 2011. (Court. l’ar­tiste et ka­mel men­nour, Paris © M. Bou­rouis­sa)

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